Taille des arbres fruitiers : comment tailler pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers et plus encore

Tailler ses arbres fruitiers : guide complet pour pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers et plus

La taille peut parfois sembler intimidante, surtout quand il s’agit de couper les branches de vos arbres fruitiers. Et si vous vous trompiez ? Est-ce que l’arbre risquerait d’être irrémédiablement abîmé ?

En réalité, tailler un arbre fruitier est simple dès que l’on comprend les bases.

Pommiers, poiriers, kakis, pruniers, cognassiers et d’autres fruitiers ont tous besoin d’être taillés pour mieux pousser et produire pleinement. Voyons pourquoi, et surtout comment procéder.

Pourquoi tailler mes arbres fruitiers ?

Cette question revient souvent, que l’on soit novice ou hésitant à l’idée de faire la première coupe. Faut-il vraiment tailler les arbres fruitiers ?

La taille est essentielle car elle régule la croissance, favorise la récolte, préserve la santé de l’arbre et améliore la taille et la qualité des fruits.

Un arbre non taillé dépense souvent son énergie à grandir en hauteur et en largeur plutôt qu’à produire des fruits gourmands. Par ailleurs, des arbres trop imposants deviennent difficiles à récolter.

Tailler judicieusement oriente l’énergie de l’arbre vers la fructification. Les arbres taillés sont plus sains, plus productifs et mieux équilibrés.

La taille sert aussi à ouvrir le feuillage pour que la lumière pénètre jusqu’au cœur de l’arbre, stimulant ainsi la production. Cela améliore également la circulation de l’air, limitant les maladies et parasites.

Certaines espèces fructifient uniquement sur le bois jeune : tailler stimule donc la croissance de nouvelles branches porteuses de fruits.

Les formes classiques des arbres fruitiers

Si vous débutez la taille, il existe des formes traditionnelles pour structurer votre arbre. Chaque forme est productive, mais certaines correspondent mieux à la croissance naturelle de l’arbre.

On distingue trois formes courantes :

La forme à axe central

Elle rappelle une pyramide avec un tronc principal, ou leader, d’où partent les branches principales.

Cette forme peut donner un arbre un peu haut, mais offre vigueur et productivité. Elle convient particulièrement aux poiriers, pommiers, pacaniers et kakis.

La forme en centre ouvert

Sans tronc principal dominant, cette forme laisse davantage de lumière et d’air au centre de l’arbre.

Les branches sont cependant moins soutenues que dans la forme à axe central. Elle limite aussi la taille de l’arbre et facilite la récolte.

Cette forme est idéale pour les cerisiers, figuiers, oliviers et pruniers.

La forme à axe central modifié

Elle combine les deux précédentes : les branches partent d’un axe principal, mais son sommet est coupé pour ouvrir la ramure.

Résultat : un arbre à la fois solide et facile à manipuler. Convient à la plupart des fruitiers.

Quand commencer à tailler ses arbres fruitiers ?

La meilleure saison pour tailler est la période de repos végétatif : fin d’automne, hiver ou tout début du printemps.

Evitez les périodes de gel soutenu en hiver. Le début du printemps, juste avant la reprise de la croissance, est souvent l’idéal.

L’arbre ne doit pas avoir de bourgeons floraux ou feuillus en développement.

Dans notre pratique, la taille commence souvent quand on arrête la récolte de sève d’érable au printemps et que l’on passe à l’entretien du verger.

La taille au début du printemps est la plus douce pour l’arbre, qui peut ensuite démarrer la saison en pleine forme.

Deux exceptions : les cerisiers et pruniers.

Ces arbres sont sensibles aux maladies, notamment fongiques. Il vaut mieux les tailler en saison de croissance, lorsque le temps est plus sec et chaud.

Pour les pruniers, la taille hivernale ou estivale est préférable car la maladie de la feuille d’argent, causée par un champignon, prolifère par temps frais et humide.

Les 3 “D” à couper absolument

Lors de la taille, commencez par éliminer les branches malades, abîmées ou mortes. On parle des 3 “D” : Diseased (malades), Damaged (endommagées), Dead (mortes).

Parfois, on ajoute un 4ème “D” pour les branches déformées ou mal formées.

Les branches malades risquent de propager la maladie, y compris à tout le verger. Coupez-les et détruisez-les (brûlage ou déchet).

Les branches abîmées peuvent être sauvées si les dégâts sont localisés, mais souvent la coupe est nécessaire.

Les branches mortes offrent un refuge aux parasites ou maladies, et encombrent inutilement l’arbre. Coupez-les aussi.

Cette étape est la base de toute taille réussie : elle élimine les éléments nuisibles à la santé de l’arbre.

Les branches déformées sont celles qui touchent d’autres branches, sont tordues ou présentent une croissance anormale pouvant annoncer une maladie.

La taille structurale

À présent, ouvrez la ramure pour encourager une croissance saine.

Une fois les branches “3 D” coupées, reculez un peu pour observer l’arbre dans son ensemble et faire les bons choix.

Voici quelques conseils d’experts :

  • Supprimez les branches qui se croisent et se frottent entre elles, car cela abîme l’écorce et expose l’arbre aux maladies.
  • Éliminez l’une des branches dont la jonction est très serrée en “V”, car ce sont des zones fragiles susceptibles de se casser.
  • Respectez la forme de l’arbre selon la structure choisie : axe central ou forme ouverte.
  • Retirez les pousses droites et verticales (les “gourmands”), qui sont peu productives et fragiles.
  • Éclaircissez la ramure pour laisser passer la lumière et l’air, indispensables à la fructification et à la santé.
  • Favorisez les branches horizontales, plus solides et capables de supporter le poids des fruits, en réduisant la concurrence des branches verticales.
  • Vous pouvez même guider certaines branches à croître horizontalement.
  • Façonnez ainsi un axe solide ou une forme en vase bien ouverte.

Deux types de coupe principaux vous aideront :

  • La coupe en tête, réalisée juste au-dessus d’un bourgeon, stimule la ramification et épaissit la zone.
  • La coupe d’éclaircissage, qui enlève une branche entière jusqu’à sa base ou jusqu’au tronc, pour alléger la ramure.

On emploie la coupe en tête pour épaissir, l’éclaircissage pour affiner et ouvrir la structure.

Fertiliser après la taille

La taille modifie l’équilibre entre racines et branches, ce qui constitue un stress pour l’arbre.

Après une taille sévère, évitez de trop fertiliser : cela encourage la croissance végétative au détriment de la fructification.

Dans ce cas, préférez un paillage léger avec du compost bien décomposé et laissez l’arbre se reposer une saison sans apport d’engrais.

Ne vous attendez pas à une forte production l’année suivant une taille drastique : c’est le temps nécessaire à l’arbre pour se rétablir.

En revanche, si vous taillez seulement quelques branches mortes ou abîmées, un apport classique d’engrais au printemps suffira pour soutenir la croissance.

Une taille régulière et modérée évite les interventions sévères et demande des fertilisations plus adaptées et fréquentes, pour une meilleure fructification.

Comment tailler ?

Avant de commencer, aiguisez et nettoyez vos sécateurs. Des outils sales risquent de transmettre des maladies, tandis que des lames émoussées écrasent les tissus au lieu de les couper net.

Pour éviter la contamination d’un arbre à l’autre, désinfectez vos outils entre deux tailles en les trempant dans de l’alcool à 70° pendant 30 secondes ou en les essuyant avec une solution à 10 % d’eau de Javel.

Cette précaution est d’autant plus importante quand vous supprimez des branches malades.

Après la taille, ramassez et évacuez les branches coupées, idéalement en les brûlant pour limiter la propagation des maladies.

Prenez votre temps pour bien choisir les coupes, puis coupez vite et avec assurance. Des coupes nettes favorisent une meilleure cicatrisation.

Ne retirez jamais plus d’un tiers de votre arbre à la fois. Si une taille plus importante s’impose, étalez-la sur plusieurs années en laissant le temps à l’arbre de récupérer.

Pour couper une branche, faites la coupe au ras du collet (la zone où la branche rejoint le tronc ou la branche principale). Cela permet à l’arbre de bien cicatriser. Un moignon laissé en place sèche, meurt et peut pourrir.