Pourriture de la tige à la base : causes et solutions efficaces
Vos plantes peuvent être confrontées à de nombreuses maladies. Certaines sont faciles à combattre avec un peu d’attention, la plante guérit rapidement, et vous continuez votre jardinage sereinement.
Cependant, certaines maladies, comme la pourriture de la tige à la base, sont plus difficiles à prévenir et à contrôler. Leur nom générique regroupe plusieurs agents pathogènes, ce qui peut rendre la situation confuse.
La pourriture de la tige à la base désigne des infections fongiques et oomycètes qui peuvent entraîner la mort de votre plante. Nous allons vous expliquer clairement de quoi il s’agit pour que votre jardin ne subisse pas ces dégâts.
Qu’est-ce que la pourriture de la tige à la base ?
Ce terme regroupe diverses maladies causées par des champignons ou des oomycètes qui infectent et affaiblissent la base des tiges et les racines de certaines plantes. Les agents responsables varient selon les espèces végétales.
Cette maladie provoque un flétrissement progressif de la plante puis sa mort. En agriculture commerciale, elle peut causer des pertes massives. Au potager, elle représente un problème majeur demandant du temps et des efforts.
Les pertes de récolte dues à la pourriture de la base sont importantes, avec une chute de rendement notable. Certaines formes affectent même des industries agricoles mondiales, comme l’huile de palme.
Comme de nombreuses plantes d’ornement et potagères peuvent être touchées, il est essentiel de bien comprendre ces maladies. Heureusement, les traitements restent similaires quelle que soit l’origine du champignon.
Les principales causes de la pourriture de la base
Pourriture fusarienne
Vous avez peut-être déjà entendu parler du Fusarium en jardinage. Il s’agit d’un genre de champignons du sol responsables de plusieurs maladies, dont la pourriture des racines, le flétrissement et la pourriture de la tige.
La confusion est fréquente entre la pourriture fusarienne à la base et le flétrissement fusarien, notamment chez la tomate. Le flétrissement attaque le xylème (tissus transportant l’eau) et se manifeste par le jaunissement des feuilles et la mort progressive de la partie haute de la plante.
La pourriture fusarienne à la base, elle, affecte les racines et le bas de la tige.
Parmi les plantes touchées par cette maladie, on trouve :
- Oignons et ail : la pourriture débute à la plaque basale, base de l’oignon ou de l’ail, empêchant la montée de l’eau et des nutriments vers les feuilles. Le feuillage jaunit puis sèche de l’extérieur vers l’intérieur. Le bulbe pourrit en partant de la base avec parfois un mycélium blanc autour. Cette maladie peut persister après la récolte, attirant les acariens.
- Tomates et poivrons : la base de la tige pourrit et jaunit, les feuilles basses jaunissent et tombent ou flétrissent sur place. La plante meurt rapidement dès le début de la pourriture.
- Haricots : les plants sont nains avec un jaunissement généralisé, réduisant la qualité et la quantité des récoltes.
- Coton : similaire aux haricots, les symptômes sont souvent détectés après l’arrachage de la plante.
Pourriture du Phytophthora
Les pathogènes du genre Phytophthora provoquent diverses pourritures des tiges, collets et racines. Parmi les cultures fréquemment touchées figurent :
- Avocatier : causée par Phytophthora cinnamomi, cette maladie progresse lentement et discrètement, entraînant le dépérissement. Le feuillage flétrit, les racines pourrissent, et la base de la tige devient spongieuse. En observant bien, on remarque un déclin général jusqu’à la chute brutale de l’arbre.
- Cacao : très problématique dans les régions chaudes comme Hawaï ou la Floride, cette maladie est déclenchée par P. palmivora. L’infection entoure souvent la tige, causant la pourriture des racines et la pourriture noire des cabosses surtout par temps humide.
Pourriture par Rhizoctonia solani
Ce champignon responsable de plusieurs maladies, dont la pourriture de la tige, du collet et des racines, touche de nombreuses cultures (pois, pommes de terre, tomates, poivrons, riz, maïs).
- Soybeans : la pourriture progresse rapidement, faisant pourrir la tige à la base, la plante se flétrit et meurt. Les pertes sont sévères surtout en conditions de sécheresse ou de carences nutritionnelles. Un chancre se forme à la base, coupant la circulation de l’eau.
- Coton : l’attaque provoque la formation de lésions brun-rougeâtres sur la tige et la réduction du volume racinaire, avec jaunissement, affaiblissement général et diminution du rendement.
Autres plantes sensibles à la pourriture de la base
- Palmiers : amputés par différents champignons comme Phytophthora, Fusarium ou Ganoderma zonatum, les palmiers souffrent de croissance ralentie, flétrissement, et pourriture du tronc avec parfois une odeur désagréable.
- Bananier : la maladie entraîne le jaunissement et flétrissement des feuilles basses, la pourriture de la base et des racines, provoquant la mort progressive de l’arbre.
8 conseils pour traiter et gérer la pourriture de la tige à la base
La prévention reste la meilleure approche pour lutter contre cette maladie complexe.
Voici des actions générales à adopter selon les cas :
- Choisissez un sol bien drainé, sauf pour les plantes aimant l’humidité. Les agents pathogènes se développent en sol détrempé stagnant autour des racines. Si la structure du sol a changé, incorporez du compost de qualité ou du fumier bien décomposé pour l’améliorer.
- Évitez l’excès d’arrosage et la saturation du sol. Chaque plante a ses besoins spécifiques en eau à connaître et respecter.
- Retirez et détruisez immédiatement tout matériel végétal suspecté d’être infecté.
- Plantez uniquement des sujets sains, de préférence certifiés, et n’utilisez pas de terre dont vous ignorez la provenance ni les antécédents.
- Utilisez des fongicides adaptés en cas de susceptibilité avérée. Leur efficacité étant limitée, demandez conseil à votre pépinière locale avant emploi.
- Surveillez régulièrement la santé de vos plantes. Un bon état général améliore leur résistance naturelle aux maladies.
- Pratiquez la rotation des cultures en évitant de planter des espèces de la même famille au même endroit pendant trois ou quatre saisons consécutives.
