Agastache : Comment cultiver cette herbe savoureuse et polyvalente
Que vous aménagiez un jardin pour pollinisateurs ou que vous cultiviez des herbes à usage alimentaire, médicinal ou domestique, l’Agastache mérite une place de choix. Ces superbes plantes de la famille des menthes attirent particulièrement les abeilles et les papillons, et sont précieuses à la maison en herboristerie.
Facile à cultiver, l’Agastache se ressème naturellement et demande très peu d’entretien pour rester jolie et aromatique.
Voici comment bien la cultiver.
Qu’est-ce que l’Agastache ? (et comment se prononce-t-elle ?)
L’Agastache est un genre appartenant à la famille des Lamiacées, autrement dit des menthes. Quand on parle d’Agastache, il s’agit souvent de l’espèce Agastache aurantiaca.
Ce sont des plantes vivaces herbacées rustiques, originaires d’Amérique du Nord, qui se propagent facilement et reviennent fidèlement chaque été.
On les connaît aussi sous des noms communs comme « menthe colibri » ou « hysope anisée », selon les variétés.
Utilisées tant pour la décoration que pour l’alimentation ou la médecine, elles sont très appréciées des insectes pollinisateurs et idéales à planter à proximité des fruits et légumes.
Pour la prononciation, contrairement au son « -ache » qui rime avec « moustache », Agastache se dit « A-GAH-stah-key », un peu comme le mot « catastrophe ».
Les cultivars existent en plusieurs teintes : bleu, violet, rose ou rouge. Toutes dégagent un parfum agréable tout en attirant des pollinisateurs différents. Par exemple, les bleu et violet attirent plus les abeilles et les papillons, tandis que les rouges et roses séduisent davantage les colibris.
Comment planter l’Agastache
La méthode varie selon que vous semiez ou que vous plantez des jeunes pousses achetées en pépinière.
Si vous démarrez avec des graines, attendez que la dernière période de gel soit passée. Ratissez légèrement la surface du sol, dispersez les graines uniformément, puis recouvrez-les d’une fine couche de terreau (environ 6 mm). Arrosez doucement et maintenez le sol légèrement humide. Les premières pousses apparaîtront en une semaine environ.
Si vous optez pour des plants, attendez également la fin des gelées. Par une journée ensoleillée, creusez un trou légèrement plus grand que la motte. Amendez le fond avec du compost mûr, sortez délicatement le plant de son contenant en écartant un peu les racines, puis installez-le. Remplissez autour avec du terreau, tassez légèrement, arrosez et laissez la plante profiter du soleil.
Entretien de l’Agastache
Sol et exposition
L’Agastache aime les sols bien drainés et proches de la neutralité au niveau du pH. Elle tolère un léger excès d’alcalinité mais n’apprécie pas l’acidité. Testez votre terre avant plantation et ajoutez de la chaux si nécessaire pour équilibrer le pH.
Améliorez les sols un peu appauvris avec du fumier bien décomposé ou du compost mûr.
Attention, l’Agastache ne supporte pas les sols trop riches, comme beaucoup de plantes de jardin de campagne telles que l’achillée, les rudbeckies, certaines sauges ou la molène.
Côté lumière, ces plantes sont friandes de soleil. Choisissez un emplacement parmi les coins les plus lumineusement exposés de votre jardin pour garantir une belle croissance.
Arrosage et fertilisation
Une fois les plantules sorties, l’Agastache se plaît dans des conditions plutôt sèches, proches du climat désertique. Évitez l’excès d’arrosage qui nuit à son développement.
Arrosez profondément mais peu fréquemment, par exemple une fois par semaine. Laissez le sol sécher entre deux apports d’eau. Il est préférable d’arroser directement au sol plutôt que sur le feuillage, ceci évite la formation de maladies fongiques comme l’oïdium.
Comme cette plante ne pousse pas bien dans un sol trop fertile, inutile de la fertiliser. Les insectes en décomposition et les racines environnantes fournissent naturellement les nutriments nécessaires.
Laissez l’Agastache évoluer librement, elle se charge de prospérer toute seule.
Problèmes fréquents lors de la culture de l’Agastache
Les Agastaches sont généralement rustiques mais peuvent souffrir dans les zones USDA 3 et inférieures, où les hivers très rigoureux raccourcissent leur durée de vie. Pour les protéger lors des gelées sévères, couvrez-les avec un paillis épais après la récolte des parties aériennes afin d’isoler les racines.
Du côté des ravageurs, cette plante est peu appréciée par les cerfs et les lapins, bien que certains herbivores puissent y goûter. Parmi les insectes, aphides et acariens sont les plus probables visiteurs. Ils se traitent facilement avec de l’huile de neem ou du savon insecticide naturel.
Le principal danger de l’Agastache provient de pourritures racinaires, dues à un excès d’humidité ou un mauvais drainage. Évitez donc les zones où l’eau stagne et réduisez l’arrosage après de fortes pluies. Adaptée aux terres plutôt sèches, elle ne supporte pas l’humidité prolongée.
Dans de bonnes conditions, les risques sont limités.
Récolte et conservation
Munissez-vous de ciseaux de jardin propres et coupez les tiges environ 10 cm au-dessus du sol. Regroupez quelques tiges, liez-les et suspendez-les à l’envers dans un endroit sec, chaud et à l’abri de la lumière directe.
Après environ trois semaines, testez la sécheresse en frottant une feuille entre vos doigts. Si elle se réduit en poudre, elle est prête. Sinon, laissez sécher un peu plus longtemps.
Vous pouvez aussi utiliser un déshydrateur alimentaire, étalez les feuilles et les fleurs sur les plateaux en laissant bien circuler l’air. Séchez à 70 °C pendant environ 8 heures, puis testez la friabilité et prolongez le séchage par tranches de deux heures si nécessaire.
Une fois sèches, stockez les feuilles et fleurs dans un bocal en verre propre et sec, hermétiquement fermé, rangé dans un placard sombre jusqu’à utilisation.
Usages médicinaux
Depuis des millénaires, l’Agastache foeniculum, ou hysope anisée, est cultivée pour ses vertus médicinales. Elle possède des propriétés antivirales, antibactériennes et anti-inflammatoires. C’est aussi un léger carminatif (réducteur de gaz digestifs) et un sédatif doux.
Une infusion chaude de ses feuilles et fleurs peut déclencher la transpiration et aider à faire baisser la fièvre. Elle sert aussi comme décongestionnant pour la poitrine et pour calmer le stress et l’anxiété.
Une tisane tiède soulage les nausées. En médecine traditionnelle chinoise, Agastache rugosa (huòxiāng) est utilisée pour traiter vomissements, manque d’appétit, choléra et crampes liées à des intoxications alimentaires ou allergies.
Cette infusion a également des applications vétérinaires : elle peut soulager les troubles digestifs de certains petits animaux.
Agastache aurantiaca a montré des effets antioxydants dans des études scientifiques, en plus de ses propriétés anti-inflammatoires.
J’utilise personnellement une cataplasme de feuilles fraîches pour soigner des brûlures au second degré et pour réduire gonflements et démangeaisons causés par les piqûres d’insectes.
Cette plante mérite sans nul doute une place parmi les 20 plantes médicinales incontournables. Si vous constituez une pharmacie naturelle à domicile, pensez à y intégrer plusieurs espèces d’Agastache.
Remarques complémentaires
Attention : consultez toujours un professionnel de santé ou un herboriste avant d’utiliser des plantes à des fins médicinales. Certaines personnes peuvent y être allergiques ou présenter des contre-indications, notamment si elles prennent des médicaments.
Par exemple, ceux allergiques à d’autres Lamiacées telles que la menthe poivrée, l’origan, le basilic ou la lavande peuvent réagir négativement à l’Agastache.
En complément, son parfum agréable d’anis-menthe en fait un excellent ingrédient pour pot-pourris ou sachets d’aromathérapie. Essayez de mélanger des pétales de rose, de la lavande et de la camomille, puis mettez le tout dans un petit sac en mousseline à déposer sur votre oreiller. Les senteurs vous aideront à mieux vous détendre et à favoriser un sommeil réparateur.
