Cultiver les Aubépines : Comment Planter et Élever des Arbres de Crataegus

Cultiver l’aubépine : comment planter et entretenir les arbres Crataegus

J’aime cultiver l’aubépine. Avec ses fleurs blanches douces au printemps, ses baies colorées en automne et sa silhouette élégante toute l’année, l’aubépine est un véritable atout pour le jardin ou la cour.

Mais l’aubépine ne se résume pas à son charme. Elle est riche en histoires ancestrales et possède de nombreuses vertus médicinales et culinaires.

Si vous cherchez un arbre apportant un intérêt durable, des fleurs, des fruits et une protection naturelle, l’aubépine est un excellent choix. Découvrons-en davantage :

Tout savoir sur l’aubépine

Je n’introduis que rarement des arbres dans ma forêt-jardin, mais j’ai craqué il y a quelques années en remplaçant quelques pins par de joyeuses aubépines tortueuses. Elles s’harmonisent parfaitement avec les bouleaux et les pins et je peux récolter fleurs, feuilles, baies et épines pour mes remèdes maison tout au long de l’année.

Les aubépines sans épines sont idéales pour les zones où jouent des enfants, car certaines espèces ont des épines redoutables. Ces arbres font aussi d’excellentes barrières naturelles.

Toutes les espèces de Crataegus ont des propriétés médicinales et embellissent le jardin. Choisissez celle qui correspond à votre projet et à votre terrain. La plupart des variétés supportent les zones de rusticité USDA de 3 à 9, mais vérifiez les critères de chaque espèce avant l’achat.

Considérées comme de petits arbres, les aubépines mesurent entre 4,5 et 15 mètres. Certaines espèces ressemblent davantage à des arbustes. Ces variétés peuvent être plantées serrées pour former de belles haies. Leur taille modérée les rend adaptées aux espaces urbains.

Les meilleures variétés et espèces d’aubépine

Il existe une multitude de variétés d’aubépines, avec des centaines d’espèces et de cultivars. Toutes appartiennent au genre Crataegus, mais chaque espèce présente des caractéristiques propres.

Je privilégie l’aubépine anglaise traditionnelle (C. laevigata), car je la maîtrise mieux pour un usage médicinal. Néanmoins, chaque espèce a ses atouts. Si vous préférez les espèces locales, optez pour l’une des nombreuses variétés indigènes.

Parmi les cultivars à fleurs écarlates du C. laevigata, certains se marient à merveille avec les pommiers. ‘Paul’s Scarlet’ se distingue par ses fleurs doubles rouge vif tandis que ‘Crimson Cloud’ offre des fleurs rouges avec un cœur blanc.

Des espèces natives nord-américaines comme l’aubépine de Washington (C. phaenopyrum) sont reconnues pour leur grande résistance aux maladies.

D’autres espèces, telles que le faux-fusain sans épines (C. crus-galli var. inermis), sont dépourvues d’épines. L’aubépine cotonneuse (D. mollis) présente des épines plus courtes et moins nombreuses que d’autres espèces.

Le Fireberry (C. chrysocarpa) reste petit, sous les 5,5 mètres, et porte en automne des baies rouges éclatantes.

Envie de cultiver des aubépines ? Renseignez-vous auprès de votre pépinière locale pour connaître les espèces indigènes à votre région et adaptées à vos besoins.

Propagation

L’aubépine produit de nombreuses baies, dont les graines peuvent être semées. Toutefois, la croissance à partir de graines peut prendre jusqu’à cinq ans, ce qui n’est pas très pratique.

Heureusement, de nombreux jeunes aubépiniers sont vendus en racines nues ou en jeunes arbres. Ces plants poussent rapidement et s’adaptent à divers types de sols.

On peut aussi multiplier l’aubépine par drageons, boutures ou greffes. Ces techniques conviennent si vous souhaitez planter une importante quantité d’arbres.

Les aubépines servent également de porte-greffe aux fruitiers comme les pommiers, grâce à leur grande adaptabilité aux sols.

Planter les jeunes arbres

Choisissez un emplacement et préparez bien le sol avant la plantation. Si vous recevez des plants en racines nues, préparez le terrain afin de pouvoir les planter immédiatement.

Creusez un trou deux fois plus large et profond que la motte. Ajoutez du compost et du paillis au fond. Veillez à ce que le sommet de la motte soit légèrement au-dessus du niveau du sol. Arrosez le trou avant la plantation.

Placez la motte au centre, comblez avec la terre et tassez légèrement. Arrosez après la plantation et ajoutez une épaisse couche de paillis pour conserver l’humidité et limiter les mauvaises herbes.

Assurez-vous que l’arbre soit bien droit. Il est plus simple de le réajuster juste après la plantation que plusieurs années plus tard.

Conseils pour réussir la culture de l’aubépine

L’aubépine préfère le plein soleil, même si elle peut se développer en lumière partielle. Plus l’ensoleillement est important, plus la croissance, la ramification et la floraison seront généreuses.

Le sol

Elle apprécie un sol frais, bien drainé, avec un pH légèrement acide. Les aubépines ne sont pas exigeantes quant à la nature du sol et les problèmes de santé proviennent rarement du terrain.

L’arrosage

Arrosez régulièrement les jeunes plants, surtout en période sèche, pour garder la terre légèrement humide.

Évitez l’excès d’eau : le sol ne doit pas être détrempé, la surface doit sécher un peu entre les arrosages.

En général, un arrosage hebdomadaire suffit selon la région. Une fois acclimatée, l’aubépine résiste bien à la sécheresse.

Fertilisation

Apportez un fertilisant organique spécifique aux arbres chaque printemps. Les engrais à libération lente favorisent la floraison et la fructification annuelles.

Si vous utilisez l’aubépine à des fins médicinales, privilégiez toujours un engrais bio, sans produits chimiques.

Maladies et parasites

Si robustes soient-elles, les aubépines ne sont pas à l’abri de quelques maladies. Celles-ci surviennent surtout en conditions ombragées, humides ou si l’arbre est affaibli.

Assurez-vous que votre arbre bénéficie d’un emplacement optimal et d’un sol amendé pour limiter les risques.

Parmi les maladies fréquentes : rouille de l’aubépine (voisine de la rouille du pommier), tavelure, et oïdium.

Certains jardiniers protègent préventivement leurs arbres avec un fongicide adapté, comme un traitement au cuivre. D’autres plantent des variétés naturellement résistantes, telles que Washington, azarole (C. azarolus) et ‘Winter King Southern’ (C. viridis).

L’aubépine peut aussi attraper le feu bactérien, qui détruit fleurs et feuilles avant de faire sécher les branches.

En cas de feu bactérien, taillez soigneusement les parties touchées en désinfectant les sécateurs entre chaque coupe. Ramassez et détruisez les branches coupées.

La taille

Contrairement aux idées reçues, l’aubépine nécessite un entretien régulier pour éviter une croissance anarchique.

Sans taille, l’arbre peut se transformer en un fourré épineux, parfois dangereux avec des épines pouvant dépasser 7 cm. C’est pourquoi il est souvent utilisé en haies défensives naturelles.

Lors de la taille, privilégiez une branche principale guidant la structure, avec des branches secondaires bien orientées.

Supprimez les branches basses ou celles qui se croisent.

Taillez en automne, après la chute des feuilles et avant l’arrivée du gel.

Un entretien annuel durant les cinq premières années évitera ensuite des tailles drastiques.

Pour les aubépines plus âgées, limitez-vous aux branches accessibles depuis le sol, en faisant preuve de prudence à cause des épines. N’escaladez jamais sans équipement adapté.

Si votre but est une haie dense pour protéger le bétail, espacez les arbres de 3 mètres et laissez-les pousser naturellement, sans tailler.

Pensez aussi à couper les drageons pour empêcher la formation d’arbres non désirés.

Récolter fleurs, feuilles et baies

Chaque saison apporte sa récolte sur l’aubépine : fleurs, feuilles et baies sont toutes comestibles et utilisées en phytothérapie. Certains herboristes emploient même les épines.

L’aubépine est réputée pour ses bienfaits cardiovasculaires. Infusions de fleurs et de feuilles, ainsi que l’élixir de baies, sont ses usages les plus courants.

Fleurs et feuilles se cueillent jeunes, en pleine fraîcheur. Les baies doivent être récoltées quand elles sont bien rouges et mûres.

Attention : les graines contiennent un composé cyanogène, similaire à ceux des pommes ou pêches, libéré si les graines sont cassées. Ne consommez jamais les graines.

Préparer les feuilles et fleurs

Séchez-les dans un endroit frais et sec, à l’abri du soleil direct. Après environ deux semaines, conservez-les dans un bocal propre et hermétique.

Vous pouvez les utiliser en tisane, ou les mélanger à d’autres plantes pour varier les saveurs. Par exemple, l’aubépine se marie bien avec le tilleul et la cataire séchée.

Préparer les baies d’aubépine

Les baies peuvent aussi être séchées, de préférence au déshydrateur ou dans un four à basse température.

J’aime toutefois les transformer rapidement en élixir ou en confiture.

L’élixir d’aubépine se fait en faisant macérer les baies fraîches dans de l’alcool neutre (vodka ou rhum), puis en filtrant et en mélangeant la teinture avec du miel brut. Prenez une ou deux cuillères à soupe par jour, ou diluez-le dans une eau pétillante pour un cocktail herbacé délicieux.

La confiture d’aubépine est une autre manière savoureuse d’utiliser les fruits. De petits pots faits maison font d’excellents cadeaux.

Si vous souhaitez avant tout la cultiver pour la confiture, préférez les variétés réputées pour la qualité gustative de leurs baies, comme la western mayhaw (C. opaca) ou la Copenhagen hawthorn (C. intracata).

Utiliser l’écorce et les épines

Les épines d’aubépine ne nécessitent pas de traitement spécifique. Pour un usage médicinal, lavez-les soigneusement avant de les infuser. Elles sont réputées plus puissantes que les autres parties de la plante, ce qui demande une consommation plus prudente.

Commencez par de petites doses pour vous familiariser avec leurs effets. Si vous souffrez de troubles de la coagulation ou d’hypotension, consultez votre médecin avant usage régulier.