Jardiner face au changement climatique : 12 conseils essentiels
Le changement climatique modifie les conditions météorologiques et augmente les températures, ce qui complique le jardinage. Les plantes fleurissent plus tôt ou se développent de manière imprévisible. Il est donc nécessaire d’adapter nos pratiques pour continuer à obtenir de belles récoltes.
Jardiner peut être bénéfique pour l’environnement, mais il existe des gestes simples à adopter pour réduire notre impact tout en gardant un jardin productif.
Nous sommes tous concernés et pouvons agir à notre échelle, avec intelligence. Voici comment adapter votre jardin au changement climatique.
Conseils pour jardiner face au changement climatique
1. Cultivez un maximum de légumes
Beaucoup de jardiniers possèdent seulement un petit potager ou quelques bacs pour des herbes aromatiques. Aujourd’hui, c’est le moment idéal pour cultiver un maximum de légumes et fruits. Ils nourrissent votre famille et profitent aussi à l’environnement.
Les avantages sont nombreux :
- Vous réalisez des économies en évitant d’acheter tout au magasin.
- Vous réduisez vos trajets en voiture.
- Vous développez des échanges locaux en troquant les récoltes que vous ne cultivez pas.
- Moins de transport signifie moins d’émissions de gaz à effet de serre.
- Même sans pratique bio, vous utilisez moins de produits chimiques que l’agriculture commerciale.
2. Plantez des arbres
Les arbres absorbent une grande quantité de dioxyde de carbone. Si chacun plantait un arbre d’ombrage, des millions de tonnes de CO₂ seraient capturées.
Pour aller plus loin, choisissez des arbres fruitiers. Ils contribuent à l’environnement tout en nourrissant votre famille.
Positionnez des arbres d’ombre près de votre habitation pour rafraîchir naturellement les pièces en été, ce qui réduit la consommation d’électricité. Ce sont aussi des lieux agréables pour se reposer lors des fortes chaleurs.
3. Diminuez votre consommation d’eau
La distribution et le traitement de l’eau nécessitent beaucoup d’énergie. En économisant l’eau, on limite les émissions de gaz à effet de serre. Voici quelques astuces :
- Pailler vos plantations pour limiter l’évaporation et conserver l’humidité. Le paillage réduit aussi le recours aux engrais synthétiques, gourmands en énergie.
- Installer des récupérateurs d’eau de pluie, une eau pure et bénéfique pour le jardin.
- Utiliser un système d’irrigation goutte-à-goutte pour arroser lentement et régulièrement.
- Planter des arbres et arbustes résistants à la sécheresse en s’inspirant du principe du xeriscaping.
4. Préférez les outils manuels aux outils à essence
Les outils de jardin alimentés à l’essence, souvent peu entretenus, peuvent polluer davantage que nos voitures.
Essayez de :
- Utiliser une tondeuse manuelle à lame rotative.
- Privilégier les sécateurs manuels plutôt que les taille-haies électriques ou thermiques.
- Opter pour un râteau ou un balai à feuilles au lieu d’un souffleur électrique ou à essence.
Chinez et récupérez les outils anciens, souvent très robustes et encore parfaitement fonctionnels.
5. Composter vos déchets de cuisine et de jardin
Le compost acheté en magasin est coûteux, énergivore à produire, emballé souvent dans du plastique et transporté sur de longues distances. Cela génère une empreinte carbone importante.
Réduire les déchets alimentaires envoyés en décharge diminue aussi la production de méthane dans l’atmosphère.
6. Privilégiez les plantes locales
Les végétaux indigènes nécessitent généralement moins d’eau que les espèces importées, tout en offrant nourriture et refuge aux oiseaux et insectes locaux, eux aussi affectés par le changement climatique.
Les plantes locales, souvent pérennes, améliorent le sol et préviennent l’érosion. Elles développent un système racinaire profond qui limite l’arrosage et la fertilisation.
Tous les arbres capturent naturellement du CO₂, mais les plantes natives apportent ces bénéfices supplémentaires et favorisent la biodiversité.
7. Réduisez l’utilisation de la tourbe
La tourbe est une ressource non renouvelable, qui demande beaucoup d’énergie pour son extraction. Son exploitation libère beaucoup de carbone dans l’atmosphère et déforme les paysages naturels.
Préférez des alternatives respectueuses de l’environnement, comme la fibre de coco.
8. Limitez l’emploi du plastique
Lorsque vous achetez des jeunes plants, privilégiez les pots biodégradables ou compostables. Chaque année, des millions de pots plastiques sont jetés en décharge.
Réutilisez vos pots en plastique en les nettoyant bien, pour éviter la propagation de maladies.
Les bâches plastiques bon marché pour serre ne durent pas plusieurs saisons. Leur fabrication consomme beaucoup d’énergie, ce qui ne compense pas leur usage.
Pour les plus créatifs, réemployez d’anciennes fenêtres pour construire des serres durables et esthétiques.
9. Plantez pour les pollinisateurs
Les pollinisateurs souffrent de la chaleur et des modifications de leur habitat. Choisissez des plantes qu’ils apprécient particulièrement. Vous attirerez ainsi abeilles domestiques, bourdons, papillons et autres insectes utiles.
Quelques exemples :
- Bourrache
- Lavande
- Souci
- Tournesol
- Échinacée
- Marguerite
- Antirrhinum (Muflier)
- Asclépiade (plante cygne)
- Laissez pousser les pissenlits
Les espèces locales soutiennent les abeilles indigènes, très menacées. Renseignez-vous auprès de votre service local pour connaître les meilleurs choix.
10. Réduisez une partie du gazon
Pas besoin de supprimer toute la pelouse si ce n’est pas envisageable, mais vous pouvez remplacer des zones moins visibles par des fleurs sauvages, des arbres locaux ou du paillis.
Les pelouses bien entretenues consomment beaucoup d’eau. Réduire leur surface signifie économiser de précieuses ressources.
Pour les plus audacieux, remplacez la pelouse par des plantes résistantes à la sécheresse. Le gazon est une monoculture peu favorable à la biodiversité et demande beaucoup de ressources pour sa maintenance.
11. Plantez des cultures vivaces comestibles
Ces cultures restent en terre plusieurs années, stockant davantage de carbone dans le sol que les cultures annuelles qui sont replantées chaque saison.
En plus de vous offrir une récolte régulière, elles demandent moins d’entretien.
À essayer :
- Rhubarbe
- Framboises
- Myrtilles
- Artichauts
- Allium tricoccum (ail des bois)
- Oseille
- Asperges
- Persil
- Sauge
- Thym
- Mélisse
- Oliviers
- Arbres fruitiers
12. Semez des plantes de couverture
Il ne doit jamais y avoir de terre nue dans votre jardin, surtout entre deux cultures. La période entre les cultures hivernales et estivales est idéale pour semer des plantes de couverture.
Ces plantes stabilisent le sol, enrichissent le sol en nutriments une fois enfouies, et réduisent les besoins en fertilisants.
En matière de changement climatique, elles permettent aussi de capter du carbone dans le sol pendant leur croissance.
Voici quelques bonnes options :
- Ray-grass annuel
- Avoine
- Pois fourrager
- Vesce
Évitez la moutarde en raison de sa forte capacité à se propager de manière invasive.
Quelques plantes qui combattent le changement climatique
Nous avons évoqué les différentes actions possibles, mais quels végétaux sont les plus efficaces pour lutter contre le changement climatique ?
Plantes rafraîchissantes
Certaines plantes améliorent la fraîcheur de leur environnement direct, y compris des bâtiments. Attention, certaines peuvent devenir envahissantes selon la région.
- Jasmin : placez-le contre un mur exposé plein sud, en sol humide. Planté en pots le long des murs, il peut refroidir une façade jusqu’à 25°C.
- Lierre grimpant : très rapide, il couvre et rafraîchit les murs, à condition d’être taillé régulièrement.
- Viorne : idéale en pot ou en haie, elle aide à réguler la température tout en formant un écran végétal.
Arbres
Les arbres à grandes feuilles pratiquent davantage de photosynthèse, captant plus de CO₂. Voici quelques espèces recommandées :
- Chêne
- Érable
- Hêtre
- Noix noire
- Sapin bleu
- Douglas
Un arbre qui vit plusieurs centaines d’années est toujours un atout pour la planète.
Arbustes
Si l’espace ne permet pas de planter beaucoup d’arbres, les arbustes sont d’excellentes alternatives qui embellissent le jardin et participent à la lutte contre le réchauffement.
- Romarin : herbe aromatique tolérante à la sécheresse qui peut aussi servir d’ornement.
- Esperanza (Tecoma stans) : cette plante nord-américaine supporte bien la sécheresse et la chaleur.
- Damianita (Chrysactinia mexicana) : aussi originaire d’Amérique du Nord, elle attire les pollinisateurs.
- Cotoneaster : étude à l’appui, cette espèce absorbe les polluants.
- Sumac odorant (Rhus aromatica) : originaire d’Amérique, il séduit par son feuillage coloré et attire les papillons.
Dans certaines régions, les arbustes conviennent mieux que les arbres. Choisissez en fonction de votre climat et sol.
Meilleurs conseils pour jardiner avec le changement climatique
- Favorisez les plantes locales, autant que possible.
- Compostez tous vos déchets organiques.
- Pailler généreusement vos cultures.
- Réduisez la surface de pelouse quand c’est possible.
- Économisez l’eau et utilisez des systèmes d’irrigation réfléchis.
- Plantez arbres, arbustes et légumes vivaces.
