Peut-on Planter et Cultiver de l’Ail du Supermarché ?

Peut-on planter et cultiver de l’ail acheté en magasin ?

Tout jardinier devrait avoir un carré d’ail dans son potager. Pourtant, les bulbes d’ail de semence sont souvent deux fois plus chers que ceux vendus en magasin ! Face à cette différence de prix, beaucoup se demandent s’il est possible de faire pousser l’ail acheté en supermarché.

La réponse est oui, mais quelques précautions sont nécessaires avant de se lancer.

En effet, certains types d’ail de supermarché ne germent pas ou risquent de propager des maladies indésirables. Voyons comment cultiver correctement l’ail provenant du commerce :

Faut-il cultiver l’ail du supermarché ?

L’ail vendu en magasin peut pousser aussi facilement que l’ail de semence spécialisé. Nombreux sont les jardiniers amateurs qui ne plantent que cet ail et réussissent bien leur récolte. Toutefois – et c’est un point important – l’ail de supermarché peut causer plusieurs problèmes dans votre jardin.

Contrairement aux bulbes de semence garantis par des contrôles qualité (disponibles dans la plupart des catalogues et magasins spécialisés), l’ail alimentaire ne bénéficie d’aucune certification. Opter pour l’ail à bas prix reste donc un risque. Examinons ensemble ces risques.

Les risques liés à l’ail de supermarché

1. Un ail trop vieux

Le principal risque en plantant de l’ail du commerce est qu’il ne germe pas. L’ail de semence est frais, il n’a pas été stocké longtemps. À l’inverse, l’ail du supermarché peut être très ancien.

L’ail se conserve bien, mais passé un certain temps, il devient trop vieux pour bien germer. Dans beaucoup de magasins, l’ail en vente a été récolté plus d’un an auparavant, séché à cœur. Même une saison en terre humide ne le fera pas revivre complètement.

Souvent, en plantant cet ail, on obtient seulement un ou deux plants faibles, parfois une belle récolte, mais c’est aléatoire.

2. Variété inconnue

On ne sait généralement pas si l’ail acheté est à col dur (hard-neck) ou à col souple (soft-neck). L’ail à col dur est plus résistant au froid, produit de gros bulbes parfumés et des hampes piquantes, même dans les climats rudes.

Dans les zones USDA 5 et inférieures, seul l’ail à col dur survivra à l’hiver et repartira au printemps.

Dans ces régions froides, l’ail à col souple doit être planté au début du printemps. Si vous plantez de l’ail de magasin sans indication, mieux vaut le mettre en terre au printemps pour éviter de tout perdre.

3. Bulbes traités

Certains bulbes vendus dans le commerce ont été traités avec des inhibiteurs de germination. Par exemple, l’ail importé de Chine, qui voyage longtemps, reçoit souvent ce traitement pour éviter qu’il ne germe dans les rayons.

Ces produits chimiques empêchent la réussite de votre culture. Préférez toujours l’ail local non traité. Si ce n’est pas possible, optez pour un ail biologique, qui ne reçoit pas ces traitements.

4. Bulbes hétérogènes

L’ail du supermarché peut provenir de fermes différentes, varier en âge, en santé et en variété. Vous pouvez donc obtenir des bulbes minuscules à côté de magnifiques spécimens, même dans un même endroit.

Cependant, même l’ail de semence ne garantit pas toujours une uniformité parfaite. Le jardinage reste toujours une aventure pleine d’imprévus !

5. Risques de parasites et maladies

Le plus gros danger est d’introduire dans votre jardin des parasites et maladies. L’ail importé de régions lointaines peut transporter virus, champignons et parasites spécifiques à l’allium.

Les exploitations commerciales emploient souvent des produits chimiques pour contrôler ces nuisibles, ce qui n’est pas possible dans un jardin amateur.

Pour limiter ce risque, privilégiez les bulbes bio qui ont moins de chances d’être porteurs de ces agents pathogènes.

Comment réussir à cultiver de l’ail acheté en magasin

Malgré ces mises en garde, en choisissant soigneusement votre ail, vous pouvez réussir à cultiver du bon ail à moindre coût.

Les bulbes vendus en magasin, même biologiques, restent abordables. Dans de bonnes enseignes, vous trouverez souvent des variétés locales adaptées à votre climat.

Si vous optez pour l’ail alimentaire plutôt que les bulbes de semence, voici quelques conseils pour augmenter vos chances de succès.

Privilégiez l’ail local

Si votre magasin propose de l’ail local (repérable grâce aux affichages « Produit local »), choisissez-le plutôt que l’ail générique. Vous payez un peu plus cher, mais vous aurez de meilleurs résultats.

Sinon, rendez-vous sur les marchés de producteurs : l’ail y est frais, local, et non traité.

Choisissez de l’ail biologique

En l’absence d’ail local, préférez l’ail bio. Même s’il peut être aussi vieux que les autres, il n’a pas été traité contre la germination.

Les agents anti-germinatifs ne sont utilisés que sur l’ail conventionnel, d’où une meilleure chance de mise en terre réussie avec l’ail bio.

Adaptez la plantation à votre climat

Si vous ne connaissez pas le type d’ail que vous achetez, renseignez-vous sur votre zone de plantation. Si l’ail à col souple ne résiste pas à votre hiver, plantez-le au début du printemps.

Pour les bulbes plantés à l’automne, un paillage épais protège des températures hivernales extrêmes. Mieux vaut une récolte tardive qu’aucune récolte !

Conseils pour la plantation

Planter de l’ail, qu’il vienne du magasin ou du catalogue, reste simple :

  • Plantez l’ail à col dur à l’automne.
  • L’ail à col souple peut se planter en automne ou au printemps, sauf dans les zones USDA 1 à 5 où il faut le planter uniquement au printemps.

Préparez le sol

Choisissez un emplacement bien ensoleillé toute la saison. Enrichissez la terre avec du compost et du fumier de chèvre. Veillez à ce que le sol soit aéré et bien drainé avant de tracer les rangs pour les gousses.

Détaillez et plantez

Séparez les gousses en retirant les couches de papier extérieur, tout en conservant le papier protecteur sur chaque gousse. Plantez-les pointes vers le haut, à 2-7 cm de profondeur.

Arrosez ensuite, sans inonder, pour humidifier le sol en profondeur. Testez la terre avec votre doigt et maintiennez une bonne humidité.

Paillage

Appliquez une couche de paille ou de feuilles propres sur le lit d’ail, surtout si vous habitez dans une région où les températures descendent sous zéro avant la neige.

Si longtemps s’écoule entre la plantation et les premières gelées, pensez à arroser légèrement toutes les une à deux semaines.

Au dégel

Au tout début du printemps, lorsque le sol est dégelé et facilement travaillé, apportez un peu d’engrais léger, comme de la farine d’os ou un fumier bien composté.

Évitez les fumiers riches en azote comme le fumier de poule dans cette phase, car l’azote favorise la croissance des feuilles au détriment des racines et des bulbes.

Privilégiez les engrais équilibrés, ou riches en phosphore et potassium, essentiels pour le développement racinaire. J’obtiens de très bons résultats avec la farine de sang, de l’os, ou du fumier de mouton et chèvre bien décomposé.

Si vous souhaitez connaître le moment idéal pour récolter votre ail, n’hésitez pas à consulter notre guide dédié.