12 problèmes courants lors de la culture des pommes et comment les résoudre

12 problèmes fréquents lors de la culture des pommiers et comment les résoudre

Ah, la pomme, ce fruit modeste mais généreux dans le verger familial. Facile à cultiver et décliné en de nombreuses variétés, le pommier n’en reste pas moins vulnérable à divers parasites et maladies.

Pour ma part, je ne recherche pas une pomme parfaite et je tolère quelques imperfections pour éviter les traitements chimiques. Mais si vous préférez des fruits impeccables, cette approche vous convient aussi. Aucun choix n’est meilleur ou pire.

Voici un guide pour vous aider à surmonter les principaux soucis rencontrés en culture de pommiers. Installez-vous confortablement, c’est parti.

1. Taches rugueuses et surélevées sur la peau du fruit

Vous remarquez sur la peau de petites taches brun doré ou marron qui ressemblent à du liège ? Elles n’affectent que la surface et ne pénètrent pas la chair du fruit. Ce problème est causé par la punaise des pommes (Plesiocoris rugicollis).

La punaise passe l’hiver sous forme d’œufs. Deux mois plus tard apparaissent les adultes, verts ou bruns et longs d’environ 6 mm. Ils sucent la sève causant souvent des feuilles déformées, tandis que les larves s’attaquent aux fruits.

Ces taches ne nuisent pas à la pomme, elle reste consommable, donc ce n’est pas le problème le plus préoccupant.

Comment lutter contre la punaise des pommes

  • Éliminez en hiver les végétaux morts ou malades ainsi que les feuilles mortes au pied du pommier.
  • Favorisez la présence d’oiseaux et hérissons, qui sont des prédateurs naturels. Les carabes consomment les œufs et punaises, un bon argument pour éviter les pesticides.
  • Maintenez le jardin propre et exempt de mauvaises herbes pour réduire les cachettes.
  • En dernier recours, pulvérisez du pyrèthre, mais stoppez le traitement dès la floraison pour préserver les pollinisateurs comme les abeilles.

2. Trou noir bordé de noir à l’extérieur de la pomme

Un petit trou avec un bord noir fripé alors que le reste de la pomme semble intact indique souvent la présence du carpocapse (Cydia pomonella). La chenille s’infiltre dans le cœur du fruit, creusant un tunnel rempli d’excréments mousseux.

Quand elle termine, elle quitte la pomme, qui pourrit rapidement. Ce parasite peut détruire jusqu’à 90 % de la récolte. Les fruits infestés sont inutilisables pour la consommation, bien qu’ils puissent être donnés au bétail.

En coupant une pomme infectée, on voit un tunnel noir sale du pédoncule au cœur. La chenille y séjourne environ trois semaines avant de s’envoler pour se nymphoser ou hiverner, selon la période.

Ce ravageur est l’un des plus courant en vergers dans certaines régions des États-Unis.

Comment contrôler le carpocapse

  • Prévention : débarrassez-vous de l’écorce lâche, des feuilles mortes, des mauvaises herbes, bref de tout ce qui peut abriter les insectes.
  • Nettoyez régulièrement les pommes tombées et celles présentant des trous avec des déjections (frass).
  • Le ramassage manuel des fruits malades contribue à limiter la propagation.
  • Le plus efficace sans produit chimique est d’entourer chaque fruit d’un sac protecteur empêchant le papillon d’y pondre. Cela prend du temps, et les pommes rouges peuvent alors perdre un peu leur couleur, mais leur saveur reste intacte.
  • Installez des pièges à phéromones pour capturer les papillons mâles, ce qui diminue la reproduction. Placez un piège pour trois arbres dans un rayon de 15 mètres.
  • Si plus de 15 papillons sont capturés sur deux semaines, ajoutez d’autres méthodes, comme des bandes collantes sur les troncs, et pulvérisez un insecticide avant que les larves ne pénètrent dans les pommes (environ un mois après floraison).
  • Les traitements biologiques à base de CYD-X sont efficaces et respectueux de l’environnement, à appliquer chaque semaine à partir d’un mois après la floraison. Le Spinosad est aussi une option, légèrement plus toxique pour les insectes bénéfiques, mais bien préférable à des produits plus nocifs comme le carbaryl.

3. Cicatrices longitudinales sur la peau des pommes mûres

Une cicatrice jaune, parfois accompagnée d’un ou plusieurs petits trous noirs, révèle la présence de la tenthrède du pommier (Hoplocampa testudinea). Cette mouche pond ses œufs dans les fruits en développement, où les larves s’installent.

À l’automne, la larve creuse un tunnel pour sortir de la pomme et s’enfouir dans le sol pour hiverner. La cicatrice est souvent visible à la base du fruit.

Comment lutter contre la tenthrède

  • Ramassez rapidement les pommes tombées prématurément afin d’interrompre le cycle du parasite.
  • De mai à juin, vérifiez la présence de trous sur les fruits pendant la chute naturelle appelée « chute de juin » où l’arbre élimine les fruits en excès.
  • Installez des pièges spécifiques aux tenthrèdes pour mesurer leur population et adapter la lutte.
  • Posez des bandes graisseuses (graisse bands) autour du tronc pour empêcher leur ascension vers le feuillage.
  • En cas d’augmentation des captures, traitez avec un insecticide à base de pyrèthre.

4. Fruits déformés présentant des trous

Le charançon du prunier (Conotrachelus nenuphar), autre insecte destructeur, s’attaque dès la floraison aux fleurs, bourgeons et jeunes fruits. La femelle pond dans les fruits qu’elle perce, et les larves s’en nourrissent avant de les abandonner adultes.

Les dégâts ne tuent pas les pommes, mais provoquent des déformations disgracieuses.

Comment éliminer le charançon

  • Pour un ou deux arbres, secouez vigoureusement les branches au-dessus d’un drap ou d’une bâche pour récupérer les coléoptères tombés, puis détruisez-les.
  • Ramassez les fruits tombés en automne.
  • Binez la terre sous les arbres au printemps pour exposer les larves.
  • En dernier recours, traitez avec un insecticide contenant Beauveria bassiana ou du pyrèthre au début du printemps et de nouveau après la floraison.

5. Feuilles recourbées et fruits chétifs

La présence de fruits mal formés, associés à des feuilles recourbées, signale une infestation par les pucerons roses du pommier.

Les dégâts sont causés lorsque les pucerons s’attaquent aux jeunes fruits au printemps. Un traitement précoce avec un savon insecticide est conseillé si la population devient problématique.

Les pucerons adultes, couleur violet clair, se cachent souvent sous les feuilles recourbées couverts d’une fine couche cireuse.

Comment se débarrasser des pucerons roses

  • Ces pucerons vivent aussi sur des plantes compagnes comme le plantain et l’herbe à Robert. Éliminez-les autour du verger.
  • Favorisez la présence de prédateurs naturels comme les coccinelles, chrysopes et coléoptères soldats. Évitez les traitements agressifs, le pulvérisation doit être un dernier recours pour ne pas décimer ces auxiliaires bénéfiques.

6. Taches noires collantes sur feuilles déformées

Retournez les feuilles déformées pour observer des taches noires brillantes : c’est le signe classique des dégâts causés par les pucerons. Vous verrez probablement une colonie nombreuse se rassemblant sur la face inférieure des feuilles.

Ce problème est fréquent sur les pommiers, et il est important de maîtriser ces parasites pour préserver l’arbre.

7. Zones blanchâtres cotonneuses sur les branches

La présence de pelotes blanches laineuses sur branches et tiges indique une infestation de pucerons laineux. Ces parasites hivernent sur un hôte alternatif avant de passer aux pommiers.

Ils vivent en groupes et se nourrissent en suçant la sève. Leur apparence est légèrement douce et cotonneuse, avec des individus bleuâtres ou verdâtres d’environ 6 mm.

Signes courants : feuilles recourbées, croissance ralentie, chancres ou galles sur les branches, voire jaunissement du feuillage.

Comment traiter les pucerons laineux

  • Les infestations sont rarement catastrophiques mais si nécessaire, traitez localement les zones les plus touchées au savon insecticide.
  • Appliquez ensuite des pulvérisations régulières d’huile de neem biologique.

8. Tache brune partant du bas de la pomme et s’étendant

Une tache brune qui démarre à la base du fruit et s’étend en dégradant la chair est caractéristique de la pourriture noire (black rot).

Les premiers symptômes apparaissent sur les feuilles sous forme de taches jaunes circulaires appelées taches oculaires. En cas grave, les branches peuvent aussi être affectées.

Comment lutter contre la pourriture noire

  • Enlevez et détruisez les fruits, feuilles et branches infectés dès que vous les repérez.
  • Prenez soin de tailler les parties atteintes pour limiter la progression.

9. Lésions noires circulaires sur les fruits

Il s’agit de la tavelure du pommier, une maladie fongique qui fragilise également la pomme et peut favoriser la pourriture noire.

Au printemps, des taches noires apparaissent sur les feuilles et les fruits, donnant une peau rugueuse et gonflée. Feuilles et fruits finissent par tomber prématurément.

Comment gérer la tavelure du pommier

  • La plupart du temps, vous pouvez simplement éplucher le fruit et le consommer normalement car le problème reste superficiel.
  • Plantez de préférence des variétés résistantes, renseignez-vous auprès de votre pépiniériste ou service local.
  • En cas d’apparition, ramassez soigneusement feuilles et brindilles mortes pour réduire la contamination.

10. Plaques mortes autour des blessures sur le tronc

Il s’agit du chancre du pommier, une maladie fongique courante qui se déclare majoritairement au printemps. Elle forme des zones déprimées d’écorce morte. Les branches qui en sont atteintes meurent souvent.

Les arbres en bonne santé sont moins affectés et les sols lourds et humides favorisent ce fléau.

Comment traiter le chancre

  • Taillez rapidement toutes les branches ou zones atteintes.
  • Pour les petites branches, supprimez-les entièrement ; pour les grosses, coupez au maximum puis appliquez un mastic cicatrisant.
  • Le chancre se développe grâce à l’azote et à l’humidité : évitez les engrais azotés forts ou ne les appliquez que ponctuellement au printemps.

11. Branches individuelles qui sèchent et noircissent

C’est le feu bactérien, une maladie qui se caractérise par le noircissement des branches isolées, aux côtés d’autres branches encore vertes.

Comment limiter le feu bactérien

  • Évitez les apports d’engrais riches en azote.
  • Supprimez les branches malades en coupant au moins 30 cm avant la partie infectée.
  • Brûlez les déchets végétaux contaminés.
  • Ne taillez pas durant la floraison, sauf si c’est pour éliminer les parties atteintes.
  • En cas de forte infection, utilisez un fongicide à base de cuivre.

12. Taches jaunes sur feuilles au début du printemps

Des taches jaunes, parfois mêlées de zones pâles, apparaissent sur les feuilles au printemps. Ce symptôme indique la présence du virus de la mosaïque du pommier.

En été, les feuilles se dessèchent et la récolte est souvent réduite. Les variétés « Granny Smith » et « Golden Delicious » sont particulièrement sensibles.

Comment gérer le virus de la mosaïque du pommier

  • Malheureusement, il n’existe pas de traitement. Il faut arracher les arbres malades pour éviter la propagation.
  • Vous pouvez essayer de tailler les branches présentant des symptômes, mais cela ne guérit pas la maladie car elle est systémique.