Votre guide complet pour cultiver des saules

Guide complet pour cultiver des saules

Faire pousser des saules est incroyablement simple. Ces arbres figurent parmi les espèces les moins exigeantes à cultiver. Ils possèdent de nombreux usages à la ferme et sont aussi esthétiques qu’utiles.

Prêt à commencer et à planter vos propres saules cette année ? Alors, poursuivez votre lecture !

Les atouts de la culture des saules

Les saules (genre Salix) ne sont pas seulement magnifiques, ils apportent plusieurs avantages à votre terrain.

Tout d’abord, ils poussent très rapidement — jusqu’à 3 mètres par an selon l’espèce — ce qui vous offre rapidement des zones ombragées agréables sous leurs branches.

Ensuite, le saule est une matière première naturelle extrêmement polyvalente. Ses branches fines, appelées verges, servent à tresser paniers et pièges à poissons, tandis que les branches plus longues et épaisses conviennent parfaitement à la fabrication de clôtures en claie.

De plus, leurs racines étendues aident à lutter contre l’érosion. Vous pouvez planter des saules dans les zones de votre terrain exposées au vent ou menacées par le ruissellement des neiges.

Attention toutefois à ne pas les planter trop près des fondations de la maison ou aux abords de la fosse septique, car leurs racines peuvent endommager ces structures en quête d’humidité.

Enfin, le saule a aussi des vertus médicinales : c’est une source naturelle d’aspirine. En effet, sa décoction d’écorce contient de la salicine, un anti-inflammatoire et analgésique naturel. Ainsi, avoir des saules chez soi, c’est disposer d’un antalgique naturel toujours à portée de main.

Comment multiplier les saules

Les saules se propagent idéalement par bouturage, au printemps ou à l’automne.

Choisissez une espèce qui vous plaît, et taillez avec un sécateur propre quelques branches jeunes, d’environ l’épaisseur de votre petit doigt, munies de plusieurs nœuds foliaires.

Plongez-les dans un seau d’eau propre et laissez-les s’enraciner. Le processus peut prendre plusieurs semaines, veillez donc à renouveler l’eau régulièrement pour éviter qu’elle ne stagne et que les racines ne meurent.

Lorsque les racines atteignent environ 2,5 cm, ils sont prêts à être plantés. Pensez à les acclimater progressivement au plein soleil avant la mise en terre.

Un fait intéressant : les saules contiennent naturellement de l’acide indolebutyrique (IBA), hormone présente dans de nombreux stimulateurs d’enracinement commerciaux. Vous pouvez donc utiliser cette eau de bouturage riche en IBA pour favoriser l’enracinement d’autres plantes.

Si vous ne souhaitez pas faire de boutures ou que vous n’en trouvez pas, vous pouvez aussi acheter des plants à racines nues âgés d’un à trois ans.

Creusez des trous deux à trois fois plus larges que l’étalement des racines, placez-y ces dernières, remplissez de mélange compost mûr et terreau, tassez et arrosez généreusement. Maintenez une humidité régulière pour favoriser le développement des racines.

Exigences de sol et d’exposition

Le saule tolère la plupart des sols à condition qu’ils soient bien drainants mais relativement humides. Sur un terrain argileux avec un peu de sable, nos saules prospèrent très bien.

Vous l’aurez sans doute remarqué, le saule pousse volontiers au bord des rivières et des lacs, où il bénéficie d’un bon ensoleillement et d’un accès abondant à l’eau.

Si vous disposez d’un terrain riverain, plantez les saules à environ 3 mètres du bord de l’eau. Ils auront ainsi assez d’espace pour croître tout en profitant de la nappe phréatique voisine.

Choisissez un emplacement proche d’une source d’eau, mais peu sujet aux inondations : le saule est une espèce rivulaire, pas une plante de marais.

Sans accès à un point d’eau naturel, il faudra impérativement irriguer vos saules régulièrement. Ne négligez pas cet aspect, car leurs racines peuvent s’étendre sur plusieurs mètres à la recherche d’humidité et n’ont pas de problème à capter l’eau d’un système d’irrigation domestique.

Le saule a besoin d’au moins six heures d’ensoleillement quotidien, préférez un emplacement ensoleillé et ouvert. Cependant, il tolère aussi une légère ombre, surtout dans les zones au climat plus chaud.

La distance de plantation des boutures dépendra de votre objectif :

  • Pour obtenir du bois de vannerie ou des branches artisanales, plantez-les très proches, à quelques centimètres seulement, et récoltez-les jeunes en taillant régulièrement.
  • Pour une haie vivante, espacez vos plants d’environ 15 cm. Les jeunes pousses pourront être tressées ensemble au fur et à mesure de leur croissance.
  • Pour un arbre d’ornement ou d’ombrage, espacez-les autour de 6 mètres afin qu’ils puissent se développer pleinement.

Arrosage et fertilisation

Le saule est un gros consommateur d’eau. Si vous ne l’avez pas planté près d’une source naturelle, offrez-lui des arrosages profonds et réguliers. Surveillez l’humidité du sol plusieurs fois par semaine ; s’il est sec jusqu’à la deuxième phalange, il est temps d’arroser généreusement.

Un bon apport en nutriments améliore aussi la croissance : incorporez du compost bien décomposé au moment de la plantation, puis fertilisez au printemps avec un engrais à libération lente équilibré (10-10-10).

Si vous préférez éviter les engrais granuleux, vous pouvez également appliquer du thé de compost toutes les une à deux semaines. Creusez des trous d’environ 15 cm de profondeur à un mètre du tronc, arrosez légèrement, versez le thé de compost, puis arrosez à nouveau doucement pour bien répartir les nutriments.

Principaux ennemis et problèmes

Les jeunes saules sont très appétissants pour de nombreux herbivores : cerfs, lapins, élans et autres aiment ronger leurs jeunes pousses. Protégez les troncs avec un collier ou enveloppez-les de toile de jute durant leurs premières années.

Empêchez également les mauvaises herbes et la pelouse d’envahir la base des saules pendant 3 à 5 ans en retirant manuellement les herbes ou en appliquant un paillage. Nous utilisons du carton non traité, mais tout autre paillis conviendra.

En termes de ravageurs, la chenille de la livrée (anciennement appelée « mite gypsy » – Lymantria dispar) est un fléau classique. Ses larves dévorent les feuilles. Si vous trouvez des masses d’œufs, grattez-les et éliminez-les.

Favorisez la présence d’insectes utiles, d’oiseaux et même de petits rongeurs qui se nourrissent de ces chenilles. Vous pouvez aussi pulvériser un produit contenant Bacillus thuringiensis var. kurstaki.

Les vers de la toile et le chrysomèle du saule sont également friands de ces arbres. Secouez les chrysomèles pour les faire tomber ou pulvérisez du neem associé à du savon noir. Les vers de la toile peuvent en général être ignorés ou balayés au balai.

Enfin, les foreurs creusent des galeries dans les branches et le tronc, pouvant sérieusement endommager l’arbre. Une infestation de foreurs demande des traitements insecticides puissants, et parfois l’intervention d’un arboriste pour les sujets de plus de 4,5 mètres.

Pour limiter ces problèmes, maintenez toujours vos arbres bien nourris et en bonne santé, c’est leur meilleure défense naturelle.

Récolte et utilisations pratiques

Le saule se récolte selon les mêmes principes, que ce soit pour l’artisanat ou la médecine.

Utilisez un sécateur propre et bien affûté pour prélever ce dont vous avez besoin, en veillant à ne jamais couper plus de 30 % des branches sous peine de fragiliser ou même de tuer l’arbre.

Dans le cas des arbres taillés en taillis, vous pouvez récolter chaque printemps les jeunes pousses fines pour le travail de la vannerie, et les branches plus grosses pour fabriquer des clôtures en colombage ou autres usages.

La récolte ne portant jamais plus de 30 % des rameaux à chaque section, vous disposerez toujours de branches de différentes années pour vos futurs besoins.

Pour la médecine, récoltez plutôt les rameaux et brindilles printaniers, qui sont les plus concentrés en principes actifs et faciles à prélever.

En cas de maux de tête intenses ou de douleurs articulaires à l’automne, vous pouvez également obtenir un remède efficace avec l’écorce. Prélevez une branche, épluchez son écorce à l’aide d’un économe et préparez une décoction à consommer selon vos besoins.