Cultiver un Noyer Butternut : Comment Planter, Faire Pousser et Entretenir le Noyer Blanc

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Comment planter, cultiver et entretenir le noyer cendré (butternut)

Si vous aimez les cultures peu communes, pourquoi ne pas tenter un arbre classique comme le magnifique noyer cendré ? Bien qu’il souffre dans la nature à cause d’un champignon très virulent, il pousse généralement bien dans les jardins familiaux.

Originaire d’Amérique du Nord, le noyer cendré est un arbre rustique à feuillage caduque, idéal si vous souhaitez un arbre de taille moyenne à grande. Il produit facilement des noix délicieuses et onctueuses, difficiles à trouver dans le commerce.

De plus, cet arbre mérite qu’on l’aide pour assurer sa survie à long terme.

Passionné par une alimentation savoureuse et la préservation des variétés patrimoniales ? Le noyer cendré est un excellent choix.

Qu’est-ce que le noyer cendré ?

Le noyer cendré (Juglans cinerea), souvent appelé noyer blanc ou noyer à huile, est originaire de l’Est des États-Unis et du Canada. On le trouve encore à l’état sauvage là-bas, mais il est de plus en plus rare en raison d’une maladie fongique qui le touche massivement.

Appelé également noyer blanc, il appartient à la famille des noyers, tout comme le noyer noir. Il s’en distingue par son écorce plus lisse et ses noix de forme ovale, contrairement aux noix rondes du noyer noir.

Bien cultivé, cet arbre vous gratifiera d’une abondante récolte de noix riches et crémeuses. Prêt à tenter l’aventure ? C’est parti !

Les variétés de noyer cendré

Il n’existe pas de cultivars spécifiques : on ne trouve que l’espèce principale. Cependant, un hybride issu du noyer cendré et du noyer japonais (Juglans ailantifolia) présente une certaine résistance à la maladie du chancre, que nous aborderons plus loin.

Si la maladie du chancre est fréquente dans votre région, privilégiez cet hybride plutôt que le noyer cendré classique.

Planter et multiplier le noyer cendré

Avant toute plantation, renseignez-vous auprès des pépinières et jardineries locales pour savoir si la maladie du chancre sévit dans votre secteur et pour choisir entre le noyer cendré ou son hybride résistant.

La meilleure façon de planter un noyer cendré est d’acheter un jeune arbre en pépinière. Mais si vous souhaitez économiser et relever un défi, vous pouvez le faire germer vous-même à partir d’une noix. Cela demande un peu de travail, mais le jeu en vaut la chandelle.

Propager un noyer cendré à partir d’une noix

En automne, récoltez les noix tombées au sol, en choisissant les meilleures : bien saines, sans taches ni pourriture, et suffisamment grosses.

Retirez la coque externe, en prenant soin de ne pas abîmer la coquille. Si cela est difficile, laissez tremper la noix et sa coque dans l’eau pendant 12 heures.

Pour vérifier la viabilité des graines, plongez-les dans l’eau et débarrassez-vous de celles qui flottent, car elles ne germeront pas.

Lavez les noix dans un mélange d’eau et d’eau de Javel (1 part d’eau de Javel pour 10 parts d’eau) pour éviter la formation de moisissures. Rincez ensuite à l’eau claire pendant 20 secondes.

Placez les noix dans un récipient rempli de sable humide, de vermiculite ou de sphaigne, que vous maintiendrez constamment humide durant toute la période de stratification et de germination.

Conservez ce récipient au réfrigérateur ou dans un garage frais à environ 4 °C pendant 90 à 120 jours, en surveillant régulièrement pour éviter la moisissure. Éliminez tout élément affecté.

Au terme de la stratification, semez les graines au printemps, directement en pleine terre ou, comme je préfère, en pot pour mieux contrôler leur développement. La germination varie entre 14 et 80 jours.

Utilisez des pots profonds, dits « pots à arbre ». Je recommande un terreau spécial semis, mais certains jardiniers préfèrent un mélange grossier de fibre de coco, d’écorce, de vermiculite ou de tourbe.

Laissez sécher le substrat entre deux arrosages, mais seulement sur 2 à 5 cm de profondeur.

Entretien du noyer cendré

Le noyer cendré prospère dans les zones USDA 3 à 7.

Cet arbre déteste l’ombre. Il demande un plein ensoleillement et il est préférable de le planter à l’écart des grands arbres pour éviter qu’ils projettent leur ombre dessus.

À l’état sauvage, il pousse toujours dans des sols humides, souvent près de ruisseaux.

Préférez un sol très riche en matière organique, avec un pH compris entre 6,8 et 7,2. Les sols calcaires profonds sont idéaux.

Arrosez régulièrement, à hauteur d’au moins 2,5 cm par semaine. Si la pluie naturelle est insuffisante, complétez avec un arrosage. Lors de périodes sèches, veillez à maintenir le sol humide sans le laisser trop sécher.

Il est possible de le cultiver en pot, mais pas plus d’un an à cause de son système racinaire étendu. Au-delà, transplantez-le avec précaution en pleine terre.

Dégagez le pourtour du tronc des mauvaises herbes pendant plusieurs années. Lors du binage, faites attention à ne pas abîmer l’écorce, qui deviendrait alors vulnérable à la maladie du chancre.

Fertilisation et taille

Au début de la croissance, apportez un bon engrais liquide au sol. Par la suite, fertilisez uniquement en cas de carence ou de faiblesse manifeste.

Quand l’arbre est jeune, taillez-le pour lui donner une belle silhouette et favoriser la lumière et la circulation de l’air. Supprimez les branches malades ou endommagées.

Avec l’âge, la couronne peut s’affaisser jusqu’à toucher le sol. Dans ce cas, enlevez les branches basses pour pouvoir passer dessous sans difficulté.

Associations et compagnonnage

Rappel : le noyer cendré déteste l’ombre. Évitez de le planter près d’arbres qui le mettraient à l’ombre.

Il libère également une substance toxique appelée juglone par ses racines. Cette molécule empêche de nombreuses plantes, notamment le pommier, de bien se développer autour de lui.

Si possible, gardez un espace dégagé autour de l’arbre ou plantez des espèces résistantes au juglone.

Maladies et ravageurs du noyer cendré

Impossible d’évoquer le noyer cendré sans parler du problème majeur : la maladie du chancre.

Cette maladie a largement décimé les populations de noyer cendré, faisant disparaître l’arbre dans de nombreuses régions où il était autrefois abondant. C’est un problème sérieux, d’où l’importance de consulter des spécialistes locaux pour mesurer les risques dans votre secteur.

Notez qu’il peut y avoir des réglementations spécifiques imposées par les autorités locales concernant la plantation et l’entretien de cet arbre. Renseignez-vous afin de les respecter scrupuleusement.

Par exemple, certains arrêtés peuvent imposer de conserver les arbres atteints s’ils disposent d’une certaine masse foliaire et limitent l’avancée de l’infection.

La maladie du chancre (butternut canker)

Le chancre est provoqué par un champignon, Sirococcus clavigignenti-juglandacearum, qui peut affecter un noyer cendré à tous les stades de sa vie. C’est la maladie la plus grave à laquelle est confronté cet arbre nord-américain.

Dans certaines régions, jusqu’à 80 % des noyers cendrés sont touchés, ce qui explique l’effondrement de leurs populations.

Les chancres jeunes se situent souvent autour des bourgeons, avec un centre noir entouré d’un halo blanchâtre.

Les chancres plus âgés apparaissent généralement à la base du tronc, pouvant aussi se développer n’importe où sur l’écorce. Ils forment des couches épaisses et irrégulières visibles dans les fissures de l’écorce.

La mort de l’arbre survient généralement rapidement, bien que certains sujets résistent plusieurs années avant de succomber.

Il n’existe pas de traitement efficace. La prévention passe par de bonnes pratiques horticoles, comme la désinfection des outils avec une solution d’eau et d’eau de Javel. Éliminez rapidement les arbres très atteints en respectant la législation locale.

La maladie se propage par voie hydrique et probablement par les oiseaux et les insectes.

Maintenir un arbre vigoureux, sain, et sans autres parasites, réduit son risque de succomber à la maladie.

Les scolytes (bark beetles)

Les scolytes font partie de la famille des Curculionidae et sont des insectes indigènes aux États-Unis, jouant initialement un rôle bénéfique dans l’écosystème forestier. Cependant, leur population a explosé ces dernières années, devenant un véritable fléau.

En grande quantité, ils peuvent décimer de nombreuses plantes et arbres, dont le noyer cendré.

Lorsqu’un scolyte trouve un arbre à son goût, il libère un phéromone attirant des centaines d’autres insectes. Ensemble, ils attaquent l’arbre, forent le bois et interrompent la circulation des nutriments, causant la mort rapide de l’arbre.

Les arbres morts deviennent très secs, augmentant les risques d’incendie. Les scolytes sont en partie responsables des gigantesques feux qui ravagent l’Ouest de l’Amérique du Nord.

Ils transportent aussi des champignons pathogènes qui aggravent la santé des arbres déjà attaqués.

Les scolytes mesurent environ la taille d’un grain de riz et présentent des nuances de noir, rouge ou brun. Vous pourrez parfois observer de la sève et des sciures à l’extérieur de l’arbre, signes d’une infestation.

Il est difficile de les éliminer car ils vivent profondément dans le bois. Si des branches accessibles sont contaminées, coupez-les et brûlez-les immédiatement. Ne laissez pas les déchets à proximité d’autres arbres vulnérables.

Comme pour la maladie du chancre, la clé est de maintenir l’arbre en bonne santé.

Les oiseaux

De nombreuses espèces d’oiseaux sont friandes des noix du noyer blanc : pics, sittelles, et quiscales communs notamment. Pour limiter leurs dégâts, récoltez rapidement les noix tombées au sol ou cueillez-les sur l’arbre dès leur maturité.

Des solutions comme les réflecteurs, leurres, carillons, filets ou répulsifs peuvent également aider à les repousser.

Les chenilles

Les chenilles du papillon Lymantria dispar dispar, anciennement appelées « vers de la spongieuse », représentent aussi une menace. Lors d’invasions majeures, qui surviennent environ une fois par décennie, elles peuvent complètement défolier un arbre, voire le tuer. Certaines années, elles affaiblissent simplement l’arbre et réduisent la récolte.

Au printemps, détruisez les pontes en grattant les nids et en les éliminant. Utilisez des pièges collants et des bandes de protection pour capturer les larves émergentes.

Le bacille Bacillus thuringiensis subsp. kurstaki est un pesticide naturel efficace contre ces chenilles. Appliquez-le selon les recommandations du fabricant dès l’apparition des ravageurs.

Récolter les noix de noyer cendré

En automne, lorsque les noix tombent, retirez leur coque externe et nettoyez-les pour éliminer les résidus. Étalez-les en une seule couche sur du papier journal dans un endroit sec et ventilé. Après quelques semaines, vous entendrez les noix « claquer » à l’intérieur, signe qu’elles sont prêtes.

Vous pouvez aussi cueillir les noix mûres directement sur l’arbre lorsqu’elles prennent une belle teinte brun-jaune. Elles se détachent alors facilement.

Les noix se conservent plusieurs mois dans de bonnes conditions.

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