Comment Cultiver la Marrube pour l’Alimentation et la Médecine

Comment cultiver la Marrube pour l’alimentation et la santé

Qu’est-ce que la marrube ?

La marrube (Marrubium vulgare), herbe de la famille de la menthe (Lamiaceae), pousse à l’état sauvage en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. Elle a aussi été introduite en Amérique du Nord, Amérique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Son nom vient de ses feuilles légèrement duveteuses. Utilisée depuis des siècles en phytothérapie, la marrube sert aussi à confectionner bières, bonbons et aromates.

Si vous avez déjà goûté les bonbons à la marrube, vous avez sans doute remarqué leur goût amer prononcé. Cette amertume est très marquée à l’état brut, mais est adoucie dans les confiseries grâce à un ajout sucré.

Cette amertume est aussi utile pour repousser naturellement certains nuisibles. La marrube est notamment efficace contre les sauterelles et les pucerons. Si vous êtes souvent confronté à ces ravageurs, pensez à semer la marrube parmi vos légumes : son goût amer dissuadera les insectes au profit d’autres plantations plus appétissantes.

Comment planter la marrube

Semer la marrube est un peu plus complexe que pour d’autres plantes de la même famille. Ses graines ont besoin d’être stratifiées à froid, c’est-à-dire d’être exposées à une période de froid avant germination. Vous pouvez soit les semer à l’automne, soit les placer au réfrigérateur quelques semaines avant un semis printanier.

Semer un mois avant la dernière gelée en enterrant les graines d’environ 1 cm est possible, mais le taux de germination sera souvent faible.

La germination peut prendre beaucoup de temps, parfois plusieurs années. Pour ma part, il m’a fallu trois ans avant de voir mes graines germer. En tant que plante vivace, la marrube suit un cycle lent « dormir, ramper, bondir ».

Pour éviter de semer ailleurs en pensant que vos graines n’ont pas poussé, dédiez-lui un emplacement fixe. La culture en pots est aussi une bonne option pour limiter sa propagation une fois installée.

Je préfère souvent acheter des plants en pépinière ou prélever des boutures sur des pieds existants. La multiplication peut aussi se faire par marcottage : pliez une tige au sol, retirez les feuilles sur la partie enterrée, puis fixez-la avec une épingle de jardin. Après quelques semaines, les nouvelles racines permettront de séparer la plante mère et la nouvelle.

Conditions optimales pour la culture

La marrube est très rustique et s’adapte à de nombreux sols. Elle préfère un terrain léger, bien drainé, plutôt sec et sablonneux, mais prospère aussi dans un sol plus riche.

Bien amendée avec du compost mûr, du sable ou de la perlite, elle n’exige pas un pH particulier. Un emplacement bien exposé au soleil est essentiel, avec au moins six heures de lumière directe chaque jour.

La marrube se développe dans des zones USDA 3 à 10, avec une préférence pour les zones tempérées.

Arrosage

Comme beaucoup de plantes méditerranéennes, elle tolère la sécheresse modérée et préfère sécher entre deux arrosages. Évitez de la planter près d’herbes qui aiment l’humidité constante.

Il est judicieux de regrouper vos plantes adaptées aux sols secs, par exemple, marrube et origan autour de tomates et poivrons. Arrosez directement à la base pour ne pas favoriser les maladies liées à l’humidité sur les feuilles.

Entretien

La marrube peut rapidement s’étendre comme les autres menthes. Pour éviter qu’elle devienne envahissante, il faut la contenir à l’aide d’une barrière souterraine ou la cultiver en pot.

J’opte personnellement pour le pot afin de pouvoir déplacer la plante pour profiter des meilleures expositions au soleil.

En pleine terre, n’hésitez pas à éclaircir ou diviser les touffes pour contrôler son ampleur.

C’est aussi une excellente plante pour stabiliser des pentes sèches.

Pour récolter les feuilles tendres, supprimez les fleurs au fur et à mesure. Vous pouvez aussi rabattre complètement la plante en automne pour stimuler une croissance plus dense au printemps.

Côté fertilisation, la marrube est peu exigeante, mais un apport de compost bien mûr au printemps ou un engrais équilibré à mi-saison peut lui donner un coup de boost. Vous pouvez aussi utiliser du purin de compost toutes les quelques semaines, sans excès.

Problèmes courants et ravageurs

Son amertume naturelle la rend peu attrayante pour la majorité des herbivores et insectes nuisibles. De fait, la marrube peut servir de haie protectrice pour d’autres herbes plus sensibles, en dissuadant cerfs, lapins et petits mammifères.

Certaines bestioles, comme les tétranyques (acariens rouges), peuvent la parasiter. En cas d’infestation, privilégiez un traitement au neem ou à la terre de diatomée.

La marrube résiste bien aux maladies, mais dans des conditions de forte humidité et chaleur, un mildiou poudreux peut apparaître. Si cela arrive, supprimez rapidement les parties touchées pour éviter la propagation.

Récolte, conservation et usages

Récoltez les feuilles au début de la floraison, quand les premiers boutons apparaissent. C’est à ce stade que la plante contient le plus de principes actifs avant qu’ils ne soient mobilisés dans les fleurs.

Pour attirer les pollinisateurs, laissez la plante fleurir. Vous pouvez aussi la laisser aller à graines si vous souhaitez renouveler votre plantation naturellement.

Ma méthode préférée de récolte consiste à couper les tiges à environ 7 cm du sol. Je les attache en bottes et les suspends à l’envers dans un endroit sec et aéré, selon votre méthode de séchage habituelle.

Une fois les feuilles bien sèches, elles s’effritent facilement au toucher. Conservez-les ensuite dans un bocal propre, à l’abri de la lumière et de l’humidité.

La marrube s’utilise aussi bien comme condiment, en petite quantité, que dans la fabrication de bière ou de bonbons.

Recette de bonbons à la marrube

Ces pastilles apaisent naturellement les maux de gorge et soulagent les toux légères ou les ballonnements.

Ingrédients :

  • 60 ml de feuilles de marrube séchées
  • 240 ml d’eau
  • 350 g de miel

Matériel :

  • Une casserole en verre ou émaillée
  • Un tamis
  • Un tissu en mousseline
  • Un bol
  • Une cuillère en bois ou métal
  • Une plaque à pâtisserie
  • De l’eau glacée
  • Sucre glace
  • Fécule de maïs ou farine de riz

Mettez les feuilles de marrube et l’eau dans la casserole. Portez à ébullition puis réduisez à feu doux pour laisser infuser 5 minutes. Couvrez, retirez la casserole du feu et laissez reposer 15 à 20 minutes.

Filtrez le liquide à travers la mousseline dans un bol en pressant bien pour extraire tout le jus. Jetez ou compostez les feuilles.

Préparez la plaque en mélangeant à parts égales fécule (ou farine de riz) et sucre glace. Étalez ce mélange sur 1 cm d’épaisseur puis utilisez un dé à coudre ou le dos d’une cuillère pour former des cavités qui serviront de moule.

Remettez le liquide dans la casserole, ajoutez le miel, mélangez bien puis faites chauffer jusqu’à ébullition. Réduisez légèrement le feu et laissez épaissir le sirop.

Pour vérifier la consistance, déposez quelques gouttes dans un bol d’eau glacée : si elles durcissent bien, le sirop est prêt. S’il reste collant, poursuivez la cuisson.

Versez le mélange dans les moules, laissez bien refroidir pour que les bonbons durcissent, puis saupoudrez-les avec le mélange de fécule et sucre glace pour éviter qu’ils collent.

Conservez-les emballés individuellement dans du papier sulfurisé, puis dans un bocal hermétique à température ambiante, à l’abri de la lumière, ou au réfrigérateur.

Précautions d’usage

Comme pour toutes les plantes médicinales, la marrube demande vigilance. Elle peut provoquer des contractions utérines et stimuler les menstruations, il est donc interdit d’en consommer pendant la grossesse ou en cas d’endométriose avec saignements abondants.

Par ailleurs, ses propriétés hypoglycémiantes peuvent interférer avec les traitements contre le diabète.

Informez-vous soigneusement et demandez conseil à votre professionnel de santé avant toute utilisation. En cas de doute, adressez-vous à un naturopathe ou un herboriste qualifié pour savoir si cette plante vous convient.