Faire Pousser un Arbre de Jacquier : Planter, Entretenir et Utiliser les Fruit de Jacquier

Comment cultiver le jacquier : plantation, entretien et utilisation des fruits

Si vous êtes passionné de fruits exotiques et souhaitez tenter une culture originale cette année, le jacquier pourrait être votre prochain défi. Originaire d’Asie tropicale, ce fruit est souvent difficile à trouver en magasin. Autant cultiver le vôtre chez vous !

Le jacquier a gagné en popularité ces dernières années. Non seulement il se consomme en légume savoureux, mais ses graines sont comestibles et il peut même remplacer la viande dans certains plats.

Si vous bénéficiez d’un climat chaud, voici tout ce qu’il faut savoir pour réussir la culture de ce fruit étonnant.

À propos du jacquier

Le jacquier (Artocarpus heterophyllus) se distingue par son apparence et son goût uniques. Ces fruits gigantesques possèdent une coque épineuse et dégagent une odeur puissante. Leur saveur sucrée rappelle un mélange de mangue, d’ananas et de banane.

Originaire des zones tropicales, le jacquier peut atteindre jusqu’à 21 mètres de hauteur à l’état naturel. En revanche, en climat subtropical comme à Hawaï ou en Floride, il reste généralement sous les 12 mètres.

Il se cultive dans les zones USDA 10 à 12, ainsi qu’en zone 9b sous réserve de protections hivernales, voire d’une culture en pot à rentrer l’hiver. Ses longues racines pivotantes rendent la transplantation complexe.

Ses feuilles brillantes peuvent mesurer jusqu’à vingt centimètres, tandis que les fruits, les plus volumineux au monde issus d’un arbre, atteignent deux pieds de long.

La peau du fruit émet une odeur désagréable, souvent comparée à du fromage fermenté, ce qui incite à la préparation en extérieur. La chair, en revanche, est douce et parfumée. À l’intérieur, des pelotes de chair enveloppent chacune une graine volumineuse.

Les meilleures variétés de jacquier

On distingue deux types de jacquiers : à chair molle et à chair ferme. Voici quelques cultivars adaptés à la culture aux États-Unis :

  • Black Gold : chair abondante, orange foncé, très parfumée et facile à détacher de la peau et des graines.
  • Dang Rasimi : originaire de Thaïlande, très productive, chair ferme et orange foncé au goût doux.
  • Golden Nugget : variété australienne donnant des fruits petits, avec beaucoup de chair tendre et sans fibres.
  • Honey Gold : variété naine ne dépassant pas 1,8 mètre, facilitant la récolte. Produit moins de fruits mais suffisant pour une petite famille.
  • Lemon Gold : chair ferme et jaune vif, comme son nom l’indique.
  • Kun Wi Chan : fruits massifs et fermes au goût doux.
  • NS1 : un des plus anciens cultivars, robuste, produisant des fruits fermes à chair orange foncé.
  • Tabouey : fruits longs et fins à chair ferme jaune pâle, goût doux et presque sans odeur.

Planter le jacquier

Pour réussir la culture du jacquier, il faut un climat adapté, idéalement chaud et humide, avec des apports réguliers en eau. Le jacquier peut tolérer une température minimale avoisinant -2 °C. En zone 9b, on privilégiera la culture de variétés naines en pot, à rentrer pendant l’hiver.

Multiplication par graines

Les graines du jacquier sont volumineuses et nombreuses. Leur multiplication est simple à condition d’utiliser des graines fraîches, plantées dans les semaines suivant leur extraction du fruit.

Plantez les graines à environ 2,5 cm de profondeur dans un petit pot biodégradable rempli d’un substrat léger pour semis. Le pot biodégradable est indispensable pour ne pas abîmer la racine pivotante lors de la transplantation.

Placez le pot en plein soleil et gardez le substrat humide. Dès que la plante a quatre feuilles, vous pouvez l’habituer progressivement à l’extérieur avant de la mettre en place définitivement.

Entretien du jacquier

Le semis ou le plant acheté doit être placé en plein soleil, au printemps. Le sol doit être riche, légèrement acide à neutre, léger et bien drainé.

Le jacquier nécessite un arrosage régulier, notamment pendant la phase de croissance pour éviter le stress hydrique. En cas de forte chaleur, augmentez les apports mais attention à ne pas saturer le sol, la plante craignant les racines détrempées.

Un simple test suffit : si le sol est humide à environ 2-3 cm, inutile d’arroser. S’il est sec à plus de 2 cm de profondeur, arrosez abondamment.

Installez un paillage épais pour conserver l’humidité et limiter la pousse des mauvaises herbes.

Fertilisez l’arbre tous les quatre mois avec un engrais universel équilibré afin de soutenir sa croissance et sa fructification.

Parasites et maladies du jacquier

Le jacquier est peu sujet aux maladies et ravageurs, mais une vigilance reste indispensable pour prévenir d’éventuels dégâts.

La bonne gestion de l’eau et un traitement insecticide adapté contiennent la majorité des pressions parasites.

Surveillez en particulier :

  • Les pucerons, très répandus et responsables du jaunissement des feuilles ainsi que de la propagation de la fumagine, dûe au miellat sucré qu’ils laissent.
  • La mouche du jacquier (Bactrocera umbrosa), difficile à observer mais potentiellement nuisible.
  • Les longicornes, coléoptères aux longues antennes, qui peuvent occasionner des dégâts.

Une maladie rare, la pourriture rose, se manifeste par un duvet rose sur la tige. Un traitement au cuivre puis un bon suivi limitent sa progression.

Récolte et utilisation des fruits

L’arbre commence à produire ses premiers fruits au bout de quatre ans environ. Pour savoir si le fruit est mûr, tapez doucement dessus : il doit sonner creux. La couleur du pédoncule passe au jaune, et selon la variété, le fruit peut jaunir ou brunir.

Coupez le fruit à l’aide d’un couteau ou d’un sécateur, en faisant souvent appel à un assistant en raison de la taille et du poids du fruit.

Le latex collant qui s’écoule peut encrasser les outils : enduisez-les d’huile d’olive pour éviter cet inconvénient. La récolte est parfois facilitée en fin d’après-midi, lorsque la sève est moins fluide.

Conservez les fruits au frais, entre 10 et 13 °C, jusqu’à dégustation.

On peut cueillir des fruits immatures et les cuisiner comme un légume, tandis que les fruits mûrs sont consommés comme un fruit classique. Les graines sont également comestibles, excellentes une fois grillées.

La chair présente une texture ferme et filandreuse rappelant la viande de poulet ou de porc, et absorbe bien les saveurs, ce qui en fait un substitut idéal dans les plats végétariens.