9 problèmes fréquents lors de la culture du soja et comment les résoudre
Le soja est reconnu pour sa facilité de culture et offre un fourrage simple ou de l’edamame maison sans trop d’efforts. Cependant, comme toutes les cultures cultivées depuis des siècles, le soja peut rencontrer certains problèmes spécifiques.
Les infections fongiques sont assez courantes, tout comme les soucis liés à l’environnement qui entraînent la chute des gousses ou l’absence de formation de celles-ci.
Voici les problèmes à surveiller pour protéger votre culture de soja et assurer une récolte optimale.
Quelle difficulté y a-t-il à cultiver du soja ?
Le soja est une plante parfois controversée. Il sert de base riche en protéines pour l’alimentation animale et des produits végétariens transformés. L’huile de soja est présente dans de nombreux aliments courants, et les spécialistes débattent encore de ses effets sur la santé. Malgré ces questions sur sa durabilité et son usage intensif, le soja demeure une excellente culture pour les petits exploitants et les amateurs de jardinage.
Le soja possède une longue tradition d’utilisation durable et saine. Le soja fermenté, pilier de la cuisine asiatique, n’a pas d’effets nocifs lorsqu’il est utilisé de manière raisonnable. Une production modérée de soja à la maison permet aussi de fabriquer des aliments pour animaux équilibrés pour poules, cochons et autres bêtes.
Si vous maîtrisez la culture des haricots nains, vous pouvez probablement cultiver le soja. La plante (Glycine max) se développe très proche du haricot nain (Phaseolus vulgaris).
Cependant, le soja a des exigences que les haricots n’ont pas. Semez habituellement haricots et pois dès que le sol est praticable au printemps. En revanche, le soja est moins tolérant au froid. Il peut germer à 10°C mais la réussite est souvent décevante. Patientez idéalement que la température du sol atteigne 20°C pour semer. Un sol trop froid freine la germination.
Le soja a besoin d’environ 45 à 65 jours chauds avant la récolte. Si vous semez tôt, la maturation prendra plus de temps.
La plupart des problèmes apparaissent à partir de la deuxième ou troisième année. Sans rotation des cultures, les nuisibles et maladies propres au soja peuvent prospérer. En cultivant du soja pour la première fois, pensez à décaler la future plantation suffisamment loin pour renouveler le sol.
Voici maintenant les principaux problèmes à surveiller.
1. Feuilles jaunissantes, plantes fanées et croissance ralentie
Un des problèmes les plus graves du soja provient des nématodes. Ce sont de petits vers parasites, notamment Heterodera glycines, qui attaquent spécifiquement les racines du soja.
Leur cycle de vie est rapide, et ils peuvent rapidement envahir une parcelle. En s’attaquant aux racines, ils provoquent des dégâts difficiles à corriger.
Les symptômes sont souvent discrets au début : flétrissement, jaunissement, stature réduite. Lorsqu’ils deviennent visibles, l’infestation est généralement trop avancée. Une fois présents dans le sol, les nématodes peuvent survivre des années en conditions difficiles, rendant leur éradication presque impossible. La lutte consiste surtout à contenir leur progression.
Limiter l’infestation
Pour prévenir, maintenez un niveau d’humidité optimal : un sol bien drainé, évitez l’excès d’eau et ne semez pas dans un sol saturé ou avant une période pluvieuse.
Respectez la rotation culturale en évitant de semer des légumineuses au même endroit avant un an. La solarisation du sol pendant 2 à 4 semaines après la culture de soja influence également positivement la réduction des nuisibles.
2. Jaunissement entre les nervures des feuilles
Le soja est sensible à de nombreux champignons, mais le syndrome de mort subite (Sudden Death Syndrome, SDS) est l’un des plus destructeurs.
Provoqué par Fusarium virguliforme, il se manifeste par un jaunissement entre les nervures foliaires, avec des feuilles souvent recourbées ou en forme de coupe. Des décolorations brunes apparaissent parfois sur la tige et la racine principale. Ce champignon résistant en hiver peut rapidement anéantir votre culture.
La prévention est indispensable en cas de SDS, et le diagnostic précis nécessite souvent un échantillon envoyé à un service agronomique.
Prévenir le syndrome de mort subite
Évitez les plantations denses : le soja forme de grands buissons pouvant faire jusqu’à 60 cm de diamètre. Laissez suffisamment d’espace entre les plants pour assurer une bonne ventilation et réduire l’humidité.
Maintenez le potager propre en supprimant régulièrement les mauvaises herbes qui hébergent les champignons. Évitez aussi l’excès d’arrosage, préférez arroser à la base plutôt qu’en pluie.
Comme vu, la solarisation du sol entre les cultures aide à limiter la présence des champignons.
3. Tiges couvertes de mousse grise ou blanche
Le Sclérotinia sclérotiorum est un champignon qui réside dans les graines et le sol. Il se propage via les outils, l’eau, la terre ou les semis contaminés. Une fois installé, il est très difficile à éliminer : achetez toujours des semences certifiées sans maladies.
Les tiges infectées deviennent grises ou blanches et duveteuses. Le champignon peut ensuite coloniser feuilles et gousses.
Pour lutter, binez soigneusement le sol avant plantation et respectez une rotation des cultures avec un cycle d’au moins 7 ans sans soja au même emplacement.
Évitez le surpeuplement pour favoriser une meilleure circulation de l’air.
4. Taches brunes sur racines et tiges
Des lésions brunes peuvent indiquer une pourriture du collet et des racines, due à Phytophthora sojae.
Ce champignon risque aussi de décimer vos jeunes plants avant leur développement.
Un sol bien drainé, un travail du sol adapté et la rotation culturale sont les principaux moyens pour prévenir et contrôler cette pourriture.
5. Plantes fanées, brunes et rabougries
La pourriture charbon (Charcoal rot), causée par Macrophomina phaseolina, provoque d’importantes pertes. Ce champignon vit dans le sol ou sur d’autres plantes-hôtes (maïs, tournesol, mauvaises herbes).
Les symptômes incluent une croissance ralentie, des feuilles flétries sous la chaleur, ainsi qu’une coloration brune des plantes.
Le champignon attaque surtout des plantes stressées. Il est donc essentiel d’éviter la sécheresse, assurer une bonne santé des cultures et pratiquer une rotation adaptée des cultures.
Veillez aussi à un jardin propre, en éliminant les mauvaises herbes toute l’année et les débris à l’automne.
6. Taches blanches ou grises poudreuses sur les feuilles
Le mildiou poudreux sur soja, causé par Microsphaera diffusa, est très courant, notamment en fin de saison.
Il se repère par des plaques blanches ou grises sur les feuilles, qui jaunissent ensuite et peuvent tomber. Heureusement, le mildiou n’entraîne que rarement des pertes de rendement significatives.
Privilégiez les traitements naturels pour limiter cette maladie, sans recourir aux produits chimiques lourds.
7. Absence de gousses
Si vos plants paraissent en bonne santé mais ne produisent pas de gousses, cela signifie généralement un déséquilibre environnemental.
Le soja réclame chaleur et lumière, au moins huit heures de soleil par jour, et un espacement suffisant entre les rangs. S’il pousse à l’ombre, la production est nettement réduite.
Il faut alors éclaircir les rangs ou tailler les plantes alentour pour améliorer la luminosité.
Si la luminosité est suffisante, examinez la qualité du sol : un pH trop acide ou trop alcalin peut brider la production. Visez un pH neutre.
Un déséquilibre en azote et phosphore pousse la plante à développer les feuilles plus qu’à former des gousses. Apportez du phosphore et du potassium, mais évitez l’excès d’azote.
Enfin, un surpeuplement limite la lumière et les nutriments, impactant la production.
8. Gousses vides
Beaucoup de gousses sans graines ? C’est rarement inquiétant. Généralement, la récolte est trop précoce. Le soja a besoin d’une période prolongée de chaleur et de soleil pour remplir les gousses.
Patientez une semaine de plus avant de contrôler à nouveau. Par temps frais, la maturation peut prendre un mois supplémentaire.
Si le problème persiste, vérifiez les déséquilibres du sol, notamment le pH et les niveaux d’azote et phosphore.
9. Chute des gousses
Si vos gousses tombent avant maturité, c’est souvent un signe de stress pour la plante.
Un peu de chute est naturelle, mais si elle devient excessive, examinez l’arrosage : excès ou manque d’eau déstabilisent les plants. Les températures extrêmes, canicule ou froid, sont aussi à éviter.
Pour limiter ces stress, protégez vos plants des fortes chaleurs avec de l’ombrage l’après-midi. En cas de pluies intenses, couvrez les rangs pour garder le sol sec.
