17 problèmes courants du piment et comment les résoudre
Les piments sont de véritables stars du potager. Qu’ils soient doux ou épicés, ils apportent couleur et saveur à votre jardin comme à votre assiette. Même si ces plantes sont plutôt faciles à cultiver, quelques soucis peuvent parfois venir perturber leur développement.
Voici les problèmes les plus fréquents rencontrés avec les piments et des conseils avisés pour les surmonter.
Les principaux problèmes rencontrés avec les piments
Bien que les piments soient des plantes peu exigeantes, il est important de rester vigilant. En effet, un bon suivi au quotidien permet souvent d’éviter une récolte compromise.
1. Plantes qui ne se développent pas
Un des principaux freins à la croissance des piments est un environnement inadapté. Ils préfèrent un sol légèrement acide, riche, bien drainé et beaucoup d’exposition au soleil. Avant de planter, incorporez un compost bien mûr ainsi que de la poudre d’os ou du sang séché dans la terre, en ajoutant un amendement drainant comme la perlite.
Si votre sol est trop lourd ou compact, privilégiez des bacs surélevés ou des pots. Assurez-vous d’avoir une profondeur d’au moins 15 à 20 cm de terre meuble. Repérez les zones les plus ensoleillées de votre jardin pour y installer vos plants de piments et de tomates.
2. Beaucoup de feuillage, peu de fleurs
Ce déséquilibre traduit un excès d’azote et un manque de phosphore dans le sol. Or, c’est précisément ce dernier élément qui déclenche la floraison et la fructification.
Optez pour des engrais pauvres en azote et riches en phosphore pour corriger cette anomalie et encourager la formation des fruits.
3. Pas de formation des fruits
Si les fleurs tombent ou ne donnent pas de fruits, c’est souvent lié à des températures trop basses. Les piments ont besoin d’un climat chaud, au-dessus de 15°C, pour fructifier.
Dans les régions à saison courte, commencez les semis à l’intérieur six semaines avant que le temps ne se réchauffe vraiment, ou achetez des plants jeunes en jardinerie. Favorisez les variétés naines ou plus précoces comme les mini poivrons ou les piments jalapenos, particulièrement adaptés aux climats courts. Si vous êtes exposé aux orages de grêle ou aux baisses soudaines de température, pensez à cultiver vos piments en serre.
4. Fruits petits, rabougris ou sans graines
Ce problème provient d’une pollinisation incomplète. Pour y remédier, plantez des herbes aromatiques et des fleurs attirant les pollinisateurs, comme la bourrache, le basilic et l’origan, à proximité de vos plants de piments et tomates.
5. Les piments ne changent pas de couleur
Rassurez-vous, c’est simplement que les fruits ne sont pas encore arrivés à maturité. Laissez-les mûrir le plus longtemps possible sur la plante pour qu’ils prennent leur coloration définitive, ou cueillez-les à peine colorés pour les faire mûrir à la maison, par exemple sur un rebord de fenêtre ensoleillé.
6. Les piments forts ne sont pas piquants
Un excès d’engrais riche en phosphore et potassium, ou un arrosage trop abondant, favorise la croissance de fruits gros et juteux mais moins épicés. Pour obtenir des piments bien piquants, laissez-les un peu stresser, en limitant les apports et l’eau. Mieux vaut des fruits plus petits et très relevés que trop volumineux et doux.
7. Pourriture apicale (blossom end rot)
Si le bas des fruits présente des taches humides et en décomposition, c’est un signe de carence en calcium malgré un sol suffisant. Ce défaut résulte d’une mauvaise absorption du calcium due à un déséquilibre hydrique : trop ou trop peu d’eau perturbe le transport des nutriments.
Ne forcez pas non plus la croissance avec trop d’engrais. Pour en savoir plus, consultez un guide dédié à la pourriture apicale.
8. Plants sectionnés à hauteur du sol
Les coupables sont souvent les vers gris qui dévorent la base des plants la nuit. Pour les éliminer, chassez-les à la lampe torche et jetez-les dans de l’eau savonneuse chaude. Vous pouvez aussi protéger les tiges avec des manchons en carton, comme des rouleaux de papier toilette fendus, enfoncés d’1 à 2 cm dans la terre.
9. Feuilles recourbées
Les feuilles qui se recroquevillent peuvent traduire un manque ou un excès d’eau, des attaques de petits insectes comme les pucerons ou les acariens, ou des carences en nutriments.
Inspectez attentivement les plantes. En présence de parasites, traitez avec de l’huile de neem ou un pesticide bio, et encouragez l’arrivée de coccinelles. Sinon, vérifiez l’humidité du sol en y enfonçant le doigt à environ 2,5 cm de profondeur quelques heures après midi.
10. Feuilles jaunes qui tombent
Le virus de la mosaïque ou de la flétrissure peut en être la cause. Aucun traitement ne guérit ces maladies virales, il faut éliminer les feuilles atteintes et brûler les parties malades pour éviter la propagation. Coupez aussi les mauvaises herbes alentour qui hébergent des insectes vecteurs comme les thrips ou les altises.
Pour limiter l’apparition du virus, sélectionnez des variétés résistantes à la mosaïque du tabac.
11. Feuilles brûlées
En climat très chaud et ensoleillé, vos piments peuvent souffrir du coup de soleil (“sunscald”), qui provoque des cloques blanches sur les jeunes fruits. Ceux-ci se crevassent, se dessèchent et tombent.
Protégez vos plants en leur offrant un peu d’ombrage l’après-midi, notamment en les associant à des plantes plus hautes qui filtrent la lumière entre 11h et 15h.
12. Feuilles trouées avec anneaux jaunes
La tache bactérienne est une infection qui crée des trous sur les feuilles, lesquelles finissent par se dessécher et tomber. Un traitement à base de cuivre peut être efficace s’il est appliqué tôt. Sinon, il faudra envisager d’arracher les plants infectés pour éviter de perdre toute la récolte.
13. Défoliation excessive
Des chenilles tordeuses de tomate, des altises ou des limaces peuvent réduire vos plants à peau de chagrin.
Plantez de la cataire autour des cultures pour éloigner les altises et pulvérisez du neem. Ramassez chenilles et limaces à la main tôt le matin ou tard le soir, et saupoudrez de terre de diatomée pour les repousser. Laisser vos volailles se nourrir de ces ravageurs peut aussi être très efficace, mais protégez-les des prédateurs la nuit.
14. Mousse blanche sur les tiges et feuilles
Il s’agit des cicadelles, appelées “spittlebugs”. Un insecticide maison à base de piments forts, ail, poudre de cayenne et savon liquide peut vous aider à les éliminer.
Mélangez 2 tasses d’eau avec une poignée de jalapenos ou habaneros, 6 à 8 gousses d’ail pelées, 2 cuillères à soupe de poudre de cayenne et 2 cuillères à café de savon liquide. Vaporisez sur les plants, laissez agir 24 à 48 heures, puis essuyez.
15. Rayures brunes sur les tiges, plants qui flétrissent
Le flétrissement verticillien est une maladie fongique incurable. Il faut arracher et détruire les plants touchés et pratiquer une rotation stricte des cultures. Ne replantez pas de solanacées deux ans de suite au même endroit ni après des cucurbitacées.
Labourez profondément, laissez le sol se dessécher au soleil, et plantez des légumineuses ou des légumes-feuilles à cet emplacement. Privilégiez aussi des variétés résistantes aux maladies.
16. Taches noires ou brunes sur les plants
La brûlure précoce (Phytophthora) est favorisée par la chaleur et l’humidité. Elle ne se traite pas : les plants contaminés doivent être éliminés. Pratiquez la rotation des cultures en plantant des crucifères ou des céréales sur la parcelle affectée, et évitez les solanacées au moins quatre ans.
17. Moisissure poudreuse blanche sous les feuilles
Le mildiou poudreux touche surtout les climats chauds et humides, ou lorsque les plantes sont trop arrosées par le dessus. Utilisez un système d’arrosage au sol de type goutte-à-goutte, ou arrosez tôt le matin pour que l’humidité s’évapore rapidement.
