Tout ce qu’il faut savoir pour cultiver du cannabis
Cultiver du cannabis peut être une expérience enrichissante, que ce soit pour ses vertus médicinales ou pour pouvoir échanger ou vendre les récoltes.
Voici tout ce dont vous avez besoin pour réussir à faire pousser de belles plantes robustes cette année.
Assurez-vous que la culture du cannabis est légale chez vous
Avant d’acheter des graines ou des plants, renseignez-vous sur la législation en vigueur. Il serait regrettable d’être sanctionné pour quelques plantes dans votre jardin.
Vérifiez les points suivants :
- La culture du cannabis est-elle autorisée dans votre région ?
- Combien de plants êtes-vous autorisé à cultiver ?
- Allez-vous cultiver pour un usage personnel ou commercial ?
- Si c’est pour la vente, avez-vous besoin d’une licence spécifique ?
Faites des recherches approfondies et assurez-vous d’avoir les moyens de sécuriser votre culture avec une clôture adaptée, sujet que nous aborderons plus loin.
Graines ou boutures ?
Deux méthodes existent pour démarrer vos plants de cannabis : à partir de graines ou par clonage. La première est la méthode traditionnelle, simple et accessible, tandis que la seconde consiste à prélever un fragment d’une plante mature pour le faire enraciner. Cela vous garantit une copie conforme de la plante mère.
Chacune présente des avantages et des inconvénients. Expérimentez les deux pour identifier celle qui vous convient le mieux.
Culture à partir de graines
Facile à lancer, cette méthode offre une large sélection de variétés à commander en ligne via des fournisseurs tels que Sensi Seeds ou Crop King. Cependant, la germination n’est pas toujours assurée et les caractéristiques génétiques restent inconnues, y compris le sexe des plants, ce qui peut poser problème.
Il est préférable d’opter pour des graines féminisées, qui garantissent que tous les plants seront des femelles, évitant ainsi la présence de mâles qui risqueraient de polliniser vos plantes.
Un atout majeur : les plants issus de graines sont généralement 90 % plus vigoureux et résistants que ceux venant de boutures.
Culture à partir de boutures
Les clones, provenant de plants féminins sélectionnés, offrent une génétique connue à l’avance, ce qui permet d’obtenir des plants sains et forts, notamment si la plante mère est robuste. Toutefois, ces jeunes plants requièrent plus de soins et sont souvent moins résistants aux parasites et maladies.
La culture en intérieur leur réussit généralement mieux qu’en extérieur. Encore une fois, n’hésitez pas à expérimenter pour déterminer votre préférence.
Comment démarrer vos graines de cannabis
Faites tremper quelques graines pendant une nuit dans un mélange d’eau, de solution d’enracinement et de peroxyde d’hydrogène à 3 %. Commencez par diluer la solution selon les instructions, puis ajoutez le peroxyde à raison de 1 part pour 100 parts d’eau. Cette étape permet de stériliser les graines et de favoriser la germination.
Après 12 heures, rincez-les bien et étalez-les sur un papier absorbant humide sur une assiette propre. Recouvrez d’une autre couche de papier humide, puis d’un film plastique ou placez l’ensemble dans un sac plastique ouvert pour assurer une bonne aération.
Conservez le tout à lumière indirecte en maintenant le papier constamment humide. Les racines apparaîtront au bout de quelques jours.
Lorsque les petites racines sont visibles, repiquez les graines dans des pots remplis d’un terreau de semis stérile, recouvrez légèrement et arrosez bien. Placez les pots dans un endroit lumineux et maintenez la terre humide.
Comment cultiver du cannabis à partir de boutures
Si vous connaissez un cultivateur expérimenté, demandez-lui un ou plusieurs morceaux de branches pour clonage. Important : il ne faut pas fertiliser la plante mère la semaine précédant la taille, au risque que les boutures passent en mode végétatif au lieu d’enraciner.
Choisissez des branches proches de la base, solides et portant plusieurs feuilles. Coupez-les au ras de la tige, en biais à 45 °, avec une lame propre, puis placez-les immédiatement dans de l’eau.
Phase d’enracinement
Transférez rapidement les boutures dans un substrat adapté, comme la laine de roche ou un terreau drainant.
Si vous disposez d’hormones d’enracinement, n’hésitez pas à tremper les bases pour stimuler la formation des racines. À défaut, un peu de miel peut faire office d’antifongique et antibactérien naturel.
Vous saurez que vos plants sont enracinés lorsque de nouvelles feuilles apparaissent. À ce stade, placez-les définitivement en pot ou en pleine terre, après avoir retiré la laine de roche si nécessaire.
Soins essentiels pour le cannabis
Le cannabis a besoin de beaucoup de lumière naturelle, idéalement plus de huit heures de soleil direct quotidien. Il peut toutefois se contenter de cinq à six heures.
Le sol doit être riche en nutriments tout en drainant parfaitement. Ce sont des plantes gourmandes en engrais. Privilégiez un mélange contenant du guano de chauve-souris, des déjections de vers, ou ajoutez-les vous-même à un terreau de qualité.
Une bonne préparation inclut également un drainage avec de la perlite ou des pierres volcaniques, du compost mûr et une matière capable de retenir l’eau, comme la tourbe ou la vermiculite.
Les nutriments et leur gestion dans la culture du cannabis
Le cannabis nécessite des apports variables selon sa phase de développement. En croissance végétative, il a besoin d’un apport élevé en azote (N). Dès l’apparition des fleurs, il faut diminuer l’azote et augmenter le phosphore (P). Un apport suffisant en calcium est aussi crucial pour éviter les troubles de croissance et assurer une floraison optimale.
Utilisez un engrais riche en azote jusqu’à ce que les bourgeons atteignent la taille de petits raisins. Ensuite, passez à un engrais riche en phosphore, modéré en potassium (K) et faible en azote. À partir de 10 à 12 semaines de culture, réduisez l’apport d’engrais de moitié pour prévenir les brûlures des feuilles.
Au-delà de 13 semaines, lors de la fin de floraison, les feuilles les plus basses jaunissent et tombent naturellement, signe que la plante mobilise ses réserves pour nourrir les bourgeons. À ce stade, diminuez la fertilisation à environ un quart de la dose initiale.
L’arrosage
Humidifiez le sol en profondeur tous les deux à trois jours. Des arrosages profonds espacés favorisent un enracinement solide et limitent le développement de champignons. En climat très sec, ajustez la fréquence pour éviter que la terre ne sèche entièrement.
Détection des carences et des problèmes courants
- Excès d’azote : feuilles très vertes, tiges faibles et affaissées.
- Manque d’azote : feuilles jaunes et recourbées qui tombent.
- Déficit en phosphore : feuilles bleu-vert avec pétiole violet, croissance ralentie.
- Excès de phosphore : développement de feuilles fines et encombrées.
- Trop de potassium : brûlures aux extrémités des feuilles.
- Carence en potassium : taches brunes et brunissements des pointes.
- Carence en calcium : croissance ralentie, feuilles faibles et tachées.
- Excès de soufre : feuilles vert clair, bourgeons mal formés.
- Manque de soufre : feuilles petites, vert foncé avec pointes décolorées.
Hygiène et protection des plants
Pour limiter les risques d’introduction de parasites et maladies, suivez ces conseils :
- Installez une clôture autour de votre culture, pour éloigner animaux sauvages, animaux domestiques et enfants.
- Ne laissez jamais les animaux de compagnie approcher les plants, leur pelage peut véhiculer maladies et parasites.
- Évitez que d’autres jardiniers ne pénètrent dans votre espace de culture ; préférez leur montrer des photos.
- Utilisez une paire de bottes propre et des vêtements dédiés uniquement à ce jardin. Conservez-les à proximité du potager et changez-vous avant chaque entrée.
- Lavez régulièrement ces vêtements, y compris la semelle des bottes à l’eau bouillante.
Considérez vos plants comme fragiles, sans défense naturelle, pour en prendre soin convenablement.
Quand et comment récolter
Surveillez l’évolution des bourgeons en observant les pistils et les trichomes. Récoltez lorsque les trichomes adoptent un aspect laiteux et les pistils passent à une teinte orangée.
Gardez en tête la variété cultivée. Par exemple, les Sativas prennent 8 à 12 semaines de floraison, tandis que les Indicas plus précoces peuvent être récoltées entre 6 et 8 semaines. À partir de la 5e semaine de floraison, examinez régulièrement l’état des bourgeons pour ne pas manquer le moment idéal.
Avant la récolte, stoppez la fertilisation et arrosez abondamment à l’eau claire pour éliminer les excès de nutriments et stimuler la qualité des fleurs.
Selon vos préférences, récoltez la plante entière d’un coup ou les bourgeons au fur et à mesure de leur maturité. Utilisez toujours des gants pour éviter l’encrassement dû à la résine, et des outils bien aiguisés désinfectés à l’alcool pour la coupe.
Séchage
Le mode de séchage dépend de la méthode de récolte. Si vous avez coupé la plante entière, suspendez-la à l’envers dans un endroit chaud et aéré jusqu’à séchage complet. Pour des branches coupées individuellement, étendez-les sur des fils ou sur des grilles espacées.
Le séchage et le cure demandent une attention particulière. Informez-vous à travers des guides spécifiques pour garantir un produit de qualité optimale.
Un dernier conseil de prudence
La discrétion est recommandée pour protéger votre culture. Faites preuve de vigilance, car votre plantation pourrait attirer des regards malveillants, même dans des régions où la culture est légale.
Notez également que posséder du cannabis, encore légalement, peut parfois entraîner des restrictions, notamment aux États-Unis concernant la détention d’armes à feu.
Informez-vous bien sur toutes ces réglementations pour assurer la sécurité de votre jardin et réussir votre culture.
