13 problèmes du pois et comment les résoudre

13 problèmes courants avec les pois et comment les résoudre

Presque tous les jardiniers que je connais ont déjà connu des moments de frustration extrême. Le jardinage peut être imprévisible : même en faisant tout correctement, la météo capricieuse peut ruiner vos efforts. En partageant mes expériences avec la culture des pois, et les leçons tirées, j’espère vous aider à éviter bien des déceptions.

Les pois sont-ils faciles à cultiver ?

Effectivement, les pois sont parmi les légumes les plus simples à cultiver. Sur plus de 25 ans de jardinage, je n’ai eu autant de succès avec aucune autre culture. Cela dit, les pois rencontrent leurs propres difficultés. Ne désespérez pas si vos plants peinent : ils peuvent souffrir de divers problèmes d’ordre pathologique, environnemental, ou liés aux ravageurs.

Voici les principaux soucis auxquels vous pouvez être confronté, avec des conseils pour les prévenir autant que possible.

1. ÉCHEC DE GERMINATION

Les pois germent rapidement, ce qui en fait un choix populaire pour les expériences scolaires. Toutefois, il arrive que les graines ne poussent pas. Si aucune pousse n’apparaît après une à deux semaines, les graines sont probablement non viables. Cela peut être dû à une récolte prématurée ou à de mauvaises conditions de stockage (variations de température ou d’humidité ayant déclenché puis arrêté la germination).

Autre cause fréquente : un sol trop froid et humide. Même si les pois peuvent être plantés avant la dernière gelée dans certaines zones, dans les climats froids, cela entraîne souvent la pourriture des graines avant germination. Sur ma zone USDA 4b, j’attends une semaine après la dernière gelée pour semer.

Si vous habitez en zone 6 ou plus, vous pouvez planter juste avant la dernière gelée, sinon mieux vaut démarrer en intérieur ou patienter un peu.

2. PÉTIOTS RACCOURCIS OU FONDRANT

Plusieurs champignons et pathogènes provoquent la fonte des semis de pois, les empêchant de sortir du sol ou les faisant se faner rapidement. Les tiges deviennent chétives, brunissent ou grisonnent à la base.

La maladie de la fonte des semis se développe dans les sols frais et humides. Pour la limiter, attendez que la terre soit bien réchauffée et un peu sèche avant de semer. Arrosez à l’aide d’eau tiède légèrement infusée à l’ail pour protéger les jeunes pousses.

Continuez d’arroser avec de l’eau tiède jusqu’à ce que vos plants grandissent solidement.

3. PLANTS QUI SE FANENT

Les pois sont gourmands en eau et se flétrissent rapidement s’ils manquent d’humidité. Un arrosage biquotidien peut être nécessaire par temps sec. Pour diminuer la fréquence des arrosages, améliorez la rétention d’eau du sol en incorporant de la tourbe, des coques de riz, de la fibre de coco ou de la vermiculite avant la plantation.

Un paillis posé autour des plants, comme du carton non coloré, aide aussi à conserver l’humidité, à condition de le laisser à au moins cinq centimètres des tiges afin d’éviter l’apparition de champignons.

Surveillez chaque jour l’état des feuilles : si elles tombent, vérifiez l’humidité du sol avec le doigt. S’il est sec, augmentez l’arrosage. S’il est détrempé, réduisez la quantité, car un excès d’eau peut lui aussi provoquer le flétrissement. L’idéal est d’avoir un sol humide, ni trempé ni sec, semblable à une éponge bien essorée.

4. FANAGE AVEC DÉCOLORATION DES PLANTS

Si vos pois reçoivent suffisamment d’eau mais flétrissent quand même, ce peut être un signe de maladie du flétrissement, souvent causée par le Fusarium oxysporum. Ce champignon limite la circulation de l’eau dans les tiges.

Vérifiez en déterrant un plant atteint : les racines et la base de la tige sont souvent décolorées, jaunes ou rouges-orangées, semblant molles voire pourries.

Pour éviter cela, sélectionnez des variétés résistantes, et travaillez bien votre sol pour exposer les agents pathogènes au soleil et à la chaleur, qui les tuent. Un sol neutre limite aussi leur développement, car le champignon prospère dans les sols acides.

En cas d’infection, arrachez et brûlez les plants malades. Traitez ensuite la terre avec un antifongique adapté, comme Mycostop. Pratiquez une rotation des cultures tous les quelques années pour éviter de recontaminer votre terrain.

5. POMMELOUX BLANC SUR LES FEUILLES

Le mildiou poudreux est un champignon (Erysiphe pisi) qui prolifère lors des périodes chaudes et humides. Il recouvre les feuilles d’une poudre blanche, donnant un aspect comme “enrobé de farine”.

Pour le prévenir, aérez vos plants dès le début de la floraison en supprimant une partie des feuilles afin d’assurer une bonne circulation d’air. Cette pratique diminue la condensation et limite le développement du mildiou.

Si la maladie se déclare, éliminez toutes les feuilles atteintes et brûlez-les. Un traitement au vinaigre de cidre dilué peut aider pour les débuts d’attaque.

Si le mildiou est très avancé, il faut arracher et brûler toutes les plantes. Le jardin doit ensuite rester au repos pendant au moins deux ans, avec un traitement antifongique du sol avant de replanter.

6. FEUILLES JAUNES AVEC MOTIFS MARBRÉS

Des motifs jaunes irréguliers sur les feuilles et les gousses indiquent généralement la présence du virus de la mosaïque, plus fréquent chez les pois de champs que chez les pois grimpants. Ce virus est transmis principalement par les pucerons.

Il n’existe pas de traitement curatif. Vous pouvez uniquement limiter son impact en choisissant des variétés résistantes et en traitant le sol avant plantation avec des fongicides biologiques.

Les pois à œil noir sont particulièrement sensibles à ce virus. En cas d’infection, il est indispensable d’arracher et de détruire les plants contaminés.

7. FEUILLES FRISÉES ET JAUNES, COUVERTES DE MIÉLAT

Ces symptômes sont typiques d’une infestation de pucerons. Ces petits insectes se reproduisent rapidement et sucent la sève des feuilles, provoquant déformations et jaunissement. Ils laissent aussi une sécrétion collante appelée “miellat”.

Les pucerons peuvent transmettre la mosaïque et le virus de la raie du pois, qui persistent longtemps dans le sol.

Pour les éliminer, pulvérisez régulièrement du savon insecticide ou de l’huile de neem. Attirez aussi les coccinelles, leurs prédateurs naturels, en installant des plantes attractives ou des abris.

8. PLANTS COUPÉS À LA BASE

Ce sont des vers gris ou vers de la tige (larves de papillons nocturnes) qui dévorent les tiges près du sol pendant la nuit. Ils pénètrent dans les tiges, affaiblissant gravement les plants.

Pour limiter cette menace, travaillez bien le sol au printemps pour exposer les œufs et les larves, qui seront alors consommés par de nombreux insectes, reptiles, amphibiens et oiseaux.

Vous pouvez aussi autoriser les volailles (poules, cailles, pintades) à circuler dans le jardin, car elles adorent se nourrir de ces larves.

Enfin, plantez des tournesols ou des topinambours en bordure du potager. Ces plantes attirent les larves, détournant leur attention de vos pois.

9. FEUILLES BRUNES ET FLÉTRIES

La présence d’une toile fine poudreuse sur les feuilles signale souvent une attaque d’acariens. Ces petits arachnides sucent la sève des feuilles, causant dessèchement et brunissement.

Le traitement consiste à arroser régulièrement les plants avec du savon insecticide, du savon de Castille dilué ou de l’huile de neem. Répétez tous les quelques jours jusqu’à disparition des acariens.

10. TRACES ARGENTÉES SUR LES FEUILLES

Ces sillons sont typiques des mineuses, larves de mouches creusant des galeries dans les feuilles. Elles affectionnent particulièrement les pois, les haricots et d’autres légumes verts.

La prévention est essentielle : binez votre sol à l’automne et au printemps pour détruire œufs et larves, plantez des cultures pièges comme l’épinard sauvage et protégez vos plants avec des filets ou des voiles d’ombrage.

En cas d’infestation, retirez les feuilles atteintes et brûlez-les pour éviter la contamination des plants voisins.

11. PLANTS FOURNIS MAIS SANS FLEURS

Un excès d’azote dans le sol peut provoquer une croissance luxuriante de feuilles au détriment des fleurs. Pour en avoir le cœur net, faites analyser votre sol avec un kit de test ou via un service local.

Pour rectifier, incorporez du paillis de sciure ou de broyat de bois bien décomposé, qui aidera à réduire l’azote et rééquilibrer les nutriments.

À l’avenir, testez votre sol avant d’ajouter un quelconque engrais pour éviter ce type de déséquilibre.

12. FLEURS MAIS PAS DE GOURMANDS

Lorsque vos pois fleurissent mais ne produisent pas de gousses, le pollen ne circule sans doute pas assez entre les fleurs. Trop de feuillage dense peut gêner la pollinisation.

Supprimez les feuilles superflues durant la floraison, et secouez doucement les plants pour favoriser la dispersion du pollen. Vous pouvez aussi transférer le pollen manuellement avec un pinceau fin.

13. PLANTS QUI DISPARAISSENT

Si vos pois disparaissent mystérieusement, vous avez probablement des herbivores affamés à proximité : lapins, chevreuils, voire marmottes peuvent causer de sérieux dégâts.

Pour vous protéger, installez une clôture adaptée, utilisez des répulsifs naturels comme des crottes de prédateurs (loup, coyote) autour du potager, ou vaporisez du neem, dont l’odeur et le goût repoussent les animaux.

Conseils pratiques

Malgré tous vos efforts, des difficultés peuvent surgir. La meilleure attitude est de prévenir : pratiquez une rotation régulière des cultures, laissez reposer les parcelles touchées par le mildiou ou le fusarium pendant quelques années, et privilégiez des variétés résistantes.

Éparpillez vos pois et haricots dans plusieurs endroits du jardin pour limiter la propagation des maladies.

Surtout, prenez chaque expérience comme un apprentissage et gardez le plaisir de cultiver votre potager.