24 plantes indigènes nord-américaines pour se nourrir et se soigner
Si vous souhaitez cultiver un domaine rural en harmonie avec la nature, plutôt que de lutter pour faire pousser des espèces exotiques sur un sol local, votre meilleur choix est d’opter pour des plantes indigènes.
Les espèces indigènes sont celles qui ont évolué et se sont adaptées à un endroit précis sur plusieurs milliers d’années, sans intervention humaine.
Inutile de vous dire que ces plantes conviennent parfaitement aux jardiniers et propriétaires ruraux, car elles croissent facilement et rencontrent moins de problèmes que les espèces introduites. Elles s’intègrent naturellement à leur environnement, au lieu d’y faire obstacle.
Dans cet article, nous vous présentons 24 plantes comestibles et médicinales indigènes d’Amérique du Nord, idéales pour prospérer chez vous.
Si vous remontiez le temps d’environ 30 000 ans et exploriez le terrain où se trouve votre jardin aujourd’hui, vous y trouveriez ces mêmes espèces. Elles ont évolué pour s’épanouir dans ce milieu précis, avec le sol, la lumière et les conditions propres à l’endroit.
Après des millions d’années d’adaptation, elles ne nécessitent aucun effort particulier pour survivre. Elles sont plus résistantes aux maladies locales et moins sensibles aux insectes indigènes, ce qui facilite leur culture par rapport aux espèces importées.
En cultivant des plantes indigènes, vous instaurerez une relation harmonieuse avec votre environnement. Ces plantes prospéreront, vous éviterez bien des soucis, et la faune locale sera ravie d’interagir avec des espèces qu’elle reconnaît instinctivement.
Voici une sélection des meilleures plantes indigènes d’Amérique du Nord, à la fois robustes et utiles. Elles s’intègrent parfaitement à leur milieu natal et soutiennent l’écosystème qui les entoure depuis des millénaires.
De plus, elles sont d’excellentes sources alimentaires et thérapeutiques et deviennent plus productives avec le temps. Commençons par le noyer cendré.
1. Noyer cendré (Juglans cinerea)
Le noyer cendré, aussi appelé « noyer blanc », est une essence indigène que l’on trouve dans les forêts mixtes du Canada et de l’est des États-Unis.
Il pousse abondamment au bord des rivières, où il dispose d’eau en quantité et de sept à neuf heures d’ensoleillement par jour. À maturité, il peut atteindre 40 mètres de haut avec une envergure de trois mètres environ.
Ses noix sont comestibles : vous pouvez les saler, rôtir, broyer pour en faire un beurre ou les sécher pour produire de la farine. Au printemps, on peut aussi récolter sa sève pour en réaliser un sirop doux et nutritif.
2. Noisetier d’Amérique (Corylus americana)
Dans l’est et le centre de l’Amérique du Nord, pensez à planter des noisetiers d’Amérique. Ces arbustes atteignent jusqu’à 4,5 mètres de hauteur et largeur et produisent beaucoup de noisettes riches en nutriments.
De nombreux animaux sauvages les apprécient également : grouses, dindons, faisans, cerfs et même orignaux selon la région.
Ces arbustes ont besoin de soleil plein pour bien pousser. Bien qu’ils soient monoïques, ils sont incompatibles pour l’autopollinisation, il faut donc planter au moins deux sujets à 6-9 mètres l’un de l’autre pour assurer la fructification.
3. Groundnuts (Apios americana)
Cette plante tubéreuse vivace est indigène à la partie orientale de l’Amérique du Nord et a nourri les populations autochtones pendant des millénaires. Elle est riche en glucides, contient trois fois plus de protéines que la pomme de terre et est une source de fer et de calcium.
Les groundnuts se propagent facilement d’année en année et enrichissent le sol en azote, en faisant un excellent compagnon pour les cultures de feuilles.
4. Sureau d’Amérique (Sambucus canadensis)
Le sureau est une plante médicinale remarquable que l’on peut transformer en vin, confiture, gelée ou sauce. C’est un incontournable parmi les plantes indigènes multi-usages d’Amérique du Nord.
Cette espèce, répandue à l’état sauvage dans l’est du continent et cultivée à l’ouest, est à la fois délicieuse et médicinale. Elle offre de nombreux bienfaits Santé, notamment contre les infections.
5. Airelles (Arctostaphylos uva-ursi)
Connues aussi sous le nom de Kinnikinnick, les airelles poussent au Canada et aux États-Unis, des Appalaches jusqu’aux montagnes de la Sierra Nevada, en passant par l’Alaska et le Groenland.
Adaptées aux climats frais, leurs feuilles servaient à infuser des tisanes et leurs baies sont comestibles ou médicinales notamment pour les infections urinaires.
6. Winterberry d’Amérique (Gaultheria procumbens)
Appelé aussi thé-berry, ce petit arbuste offre des feuilles et baies à la saveur mentholée, agréables en infusions et soins médicinaux. Il a des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques utilisées pour soulager maux de dents, arthrite, etc.
Il préfère les sols acides et les forêts mixtes de pins et feuillus, et se propage par rhizomes. On le trouve à l’état naturel dans l’est de l’Amérique du Nord.
7. Viorne trilobée (Viburnum trilobum)
Ces fruits ressemblent à de petites canneberges avec un goût acidulé. Elles poussent sur des sols humides, bien drainés et acides de la côte ouest des États-Unis jusqu’à la Virginie et le sud du Canada.
Les peuples autochtones cuisinaient ces baies en soupes ou en en-cas vitaminés pour l’hiver. La viorne est aussi connue pour soulager les crampes menstruelles.
8. Cerisier noir (Prunus serotina)
Ce magnifique arbre, appelé aussi Cerisier noir des montagnes, s’étend de Terre-Neuve au Manitoba et jusqu’en Floride et Nouveau-Mexique.
Ses cerises sont comestibles, consommées crues ou cuites, et le faisceau médicinal inclut des décoctions d’écorce pour soulager toux et anxiété.
9. Kaki d’Amérique (Diospyros virginiana)
Ce fruit pousse en nature du Canada jusqu’en Alabama. Il apprécie les sols légers et drainants. Ses fruits très riches en vitamine C attirent abeilles et papillons et nourrissent de nombreux animaux sauvages.
10. Noix de paw-paw (Asimina triloba)
Originaire de l’est des États-Unis et du sud-est du Canada, le paw-paw produit un fruit au goût aéré rappelant la banane, la mangue et la vanille. Il se consomme frais ou en pâtisserie.
Il s’accommode parfaitement à l’ombre et tolère la toxicité du noyer cendré, ce qui en fait un compagnon idéal dans les sous-bois.
11. Haricots (Phaseolus spp.)
Ces légumineuses constituent une base alimentaire depuis plus d’un million d’années. Plusieurs variétés indigènes d’Amérique du Nord sont adaptées à différentes régions.
Par exemple :
- Les zones forestières de l’est cultivent bien ‘Speckled Algonquin’ ou ‘Early Mohawk’ ;
- Les régions du nord du Mexique et sud des États-Unis cultivent le ‘Dolores de Hidalgo Frijol Negro’.
12. Courges et citrouilles (Cucurbita spp.)
Comme pour les haricots, privilégiez les variétés adaptées à votre région. Une courge performante au Texas ne réussira pas forcément dans le Maine.
Par exemple :
- Les Appalaches : ‘Candy Roaster’ ;
- Côte Est : Canada Crookneck ;
- Sud-Ouest : Navajo Cushaw ou Apache Giant.
13. Maïs (Zea mays)
Complétez votre trio “Trois Sœurs” avec du maïs, aliment ancestral vital pour les peuples autochtones. De nombreuses variétés conviennent aux diverses régions du continent.
Choisissez entre maïs à flint, doux ou à éclater selon vos besoins et créez votre jardin guildé personnalisé.
14. Topinambours (Helianthus tuberosus)
Le topinambour, qui est une variété de tournesol, est originaire du centre de l’Amérique du Nord. Sa racine a nourri les peuples iroquois depuis très longtemps.
Cette racine doit être cuite dans de l’eau citronnée ou vinaigrée pour neutraliser l’inuline et limiter les gaz intestinaux. Sa saveur est délicieuse rôtie, en soupe ou déshydratée en chips.
15. Massettes (Typha spp.)
Si vous disposez d’une zone marécageuse, la massette est une plante comestible dans toutes ses phases. On cuisine les jeunes pousses comme des asperges, les fleurs comme des artichauts, et on ajoute son pollen en pâtisserie.
Attention à la propreté de l’eau, la plante absorbant les polluants.
16. Fougères-roses (Matteuccia struthiopteris)
Les jeunes frondes, appelées crosses, sont comestibles après cuisson (jamais crues, à cause de leurs toxines). Elles grandissent à l’ombre et permettent d’aérer le sol compacté en prévision des cultures.
17. Rampons (Allium tricoccum)
Cette variété d’oignon sauvage, appréciée des gourmets, est menacée par la surexploitation. Elle pousse bien en sous-bois ombragés, des endroits souvent inutilisables autrement.
Si vous trouvez une zone abondante et que la cueillette est autorisée, prélèvez quelques bulbes pour les transplanter. Sinon, achetez graines ou plants dans des pépinières spécialisées.
18. Scille (Polygonatum spp.)
Cette plante raffinée d’Est et Centre de l’Amérique du Nord est à la fois alimentaire, médicinale et un précieux appât pour pollinisateurs. Ses jeunes pousses se cuisinent comme légume et ses rhizomes comme pommes de terre.
19. Hydraste (Hydrastis canadensis)
Cette plante vivace, présente dans les forêts décidueuses du sud du Canada et nord-est des États-Unis, a des vertus anti-inflammatoires et antibactériennes, ainsi que des bienfaits pour le cœur et la pression artérielle.
Elle est souvent associée à l’échinacée comme stimulant immunitaire et s’utilise aussi en soin cutané.
20. Échinacée pourpre (Echinacea purpurea)
Célèbre en phytothérapie, l’échinacée stimule le système immunitaire et empêche la multiplication de certains virus. Elle attire aussi papillons et colibris, favorisant la pollinisation.
21. Ginseng américain (Panax quinquefolius)
Indigène de l’est nord-américain, ce ginseng est apprécié pour ses effets rafraîchissants, complémentaires au ginseng asiatique chauffant. Il améliore l’attention et soulage les affections respiratoires.
Il pousse bien à l’ombre dans un sol riche, drainant et légèrement alcalin.
22. Asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa)
Surnommée « herbe aux papillons », cette plante de la famille des asclépiadacées apprécie le nectar et attire une multitude de pollinisateurs. Elle est utilisée depuis longtemps en médecine traditionnelle pour soigner les affections pulmonaires.
23. Pacanier (Carya illinoinensis)
Si vous aimez la tarte aux pacanes et habitez le sud-ouest des États-Unis ou le nord du Mexique, cette espèce indigène est faite pour vous. Apparue il y a environ 44 millions d’années, elle nourrit depuis lors de nombreuses espèces.
Ses noix sont riches en protéines, lipides, calcium et vitamine A, un atout santé incontournable.
24. Camas bleue (Camassia quamash)
Cette plante herbacée vivace du Nord-Ouest pacifique produit des bulbes nutritifs, riches en glucides et protéines, délicieux une fois cuits. Ils évoquent le goût de la patate douce et de l’oignon rôti.
Elle pousse du nord de la Colombie-Britannique jusqu’à l’Utah, mais attention à ne pas la confondre avec la toxique death camas.
Comme vous l’avez compris, de nombreuses plantes indigènes sont précieuses pour votre jardin ou domaine rural. Choisissez les espèces adaptées à votre climat et à vos besoins, et prenez-en soin. Elles sont bien plus robustes et gratifiantes à cultiver que les plantes importées.
