3 méthodes efficaces pour lutter contre les chenilles processionnaires
Avez-vous déjà été surpris en plein air par une masse grouillante et collante d’insectes ou encore été pris sous une pluie de bestioles rampantes qui vous ont fait fuir en criant ? Alors vous avez certainement déjà croisé le chemin des chenilles processionnaires. Découvrez ici comment les gérer lorsqu’elles apparaissent dans votre jardin.
Qu’est-ce que les chenilles processionnaires ?
Ces chenilles appartiennent au genre Malacosoma, des papillons au corps doux et duveteux avec des teintes pâles, pastel ou neutres. Elles participent à la pollinisation de nombreuses plantes et constituent une source de nourriture pour divers oiseaux et petits animaux. Cependant, leurs larves représentent un véritable fléau.
Ces petites chenilles sociales et poilues construisent de grands nids soyeux dans les branches des arbres à feuilles caduques partout en Amérique du Nord, en grande partie en Europe et aussi dans certaines régions d’Asie.
Bien qu’elles préfèrent les forêts, on les trouve aussi dans les arbres en ville et en banlieue. En été, lever les yeux sur les branches peut vite devenir désagréable : elles grouillent de ces chenilles, qui peuvent tomber sur les passants à tout moment.
On surnomme ces chenilles des « défoliateurs » car elles dévorent les feuilles des arbres où elles s’installent, laissant les arbres aussi nus qu’en hiver une fois leur festin terminé.
Pour les jardiniers cultivant des arbres fruitiers ou à noix, cela peut être désastreux : sans feuilles ni bourgeons floraux, pas de récolte possible. Savoir comment gérer les chenilles processionnaires est donc indispensable pour protéger votre production.
3 solutions pour lutter contre les chenilles processionnaires
Plusieurs méthodes s’offrent à vous selon le stade de développement de ces chenilles. Voici les principales :
1. Éliminer les grappes d’oeufs
Les papillons pondent leurs oeufs sur les arbres en été : en juin-juillet pour les espèces de l’Est, en août-septembre pour celles de l’Ouest.
Ces grappes ont l’aspect de masses mousseuses, souvent brunes, collées aux branches ou au tronc, où elles resteront tout l’hiver avant d’éclore au printemps.
Repérez-les et grattez-les délicatement avec un couteau ou un grattoir sans abîmer l’écorce. Ensuite, enfermez les grappes dans un sac plastique hermétique pour les éliminer, ou plongez-les dans un récipient rempli de vinaigre pour dissoudre les oeufs et stopper leur cycle.
Si les retirer est difficile, vous pouvez aussi les étouffer en les enduisant de vaseline ou d’huile minérale à l’aide d’un pinceau, ce qui bloque l’échange d’air et étouffe les oeufs.
2. Supprimer les nids
C’est une méthode très efficace mais qui demande du courage : vous serez en contact direct avec les chenilles. Pensez à porter des vêtements couvrants et éventuellement des gants.
Pour enlever le nid, munissez-vous d’un grand bâton, de préférence avec une fourche à son extrémité. Enroulez la soie du nid autour du bâton en tournant pour former un cône de matière soyeuse et piégeuse, un peu comme une barbe à papa.
Une fois le nid enroulé, vous avez deux choix :
- Jeter la branche loin des arbres pour que les oiseaux, rongeurs et autres prédateurs consomment les chenilles libérées
- Plonger la branche dans un seau d’eau chaude savonneuse ou un mélange moitié eau moitié vinaigre pour tuer les chenilles
Attention, ne tentez jamais de brûler les nids, car cela peut provoquer un incendie dévastateur. Imaginez des chenilles enflammées tomber au sol… un scénario catastrophe !
3. Opter pour un insecticide biologique sélectif
Il vaut mieux éviter les produits chimiques pour ne pas nuire à l’écosystème. Si aucune autre option n’est envisageable, utilisez un insecticide biologique, comme Bacillus thuringiensis, une bactérie ciblant uniquement les larves de papillons et de papillons de nuit.
Ce traitement est appliqué en pulvérisation sur le feuillage et élimine les chenilles dans les cinq jours suivant leur ingestion.
Cependant, ce produit n’est pas totalement sélectif et peut affecter des insectes bénéfiques à proximité. Par exemple, en touchant les plantes de verger ou des espèces protégées comme les papillons Monarques, ou encore certaines espèces de bourdons.
Chaque décision a une conséquence : évitez donc ce choix si possible et privilégiez toujours une gestion raisonnée et respectueuse de la biodiversité.
Adopter la tolérance
Les chenilles processionnaires causent rarement des dégâts durables à leurs arbres hôtes.
Si un même arbre est attaqué plusieurs années de suite, il deviendra peut-être plus vulnérable aux maladies ou prédateurs, mais dans l’ensemble, ces invasions restent temporaires.
Quand votre arbre est menacé, essayez de supprimer les grappes d’oeufs avant leur éclosion, car prévenir reste la meilleure des solutions.
Les populations de chenilles varient naturellement d’une année à l’autre : un an d’invasion peut être suivi d’une accalmie l’année suivante.
De nombreux spécialistes recommandent donc une stratégie de tolérance : laisser les chenilles tranquille. Même si votre arbre ne sera pas au mieux de sa forme cette année-là, il récupérera rapidement.
Si les infestations sont récurrentes et que votre arbre souffre, appliquez les méthodes précédentes puis travaillez à améliorer l’équilibre de votre jardin. Un écosystème sain attire des insectes prédateurs naturels capables de contrôler durablement les chenilles processionnaires.
