Comment reconnaître et éliminer la chenille du persil dans votre jardin
La chenille du persil est un petit indésirable très vorace qui s’attaque à de nombreuses cultures potagères et aromatiques. Si vous avez déjà constaté que « quelque chose » dévorait votre persil, coriandre ou carottes, il y a de fortes chances que ce soit cette chenille.
Dans cet article, nous allons vous apprendre à l’identifier, à l’éliminer, et surtout à prévenir sa réapparition dans votre potager.
Ce que vous devez savoir sur la chenille du persil
- Qu’est-ce que la chenille du persil ?
- Comment la reconnaître ?
- Méthodes de lutte
- 1. Protection par voiles
- 2. Insecticides naturels
- 3. Cultures pièges
- 4. Prédateurs naturels
- 5. Prévention
Qu’est-ce que la chenille du persil ?
Malgré son nom, la chenille du persil (Papilio polyxenes) est en réalité la larve du papillon machaon noir. Ces papillons sont d’excellents pollinisateurs pour une grande variété de fruits et légumes, mais leurs larves se nourrissent avec tant d’avidité qu’elles peuvent causer de sérieux dégâts dans le jardin.
À ce stade larvaire, on la surnomme aussi « chenille de la carotte », « traqueuse de céleri » ou encore familièrement « petite vermine verte », car elle affectionne particulièrement les plantes de la famille des Apiacées (ou Ombellifères) telles que :
- Le persil
- L’aneth
- Le fenouil
- Le cerfeuil
- L’angélique
- La coriandre
- L’anis
- La carotte
- Le panais
- La reine-des-prés
Comment reconnaître la chenille du persil ?
Le papillon machaon noir se rencontre partout en Amérique, du sud du Canada jusque dans le sud de l’Argentine.
La chenille se distingue par sa couleur verte éclatante, mesurant environ 4,5 cm, ornée de bandes noires traversées de taches jaunes. En grandissant, elle développe des sortes de petits « cornes » sombres et piquantes qui émergent des bandes noires.
On la retrouve souvent en train de grignoter le persil, l’aneth, le céleri ou les feuilles de carotte, trahissant sa présence dans votre jardin.
Méthodes de lutte
Le papillon machaon noir est un pollinisateur essentiel. Il est donc fondamental de le traiter avec douceur et de privilégier une coexistence plutôt qu’une élimination totale. Dans un contexte de disparition massive des pollinisateurs, protéger ces espèces est indispensable.
1. Protection par voiles
Les voiles de protection sont une des meilleures solutions pour préserver vos cultures sensibles des œufs de papillons et des larves de chenilles. Nous les utilisons notamment pour empêcher les piérides de coloniser nos choux.
Ces voiles en maille fine, posés sur des structures basses, empêchent les femelles de papillons de pondre sur vos plantes. Veillez à fixer soigneusement les bords pour éviter qu’ils ne s’envolent.
Vous pouvez vous procurer ces voiles dans les jardineries ou en ligne. Beaucoup d’amateurs réutilisent également d’anciens moustiquaires.
2. Insecticides naturels
L’huile de neem, un insecticide naturel très efficace, a démontré son action contre la chenille du persil. Son goût déplait tellement aux larves qu’elles finissent par quitter vos plantes à la recherche d’autres sources de nourriture.
Munissez-vous d’une huile de neem pressée à froid, préparez votre pulvérisation selon les indications, et traitez régulièrement vos cultures pour dissuader les chenilles de s’installer durablement.
3. Cultures pièges
La chenille du persil étant attirée par de nombreuses plantes de la même famille, vous pouvez détourner son attention en installant des cultures pièges peu valorisées autour de vos parcelles principales.
Des plantes comme le fenouil, la reine-des-prés et l’angélique, semées plusieurs mètres à l’écart, feront office de barrières attractives. Les papillons y déposeront leurs œufs plutôt que sur vos légumes ou herbes aromatiques.
C’est un peu comme attirer un enfant gourmand avec un buffet de douceurs pour le détourner du repas principal. Nous utilisons parfois aussi d’anciens semis de carottes ou panais peu frais, semés en bordure, qui servent de distraction et nourriture alternative pour les chenilles.
4. Prédateurs naturels
En cas d’infestation importante, favoriser les ennemis naturels de la chenille du persil peut aider à réduire ses effectifs.
Contrairement à d’autres chenilles, elles ne sont pas très prisées par les oiseaux, en raison de leur goût désagréable, surtout lorsqu’elles ont consommé de l’anis ou de la réglisse.
Cependant, certaines espèces comme les mésanges, les oriole de Baltimore, les hirondelles ou les merles bleus peuvent les manger en cas de pénurie. Amphibiens et reptiles, tels que grenouilles, serpents et crapauds, en font aussi leur repas.
Ces chenilles sont également vulnérables à des insectes parasites comme les guêpes braconides et les mouches tachinides. En plantant de l’achillée autour de vos cultures, vous attirerez ces auxiliaires bénéfiques qui parasiteront les chenilles et limiteront leur population.
5. Prévention
Les pupes de la chenille du persil passent l’hiver dans les débris végétaux du jardin avant d’émerger sous la forme de leur magnifique papillon au retour des beaux jours.
Il est important d’éviter de broyer ou brûler ces débris qui abritent leur développement. Privilégiez plutôt le ramassage des feuilles mortes et plantes sèches en automne, que vous déposerez en lointain pouvoir de la plantation, loin de vos cultures.
Implantez à cet endroit vos cultures pièges pour attirer les chenilles à leur sortie, et limiter ainsi leur impact sur vos plantes utiles.
En résumé, ces papillons sont des pollinisateurs précieux pour notre écosystème. En préférant des méthodes douces et naturelles pour contrôler leurs larves, vous contribuez à leur protection tout en sauvegardant la santé de votre potager.
