Parasites et maladies du poirier qui menacent votre récolte
Les poires maison sont un délice, et le poirier fait partie des arbres fruitiers les plus faciles à cultiver dans votre verger. Pour ne pas compromettre cette récolte savoureuse, il est essentiel de surveiller certains parasites et maladies qui peuvent gravement affecter votre arbre.
Le poirier est souvent l’un des premiers arbres fruitiers que les jardiniers s’efforcent de cultiver, aux côtés du pommier. Bien qu’il ne soit pas particulièrement difficile à faire pousser, il est sujet à plusieurs problèmes, comme toutes les plantes. Voici un tour d’horizon des principales difficultés auxquelles vous pourriez être confronté.
4 parasites courants du poirier
Les nuisibles du poirier varient de simples désagréments à des menaces sérieuses. Même ceux qui ne détériorent pas directement la récolte peuvent propager des maladies, il est donc important de les contrôler.
1. Les pucerons
Les pucerons s’attaquent à de nombreuses plantes, y compris les poiriers. Ces petits insectes se regroupent sous les feuilles pour sucer la sève, tout en laissant derrière eux une substance collante appelée « miellat ». Cette sécrétion favorise la formation de fumagine, une moisissure noire qui nuit à la santé de votre arbre.
Une infestation de pucerons n’est généralement pas trop problématique si elle reste limitée. Vous pouvez les déloger en pulvérisant de l’eau avec un jet puissant. Les huiles de neem ou autres insecticides naturels éliminent leurs œufs, et plusieurs insecticides classiques sont également efficaces.
2. La teigne du poirier
Peu connue du grand public, la teigne du poirier cause pourtant beaucoup de dégâts. Ce papillon creuse des trous dans les fruits, souvent bouchés par du « frass » brun (excréments d’insectes). Ces dégâts peuvent atteindre le cœur du fruit, le rendant impropre à la consommation.
La teigne passe jusqu’à quatre générations par an, ce qui facilite sa prolifération. Les larves sont responsables des dommages les plus importants. Pour prévenir, il est essentiel de bien tailler votre arbre afin d’aérer sa ramure. Des traitements avec Entrust ou de l’argile kaolin peuvent aussi limiter les nuisibles.
En pratique, beaucoup de jardiniers enlèvent à la main les fruits infestés avant que les larves ne quittent le fruit pour réduire la population. Jetez ou brûlez ces fruits pour éviter la propagation.
3. Les enrouleurs de feuilles
Ces insectes roulent les feuilles du poirier en les assemblant avec des fils de soie, d’où leur nom. Ils se nourrissent ensuite des feuilles ainsi repliées, provoquant une défoliation de l’arbre.
Vous pouvez aussi observer des toiles soyeuses sur les fruits, qui présentent souvent des cicatrices dues aux larves. Surveillez la présence des papillons adultes dans votre jardin.
En cas d’infestation, utilisez Entrust ou Bacillus thuringiensis, des traitements biologiques efficaces. Appliquez soigneusement la pulvérisation à l’intérieur des feuilles roulées où se cachent les larves.
4. La psylles du poirier
Ce parasite est particulièrement nocif et célèbre pour sa résistance à la plupart des insecticides. Une infestation provoque un affaiblissement rapide et sévère du poirier, pouvant entraîner sa mort par une maladie appelée « déclin du poirier ».
Pour lutter contre la psylla, privilégiez les huiles insecticides et l’argile kaolin. Ces traitements sont plus efficaces au moment de la dormance, car cet insecte hiverne sur l’arbre. Intervenir à cette période facilite son éradication.
7 maladies fréquentes du poirier
Plusieurs maladies peuvent nuire gravement à vos poiriers. Plus vous détectez tôt le problème, plus vous aurez de chances de le maîtriser. Voici les principales à connaître.
1. Pourriture des racines (Armillaria)
Cette maladie fongique est destructrice et peut entraîner la mort de l’arbre. Les premiers signes sont des feuilles petites, décolorées et prématurément tombantes. Des branches meurent et des champignons Armillaria apparaissent souvent à la base.
Malheureusement, une fois établie, la pourriture ne se traite pas. Il faut impérativement arracher les arbres malades, racines comprises, car le champignon persiste dans les racines mortes. La meilleure prévention consiste à planter sur des porte-greffes résistants.
2. Brûlure bactérienne (blast)
Cette maladie bactérienne se développe par temps froid et humide. Elle démarre par des taches noires humides sur les pétioles qui s’étendent rapidement le long de la nervure principale. Les feuilles deviennent noires et meurent. Les rameaux et les petites branches se nécrosent aussi.
Des taches noires peuvent également apparaître sur les fruits. En cas d’attaque sévère, un traitement au cuivre s’applique en automne et en hiver, parfois à plusieurs reprises pour être efficace.
3. Pourriture du collet, de la couronne et des racines
Moins courante, cette maladie se manifeste dans des sols mal drainés et par des apports d’eau excessifs. Elle est provoquée par le pathogène Phytophthora.
Les symptômes incluent un flétrissement des feuilles qui reste en place, un ralentissement de la croissance, des chancres au niveau du tronc, et une écorce décolorée et visqueuse lorsqu’elle est humide.
Aucune solution curative n’est efficace. La prévention repose sur une gestion soignée de l’arrosage, en évitant tout excès d’eau autour du poirier.
4. Flétrissement bactérien (feu bactérien)
Le feu bactérien est redouté par tous les arboriculteurs. Cette maladie affecte plusieurs fruitiers et provoque le dessèchement des pousses et des fleurs, qui noircissent comme brûlées.
Elle se développe par temps chaud et pluvieux au moment de la floraison. Il faut impérativement couper tout le bois malade et traiter l’arbre au mélange bordelais ou avec des cupriques homologués, afin de limiter la propagation.
5. Déclin du poirier
Cette maladie phytoplasmique est véhiculée par la psylla du poirier. Elle se traduit par un mauvais développement des pousses, leur dessèchement, un rougissement et un enroulement des feuilles supérieures, ainsi qu’une chute prématurée du feuillage.
Les feuilles et fruits deviennent également plus petits. Aucun traitement n’est efficace contre ce déclin; la meilleure défense est de planter des porte-greffes résistants et de contrôler strictement les populations de psylla.
6. Oïdium (tavelure)
La tavelure se repère par des taches jaunes ou chlorotiques sur les feuilles. Cette maladie fongique provoque aussi des déformations du feuillage et des fruits, où une surface veloutée peut apparaître sous les feuilles.
Une infestation sévère fait jaunir les feuilles qui tombent ensuite précocement. La maladie hiverne sur les feuilles mortes au sol et les spores se dispersent au vent, ce qui complique son éradication.
La prévention est primordiale, mais en cas de tavelure, appliquez un fongicide à base de cuivre ou un mélange bordelais. Ramassez toujours les feuilles mortes et évitez les zones trop humides autour des arbres.
7. Taches foliaires de Septoria
Cette autre maladie fongique est fréquente et dangereuse sur poiriers. Elle aime les conditions humides et stagnantes. Le champignon hiverne dans les débris foliaires, d’où l’importance d’enlever tous les feuillages tombés.
Les symptômes se limitent au feuillage qui présente des taches gris-blanc avec un bord pourpre assez net. La maladie progresse en faisant tomber prématurément les feuilles vers la fin de l’été.
Un suivi attentif et un nettoyage soigneux sont les meilleurs moyens de limiter cette infection.
