Les cerises du Nanking : cultiver et entretenir ce fruitier exceptionnel
Qu’est-ce que le cerisier du Nanking ?
Le cerisier du Nanking (Prunus tomentosa) est originaire des régions fraîches de Chine et s’est naturalisé au Japon et en Russie. Introduit aux États-Unis en 1882, il a d’abord connu une certaine popularité avant que l’intérêt ne décline dans les années 1940. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène grâce à sa robustesse et sa polyvalence.
On le retrouve aussi sous les noms de cerisier duveteux, cerisier mandchou, cerisier de montagne, cerisier arbustif chinois ou cerisier de Mongolie.
Ses fruits, des drupes, offrent un équilibre entre douceur et acidité, avec une chair plus juteuse que les cerises classiques. Comme les cerises, prunes, pêches et noix, ils possèdent un noyau dur entouré d’une chair tendre.
Ce cerisier s’adapte particulièrement bien aux zones USDA 2 à 7. Il apprécie les hivers froids nécessaires à la stratification des graines, peut supporter la chaleur estivale si les hivers restent frais, mais redoute l’humidité élevée.
Il est indispensable de planter au moins deux arbustes différents ou cultivars pour assurer la pollinisation, car cette variété n’est pas autofertile. Certains cultivent un seul pied pour profiter uniquement de sa floraison ornementale, ses fleurs roses rappelant celles du cerisier classique étant très esthétiques.
8 cultivars remarquables de cerisier du Nanking
Les plants d’espèce pure restent assez rares aux États-Unis, mais certains revendeurs spécialisés et plateformes en ligne en proposent, tout comme plusieurs cultivars, plus fréquents en Europe et en Russie.
À l’état sauvage, ces cerisiers atteignent environ 4,5 m, tandis qu’en culture ils culminent généralement autour de 2,7 m.
Efimka
Cultivar ukrainien prometteur, réputé pour la longue tenue des fruits sur l’arbre. Ses cerises sont grosses, savoureuses et faciles à dénoyauter, ce qui facilite la préparation culinaire. Il est conseillé de l’accompagner de ‘White Ninja’ ou ‘Natali’ pour la pollinisation.
Gabe
Variété très sucrée aux gros fruits rosés, sélectionnée par Michael McConkey. Elle mesure environ 2,4 m de haut et peut produire jusqu’à 5,4 kg de fruits en juin. Pour la pollinisation, associez-la à ‘Natali’, ‘Ian’ ou ‘Jules’.
Ian
Le plus sucré des cultivars P. tomentosa, avec des fruits blancs et plus gros que l’espèce. Plus tolérant à la sécheresse, celui-ci reste aussi autour de 2,4 m, avec des récoltes précoces en juin et des rendements allant jusqu’à 5,4 kg par plante. ‘Natali’, ‘Gabe’ ou ‘Jules’ font de bons compagnons pollinisateurs.
Jules
Autre sélection de Michael McConkey, produisant de gros fruits blancs très sucrés. L’arbuste atteint 2,4 m et donne aussi jusqu’à 5,4 kg de cerises en juin. Il se pollinise bien avec ‘Natali’, ‘Ian’ ou ‘Gabe’.
Natali
Cultivar très droit et aux fruits larges d’environ 2 cm de diamètre. Originaire de Russie, il se pollinise idéalement avec ‘Efimka’ ou ‘Wostocznaja’.
Red Ninja
Variété russe aux gros fruits rouges, plus rare et recherchée. Les pollinisateurs parfaits sont ‘White Ninja’ et ‘Natali’.
White Ninja
Ce cultivar produit des fruits blancs sucrés et juteux, un atout rare pour les cerises. Cette couleur dérange la plupart des oiseaux, qui les laissent intactes, mais le rendement est moins important. ‘Wostocznaja’ ou ‘Natali’ conviennent pour la pollinisation.
Wostocznaja
Variété russe à croissance lente, plus large que haute. Elle met du temps avant de produire, mais les fruits sont gros et nombreux une fois mature. Pour la pollinisation, choisissez ‘White Ninja’, ‘Red Ninja’ ou ‘Natali’.
Comment multiplier le cerisier du Nanking
Privilégiez l’achat de plants issus de pépinières spécialisées, la multiplication par graines ou boutures étant assez aléatoire, même si possible.
Par graines
Les graines se trouvent plus facilement que les pieds eux-mêmes, aussi bien en commerce qu’en récoltant vous-même les noyaux de fruits frais. Retirez la pulpe, nettoyez les graines, puis laissez-les sécher quelques jours sur un papier absorbant à température ambiante.
Les graines nécessitent une période de stratification froide de 100 jours. La méthode simple consiste à les enterrer dans un peu de sable humide et à conserver le tout dans le réfrigérateur, en surveillant que le sable reste juste humide.
Au terme de cette période, au début du printemps, sèmez en godets remplis d’un terreau spécial semis sous forte luminosité en maintenant le substrat humide. Vous pouvez aussi semer en extérieur à l’automne pour une stratification naturelle.
Transplantez les jeunes plants en pleine terre dès qu’ils sont assez robustes.
Par boutures
C’est la méthode la plus fiable, à condition de couper des plants différents pour garantir la pollinisation. Prélève des boutures de bois tendre en été, au moment de la maturation des fruits, ou des boutures de bois dormants au début du printemps.
Choisis des tiges saines, souples, d’environ 15 à 20 cm, coupes à 45° juste après un nœud. Élimine presque toutes les feuilles sauf deux en haut. Trempe la base dans de l’hormone de bouturage, puis plante dans un substrat stérile et bien drainé.
Place en endroit chaud, sec, en maintenant une humidité modérée. Vérifie l’enracinement régulièrement en tirant doucement. Après formation des racines, fais la transition en extérieur en acclimatant progressivement avant la plantation définitive.
Entretien du cerisier du Nanking
Pour des spécimens isolés, espace les plants d’environ 4,5 m. En haie ou brise-vent, il est possible de les serrer à 1,5 m pour recouvrir rapidement l’espace.
Plus l’exposition reçoit de lumière (idéalement 8 heures d’ensoleillement par jour), meilleure est la fructification. Une ombre partielle est acceptable, mais réduit la production.
Le sol doit être neutre (pH proche de 7), fertile et bien drainé. Lors de la plantation, enrichis le trou avec du compost ou du fumier bien décomposé, en le creusant deux fois plus large que motte.
La première année, arrose régulièrement (une fois par semaine à dix jours) pour garder le sol frais. Ensuite, la plante n’aura besoin que de 30 à 35 cm d’eau annuels, ce qui est généralement suffisant si ton climat est tempéré.
Aucune fertilisation n’est nécessaire, l’arbuste produit annuellement sans engrais.
La taille n’est pas obligatoire mais améliore le port et la récolte. Taillez pour contrôler la hauteur et faciliter la cueillette, supprimez branches mortes, malades ou mal placées, éliminez les rameaux plus âgés de 3 à 4 ans qui fructifient moins.
Compagnons idéaux pour le cerisier du Nanking
- Lavande
- Romarin
- Trèfle blanc
- Lupin
- Pâquerettes
- Bulbes de printemps
- Ciboulette
- Soucis
- Consoude
- Myrtilles
Principaux problèmes et solutions lors de la culture
Oiseaux
Ils raffolent des cerises, à l’exception des variétés blanches qui les laissent généralement tranquilles. En cas d’attaque, la meilleure solution reste la protection par filet adapté.
Pucerons noirs du cerisier
Le puceron noir (Myzus cerasi) s’attaque aux nouvelles pousses, provoquant déformations et dépérissement. Il passe l’hiver sur le cerisier puis migre vers les crucifères en été. Les feuilles peuvent s’enrouler, brunir et tomber. Les pucerons sécrètent un miellat qui attire fourmis et guêpes.
Encouragez les coccinelles et chrysopes, leurs prédateurs naturels. En cas d’infestation importante, pulvérisez un mélange de neem et d’insecticide, suivi de traitements réguliers au neem toutes les deux semaines durant six semaines.
Mouche de la cerise de l’Ouest
Rhagoletis cingulata pond ses œufs sous les fruits, dont les larves les dévorent de l’intérieur, rendant toute pulvérisation inefficace après ponte. Ce ravageur peut anéantir la récolte.
Les pièges jaunes adhésifs aident à détecter leur présence. Utilisez un insecticide ciblé sur les adultes avant la ponte en renouvelant toutes les dix jours, tout en surveillant la présence de larves dans les fruits.
Araignées rouges
Selon la densité, ces acariens peuvent poser problème. Pour les identifier et traiter, référez-vous aux guides spécifiques aux araignées rouges.
Chancre bactérien (maladie des trous)
Cette maladie fongique provoque des lésions sur feuilles et fruits, donnant un aspect de trous caractéristiques. Sur les feuilles, des taches rouges entourées d’un anneau violet apparaissent, laissant tomber la partie centrale. Sur les fruits, elles craquent et suintent.
Supprimez les branches malades, puis traitez avec un fongicide à base de cuivre après la chute de 50 % des feuilles.
Pourriture des racines
Causée par un oomycète, cette pourriture entraîne un jaunissement du feuillage, un retard de croissance et un aspect général de dépérissement. En déterrant la plante, on constate des racines molles et dégradées.
Si la majorité est atteinte, la perte de la plante est probable. Cependant, si quelques racines saines subsistent, nettoyez soigneusement en retirant les tissus morts, lavez la motte et replantez dans un sol bien drainé.
La prévention passe par un bon drainage et un sol léger, évitant les excès d’humidité stagnante.
Récolte et utilisations des cerises du Nanking
La cueillette s’étale généralement de juillet à août, selon les variétés et votre région. Le meilleur indicateur reste le goût : les fruits doivent être bien mûrs, pulpeux, ronds et juteux, avec une couleur intense propre à chaque cultivar (le species donne des fruits rouge profond).
Les cerises s’arrachent facilement à maturité.
La préparation la plus courante est la confiture ou la gelée, car leur acidité naturelle nécessite un ajout de sucre pour équilibrer les saveurs.
On peut également les déguster sous forme de dessert : croustillant, sorbet, glace, muffins, tarte, shrub ou barres fruitées.
