Comment Corriger un Sol Alcalin dans le Jardin
Chaque sol possède un pH situé entre acide et alcalin, le neutre se situant au milieu. Si beaucoup s’inquiètent du sol acide, il est important de comprendre également les spécificités du sol alcalin.
Avoir un sol alcalin n’est pas forcément un problème, surtout si vous cultivez des plantes adaptées à ce pH. Cependant, si vos végétaux peinent à prospérer, il peut être utile d’agir sur ce sol alcalin.
Voici comment procéder.
Qu’est-ce que le sol alcalin ?
Le pH varie de 0 à 14. Généralement, la plupart des sols se situent entre 3 et 10. Un sol acide a un pH inférieur à 7.
Le sol alcalin, souvent appelé « sol doux » par les jardiniers expérimentés, a un pH supérieur à 7. Ce type de sol contient des niveaux plus élevés de sodium, calcium et magnésium.
Comprendre le pH du sol est essentiel : il détermine la disponibilité des nutriments que les racines peuvent absorber.
Un sol très acide ou très alcalin limite l’accès aux nutriments essentiels. Le sol alcalin est moins soluble que les sols acides ou neutres. Si vos plantes ne sont pas adaptées à ce pH, elles peuvent souffrir de croissance ralentie et de carences.
Pour la plupart des plantes, il est conseillé de ne pas dépasser un pH de 7,5 à 8.
Un sol légèrement alcalin autour de 7,5 n’est pas problématique, mais au-delà de 8,0, la croissance des plantes peut être compromise.
Avec les bonnes méthodes, corriger un sol alcalin est simple, mais il faut savoir être patient.
Quelles sont les causes du sol alcalin ?
Le sol alcalin est moins fréquent que les sols acides ou neutres. Il se trouve souvent dans les zones arides ou désertiques où les précipitations sont faibles, ainsi que dans les forêts denses.
L’arrosage avec de l’eau dure favorise souvent l’alcalinité du sol, car cette eau contient du calcaire. L’eau pure a un pH autour de 7, mais selon la région elle peut varier en captant des minéraux de son environnement.
Les eaux de source naturelles ou les eaux de ruissellement en montagne, notamment celles traversant des zones calcaires, tendent à être alcalines.
Dans les zones agricoles, l’utilisation de chaux pour améliorer les sols par les agriculteurs commerciaux peut entraîner un ruissellement qui augmente le pH de l’eau environnante.
Parfois, l’alcalinité du sol est liée aux matériaux utilisés lors des constructions, quand la terre végétale est retirée puis remplacée par des sous-sols alcalins et des matériaux comme le gravier calcaire ou le béton.
Irriguer avec une eau au pH élevé contribue aussi à accentuer l’alcalinité du sol.
Dans certaines régions, l’alcalinité est naturelle et permanente. Les jardiniers de ces zones privilégient alors souvent la culture en pots pour plantes aimant un sol acide.
Quelles plantes poussent bien en sol alcalin ?
Modifier un sol alcalin n’est pas toujours nécessaire. De nombreuses plantes supportent ce type de sol, voire l’apprécient.
Si vous préférez ne pas modifier votre sol, voici une sélection de végétaux qui s’y développent aisément :
- Asperge
- Gombo
- Betterave
- Chou
- Concombre
- Céleri
- Origan
- Chou-fleur
- Persil
- Echinacea
- Lavande
- Zinnia
- Pois de senteur
- Phlox
Comment corriger un sol alcalin ?
De nombreuses plantes ne poussent pas bien sur un sol alcalin. Pour cela, il est nécessaire d’acidifier le sol. Avant toute intervention, réalisez un test de pH pour bien évaluer la situation.
Quel que soit le traitement choisi, laissez toujours le temps aux amendements d’agir, puis refaites un test plusieurs semaines plus tard.
Voici les méthodes efficaces pour corriger un sol alcalin :
1. Ajouter du soufre
Le soufre est l’un des moyens les plus simples et efficaces pour augmenter l’acidité et abaisser le pH du sol. Il se trouve facilement en jardinerie, souvent près des composts ou engrais.
Appliquez de 30 à 90 grammes de soufre élémentaire par mètre carré, en le mélangeant bien avec le compost au préalable.
Plus le sol est argileux, plus la quantité de soufre nécessaire sera importante, contrairement aux sols sableux.
Trois types de soufre sont disponibles :
- Le soufre élémentaire, peu coûteux, mais à action lente
- Le sulfate ferreux, qui enrichit aussi le sol en fer, bénéfique pour les plantes aux feuilles jaunes ou chétives
- Le sulfate d’aluminium, mélange de soufre et ammonium, qui agit plus vite mais nécessite des doses plus importantes
Attention : le soufre peut endommager le sol si mal utilisé. Toujours l’appliquer avec du compost et tester avant de commencer.
2. Incorporer de la tourbe
La tourbe, souvent utilisée dans les mélanges pour bacs potagers, améliore le drainage tout en rendant le sol plus acide.
La tourbe canadienne présente un pH compris entre 3,0 et 4,5, ce qui en fait un excellent amendement organique.
Pour de petites parcelles, déposez une couche de 2,5 à 5 cm puis intégrez-la sur les 20 à 30 cm superficiels du sol avant la plantation.
Attention cependant, la tourbe est une ressource fragile à ne pas utiliser en excès pour limiter son impact environnemental.
3. Utiliser des copeaux ou sciure compostés
Les copeaux ou sciure de bois compostés permettent également de réduire le pH du sol. Ce sont des matériaux organiques peu coûteux qui améliorent la capacité de rétention d’eau, notamment sur des sols sableux.
Les aiguilles de pin compostées sont aussi une option intéressante, mais testez sur une petite surface d’abord, car elles peuvent inhiber certaines cultures, même si elles conviennent bien aux plantes acidophiles comme les myrtilles.
4. Persévérer dans l’amendement
Modifier le pH d’un sol est un processus continu qui demande plusieurs applications successives, souvent répétées chaque année. Sans entretien, le sol redevient rapidement alcalin.
Avant que les amendements agissent pleinement, aidez vos plantes grâce aux apports foliaires. Ces pulvérisations nutritives, à base d’extraits d’algues ou d’émulsions de poisson, fournissent des éléments nutritifs et oligo-éléments rapidement assimilables.
Ces compléments sont temporaires et nécessitent des applications fréquentes, environ toutes les deux semaines en petites doses.
5. Incorporer systématiquement du compost
Le compost n’influence pas directement le pH, mais il agit comme un tampon, aidant le sol à mieux fonctionner même s’il reste alcalin.
Au fil du temps, il améliore l’activité enzymatique et la disponibilité des nutriments, atténuant l’effet néfaste d’un pH élevé.
Cependant, il faut en apporter en grande quantité, surtout si le pH dépasse les 8.
Notez que l’ajout massif de matière organique peut réduire la disponibilité de l’azote, vos plantes peuvent alors présenter des signes de carence si le compost est concentré en une seule fois plutôt qu’étalé dans le temps.
Ce qu’il ne faut pas utiliser sur un sol alcalin
Évitez certains amendements qui, bien qu’utiles en sols acides, aggraveraient un sol déjà alcalin :
- Compost de champignon
- Cendre de bois
- Fumier de poule
- Dolomie
- Chaux agricole
Ces produits ont leur utilité en sol acide, mais ne doivent pas être incorporés dans un sol alcalin.
