Comment palisser arbres et arbustes pour maximiser l’espace de croissance

Comment palisser arbres et arbustes pour optimiser l’espace de culture

La technique du palissage est idéale pour cultiver efficacement des arbres fruitiers dans des espaces restreints. Elle consiste à tailler et guider les branches de l’arbre contre un mur ou une clôture afin qu’elles poussent à plat plutôt qu’en volume.

Si les arbres fruitiers sont le choix classique, cette méthode peut s’appliquer à de nombreuses espèces pour créer des écrans végétaux ou des éléments décoratifs.

Dans cet article, vous découvrirez un guide étape par étape pour former vos arbres, maximiser l’espace de culture et prolonger la saison de croissance.

Qu’est-ce que la technique du palissage ?

Le palissage consiste à entraîner les branches d’un arbre fruitier ou d’un arbuste à pousser sur un plan vertical et plat, généralement soutenu par une structure, grâce à la taille et à la fixation des branches.

Cette méthode s’applique le plus souvent sur des treillis, des clôtures ou des murs, et vise à obtenir une production alimentaire optimisée dans un espace limité.

Par ailleurs, dans les zones tempérées, on peut prolonger la période de fructification ou cultiver des arbres fruitiers dans une zone climatique plus froide que leur zone d’origine en les palissant contre des murs qui renvoient la chaleur.

Le terme « palissage » est d’origine française, dérivé de l’italien « spalliera », désignant un support sur lequel poser une épaule (« spalla »). Il fait référence au fait que les branches reposent sur des attaches et supports en poussant.

Bien que certains attribuent cette technique aux Romains, des fresques égyptiennes anciennes montrent déjà des figuiers palissés le long des murs de jardins, datant d’environ 1550-1295 avant J.-C. Des représentations sumériennes et assyriennes illustrent également des arbres symétriques à branches horizontales chargées de fruits. Cette méthode est donc une tradition millénaire sous diverses appellations.

Quelles espèces conviennent le mieux au palissage ?

Les arbres et arbustes à bois dur, dotés de branches robustes, supportent particulièrement bien la taille et la mise en forme nécessaire au palissage. Les espèces les plus populaires sont :

  • Pommier (y compris le pommier sauvage)
  • Poirier
  • Citrus variés (oranger, citronnier, lime)
  • Olivier
  • Pêcher
  • Nectarine
  • Figuier
  • Prunier

En outre, diverses espèces ornementales se prêtent au palissage, comme le érable du Japon, le cercis, le forsythia, le magnolia, le if, le camélia, le cotoneaster, le genévrier, le viburnum ou le jasmin.

Comment palisser un arbre fruitier ?

Avant de commencer, choisissez le style de palissage désiré et l’espèce adaptée. Les formes les plus usuelles sont l’horizontale, la palmette (éventail), le candélabre et la haie belge. D’autres formes existent, comme les « stepovers », en forme de T ou de U.

Il faut également prévoir les besoins en fertilisation. Si vous ne possédez qu’un seul arbre à palisser, optez pour une variété autofertile, sinon la fructification sera nulle en l’absence de pollinisation croisée. Beaucoup d’arbres requièrent un ou plusieurs sujets pollinisateurs à moins de 6 à 10 mètres, pensez à vérifier.

Matériel nécessaire :

  • Un support vertical solide (mur, clôture)
  • Écrous à œil, supports muraux (et chevilles adaptées selon la nature du mur)
  • Lanières extensibles pour plantes ou bas nylon, pour attacher les branches
  • Arbre(s) d’environ 60 à 90 cm de hauteur
  • Pelle
  • Compost
  • Sécateur
  • Mètre ruban
  • Craie ou crayon de marquage
  • Perceuse et forêt adapté
  • Fil d’acier 12-gauge (environ 9 à 12 mètres)
  • Pince et coupe-fil
  • Gants de travail
  • Couteau bien aiguisé et stérilisé

Étape 1 : mesurer et préparer le mur

Après avoir choisi le mur ou la clôture servant de support, préparez-le pour faciliter la palissade.

Dans les régions tempérées fraîches, peignez le mur en blanc pour maximiser le reflet de la chaleur vers l’arbre.

Choisissez la forme souhaitée, par exemple le cadre horizontal classique. Tracez une ligne verticale d’environ 1,80 m – 2,40 m, correspondant à la hauteur maximale de votre arbre.

Marquez ensuite des repères espacés tous les 40 cm à partir de la base, pour définir les niveaux des branches horizontales.

Tracez ensuite les lignes horizontales à 1,05 m de large à chaque niveau, ce qui donne un cadre structuré pour le guide de croissance de l’arbre.

Pour plusieurs arbres, répétez ces mesures en respectant les espacements.

Pour d’autres formes, adaptez les repères en fonction du motif choisi. Sur un treillis ou grillage, vous pouvez vous dispenser des fixations murales et simplement marquer les points avec de la peinture ou des attaches colorées.

Étape 2 : installer les supports et fils

Percez les trous pour les œillets ou supports selon vos repères, en commençant par un œillet proche du sol, centré sur la ligne verticale du tronc.

Installez un œillet tous les 40 cm verticalement, ainsi qu’aux extrémités horizontales de chaque niveau.

Coupez un morceau de fil un peu plus long que la ligne verticale du tronc. Fixez-le tendu entre l’œillet au sol et celui le plus haut, formant un guide vertical solide.

Répétez les fils sur l’axe horizontal en tendant le câble à travers les œillets, puis fixez-le solidement. Veillez à ce que les fils soient bien tendus.

Certaines personnes préfèrent fixer directement un treillis robuste ou un grillage sur le mur, c’est aussi une bonne option.

Étape 3 : planter l’arbre

Procurez-vous un arbre de 1 à 1,20 mètre de hauteur, disponible en pépinière ou en racines nues en ligne.

Dans les zones tempérées, le printemps, juste après les dernières gelées, est la meilleure période pour planter, mais certains arbres préfèrent l’automne. Renseignez-vous sur vos espèces.

Plantez l’arbre entre 15 et 30 cm du mur pour laisser assez d’espace aux racines et assurer une bonne circulation d’air.

Creusez un trou d’environ 35 cm de profondeur et de largeur équivalente, mélangez la terre extraite avec du compost.

Placez l’arbre puis remplissez avec le mélange terre-compost. Tassez bien et arrosez généreusement.

Pour plusieurs arbres, répétez l’opération.

Étape 4 : débuter le palissage

Attachez le tronc à la ligne verticale avec un lien extensible.

Lorsque l’arbre atteint la première ligne horizontale et que quelques bourgeons apparaissent, pincez la pointe terminale avec un couteau ou un sécateur stérilisé.

Quand les nouvelles pousses font environ 12 cm, attachez-en une à gauche et une à droite aux fils horizontaux, en les pliant doucement. Laissez la pousse centrale continuer à croître verticalement.

Cela stimulera la ramification à hauteur de la première ligne horizontale. Gardez seulement les trois pousses les plus fortes, éliminez les autres.

Continuez à pincer la pousse centrale à environ 12 cm au-dessus de la première ligne horizontale jusqu’à ce que les branches latérales atteignent 60 cm environ.

Puis laissez la pousse centrale aller à la ligne suivante et répétez la même méthode pour former les étages supérieurs.

Étape 5 : entretien et suivi

Identifiez la meilleure période pour tailler l’espèce choisie, généralement après la floraison de printemps, car les bourgeons prédisent les zones de fructification.

Taillez régulièrement pour maintenir la forme et la taille désirées.

Apportez à votre arbre les nutriments adaptés à ses besoins, et inspectez-le fréquemment pour déceler toute maladie ou parasite.

Au fur et à mesure de la croissance, ajustez les attaches et remplacez-les si nécessaire.

Les arbres palissés mûrs doivent rester attachés au support pour éviter qu’ils ne prennent une forme désordonnée.