Comment Transplanter des Champignons en 4 Étapes Simples

Comment Transplanter des Champignons en 4 Étapes Simples

Les champignons sont une culture savoureuse à cultiver, à condition de disposer d’un environnement adapté. Si vous êtes chanceux d’avoir des champignons sauvages sur votre terrain, c’est parfait ! Mais si vous avez un endroit propice sans champignons, il est possible de les transplanter chez vous.

Cette opération est délicate et son succès n’est jamais garanti. Par exemple, j’ai réussi à transplanter des girolles sauvages, mais je n’ai pas encore réussi avec les morilles.

Comme pour tout jardinage, on apprend à chaque expérience. Gardez l’esprit ouvert et le goût d’expérimenter !

Quatre étapes pour transplanter des champignons

Voici ce qu’il faut savoir pour réussir la transplantation des champignons.

1. Le choix du lieu, la clé du succès

Pour transplanter des champignons sauvages, l’essentiel est de reproduire les conditions où ils poussent déjà. Je prendrai l’exemple des girolles (Cantharellus cibarius sensu lato), car ce sont celles que j’ai réussi à cultiver.

Vous pouvez adapter cette méthode à toute autre espèce que vous souhaitez transplanter.

Les girolles s’épanouissent aux pieds d’arbres mixtes de forêts feuillues et conifères. J’habite une région subboréale rurale du Québec, propice à ces champignons.

Le plus grand tapis que j’ai trouvé poussait sous un mélange de bouleaux à papier (Betula papyrifera), de chênes blancs (Quercus alba) et de pins blancs (Pinus strobus).

Comme la plupart des champignons, ils nécessitent des conditions précises : un sol acide avec un pH entre 4 et 5,5, bien qu’ils tolèrent un pH neutre jusqu’à 6,5 ou 7. Ils demandent aussi un sol humide et aéré, typique d’un sous-bois ombragé et riche en humus.

Ayant ce milieu parfait chez moi, j’ai décidé de tenter la transplantation.

Attention : vérifiez bien de ne pas confondre les girolles avec les fausses girolles (Hygrophoropsis aurantiaca), qui ne sont pas mortelles mais peuvent provoquer de fortes troubles digestifs.

2. Préparer le site avant de transplanter

C’est une étape cruciale : préparez bien l’endroit avant de commencer. Pensez-y comme à la préparation d’une recette, où il faut rassembler tous les ingrédients et outils à l’avance.

Le stress de chercher ses outils pendant la plantation peut nuire au résultat.

Assurez-vous d’abord que le lieu choisi reproduit au mieux le site d’origine : effectuez des tests de pH dans les deux endroits, vérifiez la qualité du sol et identifiez correctement les arbres alentours.

Quelques adaptations sont possibles côté mycélium : par exemple, les girolles poussent bien avec la combinaison bouleau + pin blanc, mais tolèrent aussi bouleau + épicéa ou chêne + pin.

Essayez différentes associations pour voir ce qui convient le mieux, tout en gardant en tête que le succès dépendra aussi des aléas climatiques.

Creusez une zone d’environ 60 cm de côté sur 15 à 20 cm de profondeur, idéalement moins d’une heure avant la transplantation. Recouvrez-la d’une bâche pour éviter le dessèchement et préserver le réseau mycélien.

3. Récolter et replanter les champignons

Rendez-vous maintenant sur le site d’origine où pousse le précieux tapis de champignons. Le meilleur moment pour prélever est lorsque les champignons commencent à décliner, car ils ont alors déjà libéré beaucoup de spores dans le sol, ce qui favorise la reprise la saison suivante.

Déployez une bâche propre au sol, puis avec une bêche, délimitez une zone légèrement plus grande que celle creusée sur le site d’accueil (environ 60 x 60 cm, 20 à 25 cm de profondeur).

Soulevez délicatement cette motte riche en mycélium, posez-la sur la bâche et ramenez-la vite sur le site préparé.

Replacez soigneusement la terre à l’endroit choisi, arrosez abondamment et laissez la nature faire son œuvre.

Pour éviter tout piétinement, protégez cette zone temporairement. Les spores ont besoin de temps pour s’implanter sous terre et former un nouveau réseau.

Si tout se passe bien, vous pourrez récolter de nouveaux champignons l’été ou l’automne suivant.

Ne vous découragez pas si rien n’apparaît immédiatement : certaines espèces mettent plusieurs années à s’installer. Parfois, une superbe floraison spontanée peut survenir plus tard.

4. Savoir être patient et délicat

Le plus important lors d’une transplantation est de procéder avec douceur. Informez-vous au préalable pour vous assurer de cueillir des espèces comestibles et non menacées.

La surexploitation a transformé certains sites en véritables déserts alimentaires. Si vous trouvez un tapis abondant, il est éthique de prélever une petite portion pour transplanter.

Par contre, si vous ne voyez qu’un ou deux champignons, laissez-les tranquilles pour qu’ils se multiplient naturellement.

Profitez du processus, amusez-vous et savourez le plaisir que ces champignons peuvent vous offrir !

Propagation par boutures de pieds

Il existe une autre méthode pour propager des champignons : les boutures de pieds (ou « talons »). Peu d’espèces s’y prêtent, mais cela peut réussir avec certaines variétés savoureuses.

Généralement, on coupe la partie inférieure du pied, appelée talon, souvent enlevée dans les champignons achetés en magasin, mais parfois encore présente dans les champignons sauvages ou ceux du marché.

Ces talons peuvent être plantés dans un terreau riche en compost et placés dans les conditions idéales pour favoriser la reprise.

Vous pouvez aussi les disposer dans une boite empilée de cartons ondulés bien imbibés d’eau, refermer la boite et la placer à l’ombre (sous un abri ou un tas de feuilles). Après plusieurs semaines, si le mycélium colonise le carton, vous pourrez le replanter où vous le souhaitez.

Les champignons qui peuvent être propagés ainsi sont notamment :

  • Le prince des champignons (Agaricus augustus)
  • Les morilles (Morchella spp.)
  • Les pleurotes (Pleurotus ostreatus)

Faites toujours vos recherches avant de cultiver ces espèces, car chacune a ses exigences particulières en substrat et conditions de culture.

Si la transplantation échoue, optez pour les spores

La plupart des champignons comestibles sont cultivés à partir de spores, aussi appelées mycélium. Elles s’achètent auprès de fournisseurs spécialisés et se développent dans des conditions adaptées.

Les kits de culture sont idéaux surtout pour des espèces comme les pleurotes, car ils évitent tout risque de confusion avec des champignons toxiques.

Par exemple, le dangereux Amanite phalloïde peut ressembler au champignon de paille comestible. Sa consommation est mortelle en quelques jours.

Pour la culture en extérieur, préférez les spores sur sciure vendues par des fournisseurs réputés. Vous pourrez ainsi les répartir sur une large surface avec un substrat compatible.

Si vous trouvez des champignons mûrs, vous pouvez aussi fabriquer votre propre inoculum. Fabriquer un « grain spawn » est un processus complexe mais, après quelques essais, vous deviendrez un expert.

Enfin, une méthode plus aléatoire consiste à hacher un champignon en pleine production de spores et à disperser les fragments sur un sol humide et riche en humus correspondant à leur habitat naturel. Cette technique rapide offre parfois quelques spores viables, mais le résultat est incertain.

Pour limiter les coûts, vous pouvez partager un kit de culture avec un ami ou un voisin.