Cultiver des pois chiches : guide complet pour planter et entretenir les garbanzo
Si vous aimez le houmous, vous adorez les pois chiches. Ces légumineuses polyvalentes sont un ingrédient de base dans de nombreux plats, du houmous au curry en passant par la soupe minestrone. Si vous souhaitez cultiver quelques denrées durables pour votre garde-manger, les pois chiches méritent leur place sur votre liste.
Faciles à cultiver, riches en nutriments et chargés de bonnes vibrations naturelles, cultiver vos propres pois chiches est véritablement une démarche authentique de retour à la terre. En cultivant seulement 4 à 8 plants par personne, vous pouvez fournir à votre foyer une source simple et végétarienne de protéines pour toute l’année. C’est aussi un moyen efficace de rendre votre maison plus autonome tout en réduisant votre budget alimentaire.
Pois chiche ou garbanzo : quelle différence ?
Les pois chiches font partie de l’alimentation humaine depuis les débuts de l’agriculture, cités dans des textes anciens, des règles monastiques et à travers le Moyen Âge. Mais au 20e siècle, ils ont un peu disparu des jardins, éclipsés par les haricots verts, par exemple.
Aujourd’hui, ils reviennent en force, présents dans la cuisine végane et les snacks croquants. Ceux d’entre nous qui jardinent se demandent pourquoi ils ne cultivent pas de pois chiches depuis plus longtemps.
Les termes pois chiche et garbanzo désignent la même plante. Personnellement, je préfère « pois chiche », mais c’est avant tout une question de goût. Le nom « pois chiche » vient du latin cicer, visible dans le nom botanique Cicer arietinum. « Garbanzo » vient du basque, via l’espagnol, et signifie littéralement « graine sèche ».
Peu importe le nom utilisé, la culture reste identique. Les pois chiches sont un légume simple à cultiver : il suffit de leur offrir du temps, une irrigation régulière et un minimum d’attention pour obtenir une belle récolte.
Premiers pas dans la culture des pois chiches
Les pois chiches ont besoin d’environ 3 à 5 mois sans gel pour bien pousser. Si votre région offre au moins trois mois où la température moyenne oscille entre 10 et 29°C, vous pouvez tenter la culture.
Dans les zones plus chaudes, la plantation s’effectue plutôt à l’automne ou au tout début du printemps. En climat plus froid, préférez une plantation du milieu à la fin du printemps pour une récolte à l’automne.
Ces légumineuses aiment le plein soleil et préfèrent un sol neutre, riche en compost, bien drainé. Veillez à leur offrir suffisamment d’espace pour grandir.
Si votre sol est lourd, incorporez un peu de sable et de compost pour alléger la texture. Bien que les pois chiches, comme toutes les légumineuses, fixent l’azote, ils ont besoin d’un apport suffisant en potassium et en phosphate. N’hésitez donc pas à enrichir votre sol en conséquence.
Si votre sol est pauvre ou compacté, ne comptez pas sur des plants vigoureux. L’os de seiche et un compost équilibré sont d’excellentes sources nutritives pour favoriser leur développement.
Comment semer les pois chiches ?
Vous pouvez semer directement des pois chiches secs achetés en épicerie – pas en boîte, mais secs. Leur taux de germination peut cependant être réduit selon leur vieillissement. Pour plus de fiabilité, préférez des graines issues de fournisseurs spécialisés.
Semi direct
Comme beaucoup de légumineuses, les pois chiches supportent mal la transplantation. Semez-les directement dans un sol réchauffé, au-delà de 10°C. Plantez les graines à environ 2,5 cm de profondeur et recouvrez-les d’un terreau léger.
Certains jardiniers préfèrent créer de petits monticules pour les graines, comme pour les haricots, mais ce n’est pas indispensable.
Faut-il faire tremper les graines ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le trempage avant semis est déconseillé. Les graines risquent de craquer et ne pas germer. Même dures, elles ont juste besoin d’un sol frais et humide pour germer naturellement. Le trempage réduit souvent leur taux de succès.
Espacement
Espacez vos plants d’environ 15 à 20 cm sur la ligne de semis, avec des rangs distants d’au moins 45 cm. Arrosez copieusement après le semis et maintenez un sol humide mais non détrempé.
Les pois chiches détestent la sécheresse, un arrosage régulier est donc indispensable. Privilégiez un arrosage le matin, à la base des plants, afin d’éviter que les jeunes gousses ne tombent et ne pourrissent.
Entretenir vos pois chiches
Une fois levés, les jeunes pieds demandent peu d’entretien. Avec une longue période de croissance, environ 100 jours avant récolte, il faut cependant rester régulier dans l’arrosage et la surveillance.
Arrosage
Un bon arrosage équivaut à environ 2,5 cm d’eau par semaine. Préférez une irrigation à la base des plants plutôt qu’un arrosage aérien qui favorise maladies et chute des gousses.
Eclaircissage
Si le semis est trop dense, éclaircissez sans arracher les plants supplémentaires. Coupez-les au niveau du sol pour ne pas déranger les racines voisines. Sachez que certains jardiniers préfèrent laisser les plants serrés, car ils se soutiennent naturellement et s’entrelacent, formant un support mutuel bénéfique à leur développement.
Fertilisation
Avec une saison longue, un apport nutritif à mi-parcours rendant un engrais équilibré 5-10-10 est bénéfique. Si la saison devient chaude ou sèche, un paillage permettra de conserver fraîcheur et humidité.
Désherbage
Maintenez le sol autour des pois chiches propre en évitant de déranger les racines. L’utilisation de bâches de paillage ou de toiles anti-mauvaises herbes aide à limiter la pousse des adventices. Arracher les mauvaises herbes dès leur apparition évitera qu’elles ne s’installent durablement.
Prédateurs et maladies courants
Pucerons
Les pucerons représentent la menace principale. Ils attaquent directement les plants et peuvent transmettre le virus de la mosaïque. Si vous repérez ces insectes, traitez rapidement avec du savon insecticide, en insistant sur toutes les zones infestées. Renouvelez l’opération chaque semaine jusqu’à disparition complète.
Typhlocybes et acariens
Les typhlocybes et les acariens sont aussi destructeurs. Comme pour les pucerons, plusieurs traitements au savon insecticide, espacés d’une dizaine de jours, sont efficaces.
Mineuse du pois chiche
Ce parasite spécifique (Liriomyza cicerina) creuse des galeries dans les feuilles, laissant des traces disgracieuses. Vous pouvez anticiper en plantant tôt pour profiter des températures fraîches qui les repoussent. Sinon, un traitement à base d’huile de neem, diluée et pulvérisée sur les feuilles toutes les une à deux semaines, limite leur impact.
Maladies
Outre le virus de la mosaïque véhiculé par les pucerons, les pois chiches peuvent souffrir d’anthracnose, de mildiou et de fusariose. Le mildiou peut être combattue avec un fongicide à base de cuivre, la fusariose ne se traitant malheureusement pas.
Pour limiter ces maladies, la prévention est essentielle : jardin propre, feuilles mortes ramassées à l’automne, évitez l’arrosage aérien. Pratiquez la rotation des cultures et ne replantez pas de pois chiches au même endroit avant 3 ans.
Certaines variétés résistantes telles que ‘Dwelley’, ‘Sierra’ et ‘Sanford’ sont recommandées, surtout si vous avez déjà rencontré des problèmes sanitaires.
Récolte des pois chiches
Les plants matures atteignent entre 75 et 90 cm de hauteur. Les gousses se forment près du sommet et la floraison continue jusqu’aux premières gelées. Vous pouvez cueillir des jeunes gousses à manger comme petits pois, mais la plupart des cultivateurs laissent les gousses sécher sur pied pour récolter les graines mûres.
Après cueillette, étalez les gousses pour qu’elles sèchent encore un peu. Les pois chiches bien secs sont durs au toucher, à peine compressibles sous la dent. Une fois secs, ils se conservent plus d’un an.
Utilisez-les comme tous les haricots secs : faites-les tremper une nuit dans de l’eau tiède, puis faites-les cuire jusqu’à tendreté. Ils demandent généralement une cuisson plus longue que les autres haricots. Évitez d’ajouter du sel avant qu’ils ne soient cuits, car cela ralentit leur ramollissement.
