Le secret pour cultiver les fougères avec succès en intérieur ou en extérieur

Le secret pour réussir la culture des fougères, en intérieur comme en extérieur

Les fougères font partie des plus anciennes plantes au monde. Elles existaient déjà à l’époque des dinosaures et continuent de prospérer sur tous les continents.

Si vous aimez les balades en pleine nature, la randonnée ou que vous vivez dans un milieu rural humide, vous avez sûrement déjà aperçu des fougères un peu partout. Vous savez sans doute aussi qu’il est tout à fait possible d’en cultiver chez soi, car elles figurent parmi les plantes d’intérieur les plus appréciées.

Les fougères sont relativement faciles à cultiver, à condition de respecter certaines exigences spécifiques. Voici ce qu’il faut savoir :

Comment propager les fougères

Avant d’aborder la propagation, il est utile de connaître quelques termes botaniques essentiels. D’abord, les fougères n’ont pas de feuilles, mais des frondes. Chaque fronde se compose de pinnules (petites subdivisions ressemblant à des feuilles) et d’un rachis (la tige centrale).

Lorsqu’une fougère est prête à se reproduire, elle forme des spores sous les pinnules, regroupées en amas appelés sores.

Le stipe est la partie inférieure de la fronde qui relie la tige aux racines. Sous la terre se trouve le rhizome principal ainsi que de petites racines. Au printemps, les nouvelles pousses enroulées s’appellent les crosses ou « fiddleheads », et certaines espèces les considèrent même comme comestibles.

Vous pouvez multiplier les fougères par spores ou par division. Sinon, il est possible d’acheter directement des spécimens adaptés à votre région dans les pépinières locales.

Propagation par spores

Cette méthode demande de la patience car le processus est long.

Pour récolter les spores, coupez quelques frondes sur des plantes en bonne santé (avec l’autorisation nécessaire). Vérifiez la présence de spores sous les feuilles, reconnaissables à des amas brunâtres ou cuivrés, principalement au printemps.

Posez les frondes, côté spores vers le bas, sur du papier ciré et placez-les dans un endroit chaud, à l’abri du soleil direct, durant la nuit. Le lendemain matin, tapotez doucement les frondes pour faire tomber la poussière, qui correspond aux spores.

Mélangez en parts égales de la tourbe et du terreau, humidifiez bien, puis saupoudrez les spores sur le dessus. Couvrez avec un film plastique transparent et placez le tout dans un lieu chaud et sombre. Maintenez le sol humide.

Au bout de quelques semaines, une couche verte devrait apparaître sur le substrat. Il s’agit des gamétophytes, où se développent les cellules reproductrices. Continuez à garder le substrat humide jusqu’à ce que de petites frondes émergent. Éclaircissez alors les plants et laissez-les grandir quelques centimètres avant de les repiquer.

Propagation par division

Cette méthode est simple. Trouvez une plante mère généreuse, soit chez un ami, soit dans la nature (en respectant la législation).

Déterrez délicatement la fougère au centre et divisez-la en deux parties. Comblez le trou laissé avec de la terre.

Replantez la partie extraite dans un sol préparé, en prenant soin de ne pas abîmer les racines.

La culture des fougères en intérieur

Voici quelques espèces courantes à cultiver comme plantes d’intérieur :

  • Fougère de Boston (Nephrolepis exaltata)
  • Fougère corne d’élan (Platycerium spp.)
  • Fougère capillaire (Adiantum raddianum)
  • Fougère bouton citron (Nephrolepis cordifolia)
  • Fougère crocodile (Microsorum musifolium)
  • Fougère nid d’oiseau (Asplenium nidus)

Sol et lumière

Les fougères demandent un sol drainant, riche en matière organique. Choisissez un terreau qui retient l’humidité mais offre un bon drainage et utilisez un pot percé.

Indoors, elles tolèrent une lumière faible ou indirecte. Placez-les près d’une fenêtre sans exposition directe au soleil, ce qui brûlerait les frondes.

Des lampes de croissance artificielles peuvent compléter la lumière naturelle, à condition de ne pas les positionner trop près.

Température et humidité

Selon les variétés, la température idéale diffère légèrement :

  • Les fougères tropicales préfèrent entre 15 et 21 °C.
  • Les fougères de climat tempéré supportent parfois des températures aussi basses que 10 °C.

La plupart des intérieurs sont donc parfaitement adaptés.

L’humidité est primordiale. Un air trop sec provoque le brunissement et la chute des feuilles.

Pulvérisez régulièrement de l’eau sur les frondes ou placez le pot sur un plateau rempli de galets et d’eau. Grouper les plantes ou utiliser un humidificateur aide aussi. Une autre astuce consiste à installer la fougère dans une salle de bain, naturellement plus humide.

Arrosage et fertilisation

À l’état sauvage, les fougères poussent sur des sols frais et ombragés. Il faut donc maintenir leur terreau constamment humide, sans excès d’eau.

Au printemps et en été, apportez un engrais liquide dilué (moitié eau, moitié engrais) toutes les quatre semaines. Evitez les concentrations fortes qui peuvent endommager les racines.

En hiver, stoppez la fertilisation.

Les fougères en extérieur

À l’état naturel, les fougères vivent généralement dans les bois et les forêts, où le sol est frais, bien drainé, riche et la lumière tamisée. Les conditions varient toutefois selon les espèces.

Les plus communes sont :

  • Fougère femelle (Athyrium filix-femina)
  • Fougère d’automne (Dryopteris erythrosora)
  • Fougère de Noël (Polystichum acrostichoides)
  • Fougère mâle (Dryopteris filix-mas)
  • Fougère japonaise peinte (Athyrium niponicum)
  • Fougères capillaires (Adiantum spp.)
  • Fougère cannelle (Osmunda cinnamomea)
  • Fougère autruche (Matteuccia spp.)

Ces fougères conviennent parfaitement à la culture extérieure. Vous pouvez également croiser des fougères aigle (Bracken spp.), mais elles peuvent devenir envahissantes selon les régions.

Les fougères peuvent s’adapter à un large éventail de conditions : de très humides à assez sèches, de l’ombre totale au plein soleil.

Le meilleur moment pour planter est souvent le début du printemps, après les dernières gelées.

Sol et lumière

La plupart des fougères préfèrent être installées à l’ombre ou à mi-ombre. Le sol doit être léger, meuble et riche, idéalement un mélange de terre locale, de compost bien décomposé et de graviers.

Bêchez en profondeur (20-25 cm) pour incorporer les nutriments jusqu’aux racines.

Creusez un trou aussi profond que la motte et deux fois plus large. Détachez la plante avec douceur et déposez-la dans le trou en évitant de déranger l’appareil racinaire.

Température et humidité

Certaines espèces résistent aux zones USDA 2 à 11 (-40°C possibles), mais la plupart préfèrent des climats tempérés (zone 5 et plus). Vérifiez toujours les besoins spécifiques de la variété choisie.

Dans les régions sèches, la culture de fougères est plus délicate. Les fougères aigle tolèrent mieux la sécheresse surtout à l’ombre, mais renseignez-vous sur les espèces adaptées.

Pour un peu plus d’humidité ambiante, pensez à planter près d’un point d’eau (mare, ruisseau), tout en évitant que les racines ne baignent trop longtemps.

Arrosage et fertilisation

Les fougères aiment les sols frais mais détestent les excès d’eau stagnante.

Contrôlez l’humidité en enfonçant un doigt dans la terre : celle-ci doit être humide, comme une éponge bien essorée. Arrosez si c’est sec, et attendez quelques jours si c’est détrempé.

L’humidité prolongée favorise les maladies.

Fertilisez au printemps avec un engrais à privilégier pour feuillage (comme un engrais à base de poisson et algues). Appliquez après le déroulement des crosses.

Les parasites et maladies à surveiller

Les fougères sont généralement résistantes, mais certains ravageurs et problèmes peuvent survenir.

Parasites

Les limaces et escargots sont des nuisibles fréquents en extérieur. Utilisez des granulés adaptés et respectueux de la faune locale pour les éloigner.

À l’intérieur, des pucerons ou cochenilles peuvent s’installer. Inspectez régulièrement les feuilles et traitez avec de l’huile de neem ou une huile horticole pour limiter leur développement. En cas d’infestation forte, retirez les parties touchées pour protéger la plante entière.

Maladies

Un excès ou un manque d’arrosage, ainsi qu’une fertilisation inadaptée, provoquent souvent le jaunissement des frondes.

Les maladies courantes sont :

  • Pourriture des racines : provoquée par des champignons du genre Pythium, elle entraîne le brunissement et la mort des feuilles. Traitez avec un fongicide à base de cuivre.
  • Nématodes : spécifiquement les nématodes foliaires (Aphelenchoides fragariae), difficiles à éradiquer. Ils apparaissent sous forme de taches brunes ou vert foncé qui s’étendent. Incisez ou éliminez les frondes atteintes.
  • Brûlure due à Rhizoctonia solani : taches brunes irrégulières qui grossissent et fusionnent. Traitez là aussi avec un fongicide cuivré.

Les plantes compagnes idéales avec les fougères

Dans le jardin, les fougères s’intègrent parfaitement en massifs associés à des plantes compatibles comme :

  • Astilbes
  • Caladiums
  • Hostas
  • Barrenwort (Epimedium)

En intérieur, évitez de les associer avec des plantes aimant la sécheresse telles que les sansevières, aloès, succulentes ou peperomias.

Les fougères cohabitent bien avec des calathéas, pothos, philodendrons, chlorophytums ou bégonias.

Utilisations des fougères

En extérieur, les fougères se prêtent idéalement aux massifs denses, seules ou en association avec d’autres plantes. Leur présence est d’autant plus belle qu’elles remplissent les zones ombragées et les expositions nord. Certaines espèces peuvent rapidement coloniser une surface, ce qui peut être utile pour garnir un terrain clairsemé.

En intérieur, elles peuvent être cultivées en pot unique ou en groupe pour un bel effet visuel.

Au printemps, les crosses d’osmonde ou de fougère femelle sont comestibles, à condition d’identifier correctement la plante (demandez conseil à un expert). Prélevez quelques crosses bien enroulées et serrez, sans laisser s’ouvrir la crosse. Faites-les revenir au beurre, assaisonnez et régalez-vous !