Les bases de la création d’un jardin symbiotique

Les essentiels pour créer un jardin symbiotique

Si vous souhaitez cultiver un jardin prospère avec peu d’intervention humaine, viser une harmonie symbiotique est une excellente stratégie.

Quand on évoque les relations symbiotiques, à quoi pensez-vous ? Peut-être au poisson-clown et à l’anémone dans le film « Le Monde de Nemo ». Le poisson-clown et l’anémone bénéficient mutuellement de leur relation.

Le compagnonnage entre légumes et herbes aromatiques est aussi une forme de symbiose.

Prêt à comprendre cette démarche et à instaurer cet équilibre dans votre jardin ? Suivez le guide.

Que signifie vraiment « symbiotique » ?

La symbiose désigne simplement une coexistence durable entre deux espèces qui s’influencent mutuellement. On distingue trois types principaux :

  • Le mutualisme, où les deux espèces tirent avantage de leur association.
  • Le parasitisme, quand une espèce profite au détriment de l’autre.
  • Le commensalisme, où une espèce bénéficie sans affecter l’autre.

Dans cet article, le terme « symbiose » désignera systématiquement le mutualisme, qui est la forme la plus fréquente.

Exemple : les pucerons qui se nourrissent des plantes sans rien offrir en retour relèvent du parasitisme. Inversement, les corbeaux qui suivent les loups pour récupérer les restes de leurs proies illustrent le commensalisme.

Pour le mutualisme, pensez à planter des tomates à côté du basilic. Les nutriments libérés par les tomates favorisent la croissance du basilic, tandis que ce dernier attire les pollinisateurs et repousse les chenilles de la tomate.

Exemple 1 : les champignons mycorhiziens

À l’instar du poisson-clown et de l’anémone, les champignons mycorhiziens tissent une relation bénéfique avec les racines des plantes.

Ces champignons s’enroulent autour des racines et facilitent l’absorption des nutriments, notamment l’azote et le phosphore. Ils sont particulièrement utiles pour le maïs, la courge, le concombre, les solanacées, les alliums, les laitues, les herbes aromatiques et les carottes.

En échange, les plantes libèrent des glucides que les champignons utilisent comme nourriture. Cette symbiose idéale profite à chacun.

Cependant, certaines situations peuvent déséquilibrer cette relation, notamment avec des espèces fongiques qui tirent plus d’avantages que les plantes, comme c’est parfois le cas pour le blé et certaines céréales. Par ailleurs, certaines plantes, telles que les betteraves, ne bénéficient pas de ces champignons.

Pour favoriser leur développement, privilégiez un jardin sans retournement du sol, en méthodes comme le no-till, la culture en lasagnes ou hugelkultur. Cela protège les champignons qui vivent dans le sol et évite leur exposition au soleil.

Exemple 2 : l’association de plantes compagnes

C’est probablement l’exemple le plus simple et accessible de jardinage symbiotique, adaptable à tous types d’espaces et climats.

Si vous avez déjà expérimenté les « trois sœurs », vous connaissez ce type de symbiose tripartite, où chaque plante profite de la proximité des autres sans en souffrir.

Pour approfondir le sujet des associations végétales, n’hésitez pas à consulter des articles spécialisés ou des ouvrages de permaculture. Prenez le temps de bien vous informer, c’est un élément clé du jardinage durable.

Je recommande notamment le livre Teaming with Nutrients de Jeff Lowenfels, ainsi que ses autres ouvrages Teaming with Microbes et Teaming with Fungi, qui explorent en détail la culture de jardins symbiotiques et les relations complexes entre plantes.

Pour illustrer, mon partenaire et moi souhaitons planter des noyers noirs, mais ceux-ci produisent une substance toxique nommée juglone. Les arbustes de papaw, eux, y sont résistants et prospèrent à leurs côtés. Ils attirent les pollinisateurs, et leurs feuilles tombées forment un paillis naturel autour des racines du noyer. Voilà un bel exemple de jardinage symbiotique.

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Exemple 3 : saumon et myrtilles

Inspirons-nous à nouveau de Nemo pour observer la symbiose possible en aquaponie.

Dans une ferme piscicole de saumons entourée de myrtilliers, les racines des arbustes plongent dans l’eau pour absorber les nutriments issus des déjections des poissons.

Ces nutriments nourrissent les myrtilliers qui purifient également l’eau du bassin. Les baies tombent dans l’eau, où les saumons en raffolent. Cette interaction est donc gagnant-gagnant.

Exemple 4 : mangeoires et bains pour oiseaux

Vous vous demandez quel lien un bain ou une mangeoire à oiseaux peut avoir avec le jardinage symbiotique ? Soyez attentif.

Vivre en harmonie avec la nature implique de reconnaître que la présence de nombreuses espèces contribue à l’équilibre du jardin.

Accueillir les oiseaux ne se limite pas à profiter de leurs chants. Ils sont aussi de précieux alliés pour protéger vos cultures.

Maintenir vos bains et mangeoires en bon état attire une grande variété d’espèces qui vont aussi explorer vos plantations et infrastructures.

  • Les corvidés, comme les geais, pies et corbeaux, dévorent les larves de guêpes et détruisent leurs nids, limitant ainsi la prolifération des guêpes dans votre jardin.
  • Les petits oiseaux comme les Troglodytes, moineaux et chardonnerets apprécient les coléoptères, sauterelles et chenilles, qu’ils capturent pour nourrir leurs petits.
  • Les oiseaux de taille moyenne, tels que les rouges-gorges ou les grives, fouillent le sol pour trouver des larves de scarabées japonais.

En attirant ces oiseaux, vous stimulez un cercle vertueux où vos plantes grandissent mieux, les oiseaux trouvent leur nourriture et l’équilibre naturel s’installe.

Pensez à installer les mangeoires dans les arbres, où les oiseaux seront protégés des prédateurs comme les rapaces. De même, placez les bains à l’abri des attaques aériennes tout en permettant aux oiseaux de voir les menaces au sol comme les chats ou renards.

Adaptez votre jardin au terrain dont vous disposez

Nombreux sont ceux qui tentent de forcer leur jardin à produire uniquement ce qu’ils désirent, oubliant de s’adapter à la nature du terrain.

Cette approche va à l’encontre du jardinage symbiotique.

Il faut apprendre à écouter son terrain pour devenir un véritable gardien, et non un dominateur.

J’ai eu la chance de cultiver des jardins dans divers environnements. Cette expérience m’a appris à comprendre les besoins du sol et de l’écosystème local pour choisir les espèces les plus adaptées.

Dans une zone aride comme la Californie rurale, optez pour des plantes résistantes à la sécheresse, favorisez les associations qui aident à conserver l’humidité, et encouragez les pollinisateurs locaux.

À l’inverse, dans un jardin en région tempérée comme dans le nord de l’Angleterre, privilégiez des espèces rustiques qui se protègent mutuellement et apportent un sol nourrissant.

Choisissez, autant que possible, des variétés anciennes adaptées à votre région, que ce soit au niveau du climat, du sol ou des précipitations. Par exemple, des plantes méditerranéennes s’épanouiront bien au Texas, tandis que des espèces d’Europe du Nord réussiront mieux au Canada ou dans le Midwest des États-Unis.

Passez du temps à observer votre jardin, à comprendre ses messages. La transformation de votre espace en un véritable paradis dépend de votre capacité à vous y intégrer en ami, plutôt qu’en conquérant.

Références

1. Wright DP, Read DJ, Scholes JD. Mycorrhizal Sink Strength Influences Whole Plant Carbon Balance of Trifolium repens L. Plant, Cell and Environment 1998; 21: 188-191.

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