Mineuses de feuilles : Comment les identifier, les combattre et les prévenir dans votre jardin

Les tordeuses : comment les identifier, les combattre et les prévenir au jardin

Levez la main si vous avez déjà rencontré ce ravageur agaçant qu’est la tordeuse. Si vous débutez en jardinage, il ne faudra pas longtemps avant de les croiser. Pour les jardiniers plus expérimentés, elles sont sans doute bien connues.

Les tordeuses ne causent généralement que peu de dégâts, mais certaines années, leur prolifération est telle qu’elles deviennent un véritable fléau. Elles peuvent aussi affaiblir les plantes déjà fragilisées par d’autres parasites ou maladies.

Qu’est-ce qu’une tordeuse ?

Les tordeuses ne constituent pas une espèce unique de papillons ou de larves. Il s’agit des larves de plusieurs espèces appartenant à la famille des Tortricidés, apparentées aux carpocapses et aux chenilles des bourgeons d’épinette.

Ces chenilles construisent leur nid en enroulant une feuille autour d’elles, qu’elles maintiennent solidement avec des fils de soie.

À l’intérieur, elles se nourrissent en creusant des trous dans la feuille enroulée. Parfois, elles ajoutent plusieurs feuilles pour former un abri plus grand.

Les tordeuses se camouflent parfaitement : elles peuvent être brunes, grises, beige ou vertes, ce qui leur permet de se fondre dans la végétation.

Les plantes préférées des tordeuses

Les tordeuses s’attaquent principalement aux arbres fruitiers et ornementaux. La plus courante est la tordeuse du pommier (Archips argyrospila).

Voici les principales plantes qu’elles infestent :

  • Pommier
  • Poirier
  • Prunier
  • Amandier
  • Agrumes
  • Coing
  • Noyer
  • Erable à giguère (Box Elder)
  • Orme
  • Érable
  • Peuplier
  • Bouleau
  • Frêne
  • California Buckeye
  • Saule
  • Rosier

D’autres tordeuses, comme la tordeuse omnivore (Platynota stultana) et la tordeuse orange (Argyrotaenia franciscana), touchent aussi plusieurs arbres fruitiers. La tordeuse pandémis (Pandemis pyrusana), souvent présente en bord de mer, ainsi que la tordeuse oblique (Choristoneura rosaceana) et la tordeuse brune du pommier (Epiphyas postvittana) sont aussi fréquentes.

Le cycle de vie de la tordeuse

La vie d’une tordeuse se divise en quatre étapes. La plus dommageable pour les plantes est celle des larves, qui se nourrissent activement. C’est cette phase qu’il faut cibler pour limiter les dégâts.

Les œufs

Les tordeuses pondent leurs œufs en grappes sur les petites branches et rameaux. Ces œufs, à raison de plusieurs centaines parfois, sont recouverts d’une substance grise collante qui les maintient ensemble. Cette substance blanchit avant l’éclosion.

Les larves ou chenilles

Au printemps, de petits trous apparaissent dans la couche adhésive et les chenilles éclosent. Elles vivent et se nourrissent à l’intérieur des feuilles enroulées, maintenues par leurs fils de soie. Si on les dérange, elles peuvent se débattre vigoureusement ou descendre au sol suspendues à un fil.

Les larves peuvent atteindre entre 1 et 2,5 centimètres environ.

La chrysalide

La tordeuse se transforme en chrysalide à l’intérieur de son cocon fait de feuilles roulées et maintenues par la soie.

Le papillon adulte

Le papillon adulte mesure généralement environ 1,5 cm. Son envergure peut atteindre jusqu’à 2,2 cm.

Certains papillons pondent leurs œufs qui passent l’hiver, mais dans la plupart des cas, leur activité culmine en juin.

Reconnaître les dégâts causés par les tordeuses

Les larves rendent les feuilles jeunes et tendres déchiquetées, avec un aspect irrégulier. Fidèles à leur nom, elles enroulent les feuilles autour d’elles avec des fils de soie.

En cas d’infestation massive, elles peuvent provoquer une défoliation importante. Il est fréquent qu’une plante soit entièrement recouverte de fils soyeux. Lorsqu’une plante est défoliée, les larves peuvent migrer vers d’autres plantes.

Les tordeuses attaquent aussi les fruits, provoquant la chute des jeunes fruits ou laissant des cicatrices sur les fruits plus mûrs, sous forme de surfaces surélevées aux teintes dorées, jaunes ou bronzes.

Heureusement, elles ne pénètrent jamais à l’intérieur du fruit, contrairement au carpocapse.

Par ailleurs, d’autres ravageurs provoquent des dégâts similaires, mais ne tissent pas ces fils soyeux caractéristiques.

Enfin, une plante saine peut généralement se remettre d’une défoliation causée par les tordeuses. Néanmoins, en cas de forte infestation, une intervention s’impose.

4 méthodes naturelles pour se débarrasser des tordeuses

Privilégiant toujours les solutions biologiques pour mes cultures, je déconseille d’emblée les traitements chimiques. Mais en cas d’échec, certains traitements conventionnels peuvent être envisagés.

Bacillus thuringiensis

Le Bacillus thuringiensis (Bt) est une bactérie naturelle du sol, souvent utilisée dans les pesticides biologiques. Elle produit une toxine mortelle pour les larves de tordeuses.

Le Bt est disponible soit sous forme pure, soit en composant de certains produits. On l’applique avant que les chenilles ne s’enroulent dans les feuilles, car le spray pénètre mal dans ces abris. Certains jardiniers recommandent alors d’utiliser un pulvérisateur haute pression pour atteindre l’intérieur des feuilles.

Élimination des œufs

Bien que cette tâche semble ardue au regard de la taille des œufs, elle reste efficace pour limiter les populations.

Entre la fin du printemps et le début de l’été, il faut surveiller la présence d’œufs sur les feuilles, parfois sur leurs faces inférieure et supérieure.

Les œufs se reconnaissent à leur disposition en rangées serrées et alignées, ressemblant à des écailles de poisson parfaitement imbriquées.

Lorsqu’ils sont repérés, il faut les écraser, gratter ou brûler. Il est aussi possible d’enlever les feuilles infestées, en prenant soin de ne pas les disperser dans le jardin mais de les éliminer hors sol, voire par incinération.

Huile de neem

Je recommande vivement l’utilisation de l’huile de neem. Ce traitement est à appliquer régulièrement avant et pendant la saison de croissance, sans attendre un effet immédiat.

Il convient de pulvériser tôt le matin ou en soirée, lorsque les insectes auxiliaires sont moins actifs, afin de protéger les pollinisateurs comme les abeilles.

Respectez bien les dosages et les consignes indiquées sur le produit.

Guêpes Trichogramma

Les guêpes Trichogramma sont de minuscules auxiliaires, très efficaces et écologiques pour lutter contre les tordeuses et plus de 200 autres papillons et chenilles.

Ces guêpes pondent leurs œufs à l’intérieur des œufs de tordeuses, empêchant ainsi l’éclosion des chenilles.

Jusqu’à cinq œufs de guêpes peuvent être contenus dans un seul œuf de tordeuse. Une fois adultes, les guêpes vivent environ 14 jours, pendant lesquels elles parasitent de nouveaux œufs.

Très populaires aux États-Unis, elles sont vendues sous forme d’œufs fixés sur des cartes à suspendre dans le jardin. Différentes espèces existent selon les plantes et les situations, renseignez-vous avant l’achat.

Personnellement, j’utilise surtout Trichogramma brassicae dans vergers et plantations.

Reconnaître les différentes tordeuses

Pour le jardinier amateur, il est difficile d’identifier précisément la tordeuse à partir de la simple observation. Voici néanmoins un guide rapide :

  • Dans les vallées chaudes et intérieures, où poussent vignes, ornementaux et arbres fruitiers, vous rencontrerez souvent la tordeuse du pommier, la tordeuse omnivore ou la tordeuse oblique.
  • En zones côtières plus fraîches, où poussent ornementaux, arbres fruitiers et plantes non cultivées, ce sont plutôt la tordeuse brune du pommier, la tordeuse orange ou la tordeuse pandémis qui sont présentes.

Pourquoi distinguer les espèces ?

La tordeuse du pommier produit une seule génération par saison. Ainsi, en la voyant, il n’est souvent pas nécessaire d’intervenir, sauf en cas d’infestations massives.

La tordeuse oblique, quant à elle, hiverne sous forme de larve sous les écailles des bourgeons et peut avoir jusqu’à trois générations annuelles.

La tordeuse pandémis peut provoquer l’abandon des fruits ou laisser ceux-ci cicatrisés et déformés. Elle peut engendrer jusqu’à deux générations par an.

Les larves changent souvent de feuille juste avant la chrysalide, ce qui complique leur contrôle.

La difficulté à maîtriser les tordeuses vient donc de leur diversité, des dégâts variés qu’elles causent et du fait que leur présence ne signifie pas toujours un problème majeur chaque année.

C’est pourquoi je recommande de choisir une méthode de lutte adaptée et de s’y tenir saison après saison.

Personnellement, j’alterne selon les années entre huile de neem pour un contrôle régulier et guêpes Trichogramma pour un traitement naturel. Mon objectif n’est pas d’éliminer totalement les tordeuses mais de contrôler leur population et limiter les dégâts.