Planter et cultiver la vesce velue : comment réussir cette incroyable culture de couverture

Comment cultiver la vesce velue : un couvert végétal exceptionnel

À l’automne, lorsque beaucoup de jardiniers laissent reposer leurs parcelles, certains sèment des engrais verts pour améliorer la qualité du sol. La vesce velue, malgré son nom peu engageant, est une plante magnifique et très efficace pour cette pratique hors saison.

Un bon engrais vert protège le sol de l’érosion, l’aère et enrichit ses nutriments. La vesce velue remplit ces fonctions avec brio, tout en étouffant les mauvaises herbes.

Qu’elle soit cultivée seule ou associée au seigle, la vesce est une excellente source d’azote pour le sol. Chaque fois que je planifie des améliorations pour mon potager, la vesce me vient à l’esprit, et j’attends avec impatience ses fleurs violettes qui illuminent le printemps.

La vesce, un engrais vert idéal

J’ai découvert les engrais verts lorsque mon mari a fait un apprentissage dans une ferme biologique au sud de la Nouvelle-Angleterre. Là-bas, l’agriculteur semait chaque automne un mélange de seigle et de vesce velue (Vicia villosa) avant de les enfouir dans le sol au dégel.

Si vous n’avez jamais planté d’engrais vert, voici un bref aperçu. Ces cultures servent à protéger et enrichir la terre pendant la période de repos du jardin. Elles préservent le sol de l’érosion causée par le vent, la pluie et la neige hivernale.

Les engrais verts vont aussi restaurer certains éléments nutritifs prélevés durant la saison de culture. On parle souvent de ces plantes comme de « fumure verte ».

Il s’agit généralement de céréales d’hiver ou de légumineuses, semées à l’automne puis enfouies au printemps avant les plantations. La vesce fait partie de la famille des légumineuses, tout comme les arachides ou la luzerne.

La floraison précoce de la vesce au printemps pousse certains jardiniers à la retourner avant qu’elle ne fleurisse, afin d’éviter qu’elle ne se ressème sur place.

Cependant, les fleurs sont particulièrement jolies et un précieux fourrage pour les abeilles, qui apprécient ces premières sources de nectar au sortir de l’hiver. Il est donc tout à fait possible d’attendre la floraison avant de l’incorporer au sol.

Préparer et semer la vesce velue

Pour installer un engrais vert, commencez par nettoyer votre parcelle des résidus de la saison précédente. Arrachez les plantes fanées, retirez feuilles mortes et débris, puis labourez la terre. Si vous disposez d’un motoculteur ou d’une bêche mécanique, utilisez-les pour ameublir le sol.

J’aime profiter de ce travail pour incorporer des amendements : un peu de cendre de bois de l’an passé, quelques poignées de compost bien décomposé, puis je retourne le tout jusqu’à obtenir une texture légère et friable.

Une fois le sol prêt, épandez vos graines de vesce le plus rapidement possible. Cela évitera aux mauvaises herbes de germer et d’étouffer votre culture.

Comptez entre 500 g et 1 kg de graines par 100 m². Pour une surface plus petite, adaptez les quantités à environ 250 g pour 40 à 50 m² ou 125 g pour 10 à 30 m².

Épandez-les uniformément, éventuellement en délimitant des zones carrées de 3×3 mètres pour mieux visualiser. Puis recouvrez-les d’une fine couche de terre, environ 1 cm, et arrosez généreusement. N’hésitez pas à revenir arroser une seconde fois pour bien humidifier la couche inférieure sans provoquer de flaques.

Si vous souhaitez semer un mélange de vesce et de seigle, mélangez les graines avant leur dispersion pour favoriser un enracinement simultané.

Quand semer la vesce velue ?

Pour qu’elle pousse suffisamment avant l’hiver, la vesce se sème environ 30 à 40 jours avant la première gelée dure attendue. Dans nos régions tempérées, cela correspond souvent au début septembre.

Il est aussi possible de semer la vesce au début du printemps pour une floraison estivale, ou en début juillet si vous la destinez à l’alimentation animale. L’usage principal reste toutefois le couvert hivernal, mais la vesce offre plusieurs options selon vos besoins.

Si vous semez trop tard, juste avant une gelée précoce, pas d’inquiétude. Elle reprendra souvent sa croissance au printemps suivant, même si elle aura un peu de retard.

La vesce velue résiste à des températures jusqu’à -28 °C et s’adapte donc parfaitement à des climats froids, jusqu’à la zone USDA 3.

Le sol idéal pour la vesce

Cette plante n’apprécie pas les sols lourds et mal drainés. Si votre terrain est compact ou retient l’eau, il vaudra mieux choisir un autre engrais vert.

De manière optimale, la vesce préfère un sol léger, bien drainé, avec un pH compris entre 6,0 et 7,0. Elle peut toutefois s’adapter à des conditions moins favorables, à condition que le drainage soit suffisant.

Elle s’épanouit surtout en plein soleil ou à mi-ombre, surtout lorsqu’elle est semée avant l’hiver. Plus elle bénéficie de lumière, plus elle s’implante rapidement et solidement.

La vesce en automne, hiver et printemps

Une fois semée, la vesce germe et commence à se développer. Si vous l’utilisez uniquement comme couvert végétal, il n’est pas nécessaire d’éclaircir. En revanche, pour profiter de ses jolies fleurs, espacez les plants d’environ 7 cm.

Elle pousse lentement à l’automne, mais continue son développement toute l’hiver, même sous la neige. Au printemps, la vesce est bien établie et sa croissance s’accélère. Ses tiges franches mesurent rarement plus de 90 cm, mais ses longues tiges grimpantes peuvent atteindre jusqu’à 4 mètres.

Associée à une céréale comme le seigle, la vesce s’enroule naturellement autour des tiges de support.

Laissez-la pousser jusqu’à environ trois semaines avant la plantation des cultures d’été. Beaucoup de producteurs préfèrent la couper avant floraison pour éviter une auto-ensemencement, mais rien ne vous empêche d’attendre la floraison pour profiter de leur beauté.

Les ravageurs de la vesce

Le principal avantage de cette culture hors saison est son bon comportement face aux nuisibles. L’hiver élimine la plupart des maladies et insectes nuisibles avant qu’ils n’aient eu le temps de se développer.

Cependant, en fin d’automne et au début du printemps, certains problèmes peuvent survenir.

Pucerons

Ces petits insectes peuvent affecter la vesce comme beaucoup d’autres plantes. Au moindre signe de colonisation, pulvérisez un savon insecticide sur la face inférieure des feuilles.

En cas de grande surface à traiter, complétez avec de l’huile de neem. Celle-ci limite la reproduction rapide des pucerons et leurs infestations à grande échelle.

Limaces et escargots

Les limaces et escargots sont fréquents dans les jardins humides printaniers. Pour les contrôler, installez des pièges à bière enterrés au niveau du sol. Ces petits pièges attirent insectes et gastéropodes, qui y meurent noyés.

Si vous avez des canards dans votre jardin, lâchez-les parmi vos cultures. Ils sont d’excellents prédateurs de limaces et escargots et ne causent pas de dégâts importants à la vesce bien établie.

En revanche, évitez cette méthode à l’automne où les canards risqueraient de manger les jeunes pousses.

Récolte et utilisation de la vesce velue

Une fois la croissance terminée et avant les premières plantations, coupez la vesce à la base et laissez les tiges mortes au sol. Récoltez après environ deux mois de croissance printanière, en coupant le plus près possible de la terre.

Les tiges sècheront en une semaine, après quoi vous pourrez les enfouir dans le sol. Cette matière organique améliore la structure du terrain, facilite le drainage et libère lentement ses nutriments.

Cette fumure verte constitue un excellent support pour des cultures gourmandes en azote, comme la tomate ou le maïs.

La vesce peut également être utilisée comme fourrage pour les chèvres, lapins et poules, mais il est préférable de ne jamais la donner aux chevaux ou bovins.