Que sont les chenilles de la spongieuse et comment se débarrasser de ce ravageur ?

Chenilles de la spongieuse : identification et méthodes pour s’en débarrasser

Cette année, les chenilles de la spongieuse ont causé de sérieux dégâts dans ma région.

La production d’érable à sucre est un pilier de l’économie locale et, comme ces chenilles se nourrissent particulièrement des érables, cela a représenté un coup dur pour les producteurs de sirop.

Avant cette année, je n’avais jamais entendu parler de ce ravageur, pourtant très répandu, qui affecte les arbres dans presque tous les États-Unis ainsi qu’au Canada.

Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce parasite destructeur et comment protéger vos arbres et plantes.

Qu’est-ce que la chenille de la spongieuse ?

Les chenilles de la spongieuse sont de redoutables nuisibles en zones rurales, urbaines et en forêts. Ce sont les chenilles, et non les papillons, qui posent problème, car elles sont à un stade larvaire immature.

Elles se nourrissent principalement des feuilles d’arbres, avec une préférence marquée pour les chênes, mais elles attaquent aussi bien d’autres espèces végétales.

Parfois, les infestations sont si fortes que les arbres en sont complètement dépouillés de leur feuillage. Ce phénomène a lieu surtout au printemps et au début de l’été. En fin d’été, les chenilles forment des cocons rouge-brun et finissent leur transformation en papillons vers juillet-août. Ces derniers vivent seulement quelques jours, le temps de se reproduire, sans se nourrir.

Les femelles pondent des masses d’œufs en juillet ou août, qui passent l’hiver sur les arbres ou autres supports, puis éclosent au printemps suivant, relançant ainsi le cycle.

Quelles plantes sont concernées ?

Ces chenilles se nourrissent de plus de 300 espèces d’arbres, notamment les chênes, érables, peupliers, pommiers, bouleaux, tilleuls, saules, et bien d’autres.

Parmi les espèces favorites :

  • Chêne
  • Saule
  • Peuplier
  • Pommier
  • Bouleau blanc
  • Tamarack
  • Noisetier
  • Tilleul
  • Montagne d’ash
  • Pine
  • Érable
  • Nougat
  • Hickory
  • Marronnier
  • Prusse
  • Cerisier
  • Orme
  • Bouleau noir et jaune
  • Hêtre
  • Peuplier
  • Ironwood
  • Érable négondo

Au contraire, elles évitent habituellement :

  • Cornouiller
  • Platane
  • Catalpa
  • Liriodendron tulipifera
  • Cèdre rouge
  • Pine écossais
  • Robinia (locust)
  • Sapins baumier
  • Frêne vert, noir ou blanc

Reconnaître une infestation de chenilles de la spongieuse

Les signes d’attaque sont facilement identifiables.

La première indication est la présence des larges chenilles poilues sur les arbres. Leur dos porte des taches bleues et rouges alternées, entourées de longs poils foncés.

Ces chenilles peuvent se nourrir du printemps à l’été, avec un pic d’activité de la mi-mai jusqu’à juillet.

Leur appétit vorace peut complètement dépouiller un arbre de ses feuilles. Une disparition soudaine et massive du feuillage est donc un signal d’alerte majeur.

Autres parasites ressemblants

Ces chenilles ne doivent pas être confondues avec la chenille processionnaire de l’Est, qui a aussi une activité au printemps-été mais cause rarement des défoliations importantes. De plus, cette dernière construit des tentes soyeuses dans les branches, ce qui permet de la différencier facilement.

De la même manière, la chenille de la tenthrède d’automne, qui tisse des toiles dans les arbres à la fin de l’été, n’entraîne pas de défoliations complètes.

Un feuillage sévèrement dégradé

Un arbre attaqué peut paraître mort, mais souvent il ne l’est pas. Il peut produire un second feuillage avant l’été, suffisant pour le faire tenir jusqu’à la prochaine saison.

Cependant, ce brin d’espoir peut devenir une charge lourde. Une défoliation importante fragilise beaucoup l’arbre. S’il est en bonne santé autrement, il s’en sortira probablement. En revanche, si d’autres facteurs de stress (maladies, sécheresse ou conditions difficiles) s’ajoutent, l’arbre pourrait périr.

Les conifères sont particulièrement sensibles aux assauts répétés des chenilles, souvent mortels pour eux. Heureusement, les chenilles de la spongieuse évitent généralement ces essences, sauf en cas d’infestation très intense et après épuisement des arbres préférés.

Comment prévenir la présence des chenilles de la spongieuse ?

Plusieurs mesures peuvent limiter les dégâts causés par ces chenilles. Voici les plus efficaces.

1. Chercher et éliminer les masses d’œufs

S’il est trop tard cette année pour agir sur les œufs, vous pouvez anticiper la prochaine saison en inspectant votre terrain durant l’été et l’automne.

Les œufs sont déposés sur les troncs, mais aussi sur le bois de chauffage ou le mobilier extérieur.

Lorsque vous les repérez, grattez-les pour les plonger dans un seau d’eau savonneuse. Ils peuvent aussi être enterrés ou brûlés. Ne les laissez jamais à découvert, car ils résistent à l’hiver et écloront au printemps.

2. Les pièges à phéromones

Certains utilisateurs vantent l’efficacité des pièges à phéromones mais ces dispositifs servent principalement à détecter la présence des papillons, pas à les éliminer.

Les pièges peuvent donc vous localiser les foyers d’infestation, mais ne suffisent pas pour éliminer les chenilles sans mesures complémentaires.

3. Maintenir un jardin propre

Un terrain soigné ne réduira pas directement le nombre de chenilles, mais facilitera la détection des œufs et autres signes d’infestation.

4. Favoriser les ennemis naturels

L’introduction ou l’accueil de prédateurs naturels dans votre jardin aide à limiter ces ravageurs. Les oiseaux, souris et insectes prédateurs s’attaquent aux papillons, œufs et chenilles.

Des insectes parasitoïdes ciblent aussi ces stades, les parasitant jusqu’à leur suppression.

Évitez les insecticides à large spectre qui suppriment ces alliés précieux. Aménagez un environnement favorable aux prédateurs en installant des points d’eau, en distribuant des graines pour oiseaux et en créant un habitat accueillant.

5. Installer une barrière

Pour limiter la montée des chenilles dans la canopée, des barrières commerciales spéciales existent. Une alternative simple et économique consiste à entourer la base des troncs avec du ruban adhésif double-face.

Les chenilles restent collées et ne peuvent plus grimper. Ce procédé peut être efficace, mais il faudra renouveler régulièrement la protection.

Comment éliminer les chenilles de la spongieuse ?

Il est très difficile de se débarrasser complètement de ce parasite, mais quelques actions peuvent atténuer les dégâts.

Le traitement le plus populaire consiste à pulvériser du Bt (Bacillus thuringiensis var. Kurstaki). Ce bio-insecticide s’applique sur les feuilles environ une à deux semaines après l’éclosion des œufs.

Il agit en intoxiquant principalement les jeunes chenilles qui l’ingèrent. Sans danger pour l’humain et les animaux, il est fortement recommandé.

Les insecticides classiques sont peu efficaces contre ces chenilles et éliminent souvent les insectes utiles et pollinisateurs, ce qui est contre-productif.

Le seul ennemi naturel capable de les éradiquer réellement est un virus spécifique, le nucleopolyhedrovirus (NPV), qui finit par provoquer l’effondrement des populations après 2 à 3 ans d’infestation sévère.

Un champignon entomopathogène, Entomophaga maimaiga, agit de manière similaire en tuant un grand nombre de chenilles.

La bonne nouvelle, c’est que ces agents pathogènes agissent naturellement. Il suffit de faire preuve de patience.

En attendant, il est essentiel de maintenir vos arbres en pleine santé en leur fournissant eau, nutriments et soins réguliers. Un arbre vigoureux supportera mieux une attaque de chenilles.

En résumé, ces chenilles ne tuent que rarement les arbres en bonne santé ; leurs dégâts sont graves surtout si l’arbre est déjà affaibli.