10 problèmes courants du rhubarbe : parasites, maladies et soucis environnementaux
Il y a quelque chose de frais et d’estival dans un pied de rhubarbe qui pousse fièrement sous le soleil. C’est l’une des premières récoltes de la saison, et l’équilibre parfait entre l’acidité de la rhubarbe et toutes les saveurs douces du printemps est un véritable plaisir en cuisine.
Dans le nord-est, on peut récolter la rhubarbe de fin avril à début août et l’intégrer à tous les repas pour apporter une touche acidulée rafraîchissante.
Cependant, certains problèmes comme les parasites et les maladies peuvent compromettre votre récolte. Voici les 10 soucis les plus fréquents auxquels vous pourriez être confronté en cultivant la rhubarbe.
Surmonter les problèmes du rhubarbe
Je cultive de la rhubarbe chaque année pour l’ajouter à mes marmelades, confitures, chutneys et sirops. Tout l’hiver, ce goût acidulé vient réveiller mes plats et illuminer les journées sombres.
La rhubarbe est simple à cultiver partout où les hivers sont suffisamment froids pour provoquer un gel, car elle a besoin d’un véritable repos hivernal. Ce froid obligatoire la plonge en dormance puis lui permet de revenir vigoureuse au printemps.
Avec du plein soleil, un hiver froid et un sol riche et léger, la rhubarbe pousse facilement. Les tiges sont délicieuses. Quant aux feuilles, bien que toxiques, elles font d’excellents répulsifs contre les insectes. J’en cueille souvent une pour la porter en guise de chapeau dans le jardin : un peu ridicule, mais ça marche !
Cette plante robuste n’est pas très exigeante, mais elle peut tout de même être attaquée par quelques parasites et maladies. Heureusement, la rhubarbe est généralement résistante et une plantation saine saura faire face à la plupart des agressions.
Mais attention, certains problèmes peuvent sérieusement endommager votre culture, parfois même entraîner sa perte.
La plupart des ravageurs évoluent lentement et n’occasionnent que des dégâts limités, toutefois quelques maladies fongiques peuvent être mortelles. La meilleure défense reste une culture saine : désherbage régulier, sol amendé, paillage nettoyé, et une bonne aération entre les plants pour éviter l’humidité stagnante.
1. Les herbivores
Chez moi, ce sont mes chèvres les seuls « pestes » du rhubarbe. Bien que la plante soit toxique pour elles, elles ne semblent pas en souffrir et dévorent les feuilles dès qu’elles sont en liberté.
Les cervidés comme les chevreuils, les élans ou encore les opossums peuvent aussi s’attaquer à la rhubarbe quand aucun autre aliment ne leur est disponible. Une simple clôture peut protéger vos plantations de ces visiteurs indésirables.
2. Limaces et escargots
Les limaces et escargots sont les fléaux de tous les jardins, surtout lors des saisons humides où ils prolifèrent dans un environnement humide idéal. L’été dernier, nous avons dû enfermer les canards dans le jardin pendant plusieurs semaines pour venir à bout de ces mollusques.
Ces gastéropodes mangent principalement les feuilles du rhubarbe. Comme les feuilles ne sont pas consommées, cela n’occasionne généralement pas de gros dégâts. Une plante vigoureuse peut supporter leurs attaques sans conséquences.
Les feuilles plus âgées devenant coriaces, elles ne plaisent plus aux limaces qui préfèrent les jeunes feuilles tendres des salades et choux du potager.
Malgré tout, il est préférable de limiter leur présence. Pour cela, entretenez régulièrement votre planche de rhubarbe, désherbez et saupoudrez la terre autour des plants avec de la terre de diatomée, un répulsif naturel efficace.
3. Le charançon (curculio)
Un autre ravageur notable est le charançon (Curculio spp.). Ce petit coléoptère jaunâtre d’environ 1,3 cm possède un long museau qu’il utilise pour percer les tiges de rhubarbe. Il y pond ses œufs à l’intérieur, ce qui provoque des taches noires sur les tiges.
Ces insectes résistent souvent aux traitements chimiques. La seule solution consiste à les capturer à la main, à les donner aux poules ou à les éliminer dans un récipient rempli d’huile ou de kérosène.
Ce parasite est plus rare que les autres, mais plus destructeur.
4. Les pucerons
Les pucerons noirs (Aphis fabae) sont friands de rhubarbe. Ils se rassemblent sur les parties inférieures des feuilles et sur les tiges, se nourrissant de la sève à l’aide de leur appareil buccal suceur.
Ils attirent les fourmis et laissent derrière eux un miellat collant. Leur infestation provoque le recroquevillement des feuilles sur les bords, un jaunissement et un retard de croissance.
Pour lutter contre eux, nos conseils vous aideront à éradiquer les pucerons et à poursuivre la culture sans encombre.
5. Pourriture de la couronne
La pourriture de la couronne (Phytophthora spp.) est la maladie la plus grave qui puisse affecter le rhubarbe. Elle est fatale, et seule la prévention aide à s’en prémunir.
Cette maladie fongique attaque la couronne de la plante lorsque le sol est saturé d’eau pendant plusieurs jours ou semaines. Les champignons prolifèrent dans ces conditions humides et finissent par décomposer la base des tiges.
En l’espace de quelques semaines, la plante se réduit en une masse molle et pourrie. En cas de symptômes, il est impératif de déterrer et détruire complètement la plante contaminée pour freiner la propagation. Ne replantez pas au même endroit pendant plusieurs années, et n’hésitez pas à solariser le sol pour éliminer les spores restantes.
6. Rouille
Cette maladie provoque des taches orange ou rouges rouillées sur les feuilles, parfois même sur les tiges. Elle survient quand les plants reçoivent trop d’eau sans une circulation d’air suffisante.
La rouille peut atteindre la couronne, moins gravement que la pourriture, mais elle affaiblit la plante.
Dès l’apparition de taches, supprimez les feuilles et tiges fortement touchées. Ne les mettez surtout pas au compost, préférez une incinération ou mise à la poubelle. Nettoyez également les alentours des plants en éliminant les mauvaises herbes et débris.
Lorsque votre pied produit beaucoup de petites tiges, récoltez-en la moitié pour améliorer la circulation de l’air et l’exposition au soleil.
Faites attention à ne pas sur-fertiliser, notamment en azote, qui favorise la pousse de feuilles tendres particulièrement sensibles à la rouille.
7. Tache foliaire d’Ascochyta
Cette maladie fongique débute par de petites taches verdâtres jaunâtres sur les feuilles. Celles-ci s’agrandissent progressivement en formant un centre blanc entouré de zones jaunes et brunes qui fanent. Finalement, la partie centrale se décompose, laissant un trou irrégulier dans la feuille.
Il est recommandé de retirer et détruire les feuilles infectées en améliorant la propreté du jardin pour limiter la dispersion de la maladie. En cas d’infection importante, un traitement à base de cuivre peut être efficace.
8. Pourriture anthracnose des tiges
La pourriture des tiges est l’une des maladies les plus frustrantes dans la culture de la rhubarbe. Elle se manifeste par le flétrissement des feuilles et des lésions noires disgracieuses sur les tiges.
Les feuilles fanent parce que les tiges endommagées ne les soutiennent plus. Les lésions s’étendent, noircissent, affaiblissent et font se tordre puis tomber les tiges.
Supprimez immédiatement les tiges malades et brûlez-les. Ne consommez pas ou ne mettez pas ces parties en conserve, même si vous enlevez les zones endommagées.
Cette maladie touche surtout les plants faibles ou stressés, donc des soins rigoureux et une bonne hygiène sont essentiels à sa prévention.
9. Tache foliaire de Ramularia
Cette maladie, appelée « tache foliaire », commence sur les feuilles mais s’étend rapidement aux tiges. Les taches de ramularia sont petites, rouges au départ, puis deviennent blanchâtres avec des halos pourpres avant de s’imprégner de lésions pourries.
Les lésions sur les tiges s’allongent vers le haut, provoquant leur pourrissement et la perte des tiges. Il ne faut pas consommer les tiges affectées et éviter de composter les plants contaminés.
Ces champignons se propagent via l’eau éclaboussée et le vent, donc enlever rapidement les feuilles et tiges malades est crucial. Les pulvérisations à base de cuivre peuvent aussi être employées avec succès en complément des bonnes pratiques de jardinage.
10. Tiges faibles
Parfois, un pied de rhubarbe semble juste moins vigoureux, sans raison apparente ni maladie ni parasite. Si votre plant souffre d’un mal indéfinissable, il est peut-être temps de le diviser.
La rhubarbe se propage par ses racines. Un pied sain doit être divisé tous les 3 à 5 ans, mais souvent, nous laissons nos plants trop longtemps pour ne pas perturber leur installation.
J’ai déjà vu des rhubarbes laissées intactes pendant plus de dix ans. Elles ne produisent plus beaucoup, mais les racines restent en bonne santé. Un seul pied peut alors être déterré et divisé en plusieurs plants sains.
Si votre rhubarbe est souvent malade malgré tous vos efforts, ou si elle produit seulement des tiges fines et fragiles, creusez-la et divisez la couronne en deux ou trois parties avec quelques bourgeons chacune. Replantez ces morceaux dans un sol riche et bien drainé, en veillant à ce que la couronne soit juste sous la surface.
La division se fait de préférence au printemps ou en automne, mais ne vous attendez pas à une récolte dès la première année après division.
