12 Ravageurs et Maladies Courants du Chou

12 parasites et maladies courants du chou

Chaque année, les parasites et maladies s’attaquent à vos plants de chou. Pour cette raison, je plante toujours un peu plus en prévision de ces attaques. J’ai même construit un abri protecteur pour mes choux, choux-fleurs, laitues et chou kale.

Parfois, il faut agir de manière radicale pour défendre ses cultures. Connaître les signes à surveiller est la première étape.

Voici une sélection des 12 parasites et maladies les plus fréquents du chou pour vous guider tout au long de la saison de culture.

6 parasites fréquents du chou

Le chou appartient à la famille des Brassicacées, aussi appelées Crucifères, qui regroupent de nombreuses espèces partageant souvent les mêmes ennemis.

Si vous souhaitez revoir les bases de la culture du chou, consultez notre guide dédié. Ensuite, découvrons ensemble les parasites les plus communs.

Malheureusement, si nous aimons le chou, lui aussi est très apprécié des parasites. Voici les plus courants :

1. La chenille du chou

La chenille du chou est la larve du célèbre papillon blanc du chou (Pieris rapae). Ce ravageur fréquente les jardins, champs, fermes et serres.

Vous avez certainement remarqué ces papillons virevolter dès le printemps et tout au long de l’été. Bien qu’agréables à voir, leurs chenilles vert fluo, issues des œufs pondus sous les feuilles, peuvent causer de gros dégâts.

Ces chenilles, longues d’environ 3 cm, dévorent voracement les feuilles, perçant des trous irréguliers qui atteignent parfois le cœur du chou.

La présence des papillons indique souvent celle des chenilles. Surveillez aussi les amas d’œufs jaunes sous les feuilles ainsi que les traces de morsures, principalement entre le milieu du printemps et le début de l’automne.

Le ramassage manuel est efficace, tout comme l’usage de filets de protection. Par ailleurs, les guêpes parasites et les coccinelles s’en nourrissent naturellement. Évitez les pesticides qui détruisent ces alliés précieux.

2. La noctuelle du chou

Originaire d’Amérique du Nord, la noctuelle du chou (Trichoplusia ni) est très répandue au Canada, aux États-Unis et au Mexique, partout où poussent des brassicacées.

Ce papillon de taille moyenne vole la nuit. Ses chenilles vertes ressemblent beaucoup à celles de la chenille du chou, mais peuvent être distinguées grâce à leurs trois paires de pattes à l’avant et à l’arrière, qu’elles utilisent pour se déplacer d’une manière caractéristique, ondulante.

Les chenilles de noctuelle festoient sur les bords des feuilles, et si elles ne sont pas contrôlées, elles peuvent rapidement détruire une plante entière.

Les noctuelles s’attaquent aussi aux choux-fleurs, brocolis, tomates, laitues et épinards. Évitez de les planter côte à côte pour limiter les infestations.

Le ramassage manuel et la protection avec des voiles flottants restent les méthodes les plus efficaces.

3. Les pucerons du chou

Les pucerons du chou (Brevicoryne brassicae) sont de petits insectes gris foncé ou verts, souvent regroupés en colonies denses, parfois à tel point que la tige devient invisible sous leur masse.

Ils se nichent au niveau des tiges et dessous des feuilles, suçant la sève avec leurs pièces buccales en forme de paille, ce qui provoque un jaunissement distinct et le flétrissement de la plante.

Lorsque les ressources se font rares, les femelles développent des ailes et migrent vers d’autres plants.

Leur présence s’accompagne souvent de dépôts collants (miellat) et d’une moisissure noire appelée fumagine, qui entrave la photosynthèse.

Heureusement, traiter ces pucerons est simple : un jet d’eau puissant suffit souvent à les désagréger, suivi d’une application de savon insecticide ou d’huile de neem. Vous pouvez également retirer les feuilles très infestées et les donner à vos poules.

4. La mouche de la racine du chou

Les larves de la mouche du chou (Delia radicum) sont des parasites redoutables qui se nourrissent des racines des jeunes plants.

Les œufs, blancs et minuscules (environ 3 mm), sont pondus à la base des plants. Les asticots qui en éclosent s’attaquent aux racines, provoquant un ralentissement de la croissance puis le dépérissement complet de la plante.

Les feuilles montrent d’abord un flétrissement et un jaunissement. Sous terre, les racines sont amincies, décolorées et déformées.

Utilisez des pièges jaunes pour détecter leur présence, puis traitez le sol avec des nématodes bénéfiques qui éliminent les larves. L’année suivante, protégez vos plants avec un voile flottant dès la plantation pour limiter les infestations.

5. Les vers gris (cutworms)

Les vers gris désignent les larves de plusieurs espèces de papillons nocturnes, notamment Agrotis et Peridroma. Bien qu’on les appelle vers, ce sont en réalité des chenilles d’environ 3 cm, dont la couleur varie du marron au vert ou jaune, souvent avec des motifs.

Ils doivent leur nom à leur mode d’action : ils sectionnent les jeunes plants au niveau du collet, qui s’effondrent alors au sol.

Actifs la nuit, ils grimperont aussi parfois aux feuilles coupées et tireront les plants sous terre dans leur terrier.

La meilleure défense réside dans la protection mécanique : des collerettes faites de rouleaux de papier toilette vides, par exemple, empêchent les chenilles d’atteindre le collet.

La terre de diatomée agit aussi en desséchant et blessant ces chenilles.

6. Limaces et escargots

Limaces et escargots sont des ravageurs classiques du potager qui dévorent vos jeunes pousses et perçent d’importants trous dans les feuilles de chou.

Leurs corps mous les rendent sensibles à différentes solutions préventives et curatives, que vous pouvez retrouver dans notre guide dédié.

6 maladies fréquentes du chou

Les parasites affaiblissent les plants et peuvent transmettre des agents pathogènes. Contrôler les maladies débute par la prévention des infestations.

Le climat et l’environnement influencent fortement l’apparition des maladies. Pour limiter leur impact : arrosez au pied, espacez correctement vos plants, désherbez régulièrement et pratiquez la rotation des cultures.

Ne replantez pas de chou à un même emplacement avant un an. Éliminez toujours soigneusement les végétaux malades en les déposant dans un sac hermétique, jamais au compost. Nettoyez vos outils et chaussures pour éviter la propagation.

1. La hernie du chou

La hernie du chou est une maladie du sol causée par le champignon Plasmodiophora brassicae. Ce pathogène peut persister plusieurs années dans la terre et contaminer toutes les crucifères plantées au même endroit.

Cette maladie se développe surtout dans des conditions fraîches et humides, notamment dans les régions à forte pluviométrie.

Elle provoque des deformités des racines, empêchant la plante d’absorber les nutriments essentiels. Le plant stagne, ses racines gonflent en formations en forme de massues caractéristiques, puis les feuilles jaunissent, se fanent et sèchent.

Cette maladie peut anéantir totalement une culture. En cas d’infection, arrachez les plants et consultez notre guide pour éviter le problème à l’avenir.

2. La pourriture noire

La pourriture noire est une maladie bactérienne causée par Xanthomonas campestris. Elle prospère dans des conditions chaudes et humides et se propage rapidement.

Les premiers symptômes sont des lésions jaunes en forme de V sur les bords des feuilles, signe distinctif de la maladie. Ces taches évoluent en zones noires qui s’étendent sur toute la feuille.

La plante se trouve alors affaiblie, avec des têtes déformées et un flétrissement marqué pouvant entraîner la perte complète de la récolte.

Cette maladie n’a pas de traitement curatif. Dès l’apparition des symptômes, appliquez immédiatement les mesures préventives indiquées dans notre guide pour limiter les dégâts.

3. L’oïdium

L’oïdium est une maladie fongique provoquée par Erysiphe cruciferarum. Ce champignon aquatique s’épanouit pendant les périodes chaudes et humides, formant des taches blanchâtres poudreuses sur les feuilles et les têtes des plants.

Au fil du temps, la maladie provoque le flétrissement des feuilles et réduit la photosynthèse, ce qui diminue la taille des têtes. Elle ne tue pas directement la plante sauf en cas de stress intense.

Un traitement simple et naturel consiste à pulvériser un mélange d’un tiers de lait pour trois tiers d’eau tous les cinq jours environ, jusqu’à disparition des symptômes.

4. Le mildiou

Le mildiou, causé par Hyaloperonospora parasitica, est une maladie différente de l’oïdium, apparaissant dans des conditions fraîches et humides. Il se manifeste par un feutrage gris sur les faces supérieures des feuilles.

Les feuilles se déforment, se recroquevillent, noircissent et finissent par mourir. Des taches nécrotiques sombres sont aussi visibles.

Dès l’apparition, traitez les plants avec un fongicide à base de cuivre, à appliquer chaque semaine jusqu’à stabilisation. Les parties atteintes doivent être éliminées à la récolte.

5. La fusariose

La fusariose ou jaunisse du chou est provoquée par un champignon du sol Fusarium oxysporum, spécifique au chou et ses proches parents.

Elle survient surtout par temps chaud et humide (27-32 °C), affectant autant les jeunes plants que les choux matures, mais rarement les choux d’hiver.

Les symptômes mettent 2 à 4 semaines à apparaître. Les plants jaunissent, leurs feuilles inférieures flétrissent, les tiges brunissent. Cette maladie ressemble parfois à la pourriture noire, mais sans les lésions en V jaunes caractéristiques.

Les plants sont souvent rabougris et peuvent mourir en quelques semaines. S’ils survivent à une baisse de température, ils peuvent se rétablir.

Impossible de guérir un sol infecté. Évitez cette maladie en plantant des variétés résistantes (« Bugner », « Red Hollander », « Resistant Flat Dutch », « Wisconsin All Seasons », « Wisconsin Hollander ») ou en utilisant des bacs ou buttes avec un sol sain.

6. La tache noire (Alternaria)

La tache noire est une maladie fongique causée par Alternaria brassicicola. Elle se développe par temps chaud et humide (20-30 °C), les spores se disséminant par l’eau, le vent, les outils ou les insectes.

Elle se manifeste par des taches brunes à noires sur les feuilles, les tiges épaisses et les nervures. Ces lésions affaiblissent rapidement le feuillage qui finit par flétrir.

Des moisissures violet-pourpre duveteuses se développent durant la sporulation.

Dans les cas graves, la plante est irrécupérable. Traitez dès les premiers signes en pulvérisant un fongicide tous les 15 jours environ, en suivant les recommandations du fabricant.