Qu’est-ce que la pourriture gommeuse de la tige et comment l’éliminer de votre jardin ?
Avez-vous déjà entendu parler de la « pourriture gommeuse de la tige » ? Parfois surnommée « pourriture noire » ou « peau d’alligator », c’est une maladie fongique qui peut s’avérer particulièrement inquiétante lorsqu’elle apparaît dans votre jardin ou sur votre terrain.
Dès les premiers signes, il faut intervenir rapidement avant que la maladie ne se propage. Elle se répand très vite et peut dévaster entièrement votre récolte. Découvrez comment la reconnaître et la combattre efficacement !
Qu’est-ce que la pourriture gommeuse de la tige ?
Cette maladie s’attaque spécifiquement aux plantes de la famille des Cucurbitacées. Elle peut donc causer d’importants dégâts sur les concombres, melons, courgettes, cucamelons, potirons et courges.
Elle est due à un champignon pathogène appelé Didymella bryoniae (anamorphe Phoma cucurbitacearum), un ennemi redoutable pour ces cultures.
Une fois installée, la maladie infiltre toute la plante, jusqu’aux graines, la rendant inutilisable. Cela est particulièrement problématique pour les cultures polyvalentes comme les potirons, cultivés pour leur chair et leurs graines.
La pourriture gommeuse se propage très facilement et peut anéantir votre récolte si vous ne restez pas vigilant. Heureusement, il est possible de la détecter tôt, ce qui permet d’agir sans tarder.
Comment identifier la pourriture gommeuse ?
Chez les jeunes plants, les premiers signes sont des taches brunes sur les bords des feuilles, souvent entourées d’un halo plus foncé allant du brun au noir. Parfois, des lésions apparaissent aussi au centre des feuilles, surtout sur les plantes plus âgées.
Le symptôme de « tige gommeuse » ne se manifeste qu’en phase de floraison ou de fructification. Les plants adultes présentent alors des tiges suintantes : des perles de liquide marron ou noir coulent des lésions, collantes au toucher, d’où le terme « gommeux ».
Les feuilles développent des bords brunis avec des taches aux contours noirs qui deviennent nécrotiques avant de tomber.
Les signes sur les fruits
Les fruits touchés montrent des lésions brunes ressemblant à de grosses ecchymoses molles, cerclées de noir. Une seule tache suffit à rendre le fruit non comestible. De plus, les graines contenues dans ces fruits sont infectées et inutilisables.
On observe aussi souvent une nécrose des pédoncules des fruits, qui peuvent devenir trop fragiles pour les soutenir, même sans nécrose visible.
Comment traiter la pourriture gommeuse ?
Malheureusement, il n’existe pas de traitement curatif une fois la maladie installée. La seule solution est d’arracher et de brûler les plantes contaminées. Ensuite, traitez les plants voisins, même apparemment sains, avec un fongicide à large spectre par mesure préventive.
Il est parfois possible d’éliminer les spores avant qu’elles n’infectent les autres plants, mais la prévention reste la meilleure défense.
Cette maladie peut persister dans les graines et le sol. Pour limiter son impact, adoptez une rotation rigoureuse des cultures, en évitant de planter des cucurbitacées deux saisons consécutives au même endroit.
Essayez aussi de cultiver vos cucurbitacées en hauteur plutôt qu’au sol. Cela réduit non seulement la contamination par la pourriture gommeuse, mais aussi par d’autres maladies comme l’oïdium ou le mildiou.
Choisir des plants sains
Il est difficile de savoir si les graines sont infectées. Préférez donc acheter vos semences auprès de fournisseurs reconnus et optez si possible pour des variétés résistantes à la maladie.
Ce champignon prospère par temps chaud et humide, et les spores se propagent autant par l’air que par le sol. Surveillez particulièrement l’écoulement de l’eau dans votre jardin, vecteur important de contamination.
Lorsque vous achetez des plants, vérifiez soigneusement s’ils présentent des bords brunis, des lésions ou un dessèchement. Si oui, refusez-les.
Adopter une bonne hygiène au jardin
Après la récolte, éliminez toute trace de débris végétaux à la surface du sol. Retournez la terre pour que les rayons du soleil détruisent les spores restantes.
Un traitement au fongicide à base de cuivre ou de soufre peut être bénéfique. N’oubliez pas d’enrichir ensuite la terre avec des mycorhizes bénéfiques avant la plantation suivante, pour renforcer la santé du sol.
Si vous détectez la présence de la maladie, soyez extrêmement prudent pour éviter sa dissémination dans le reste du jardin. Cette maladie se transmet très facilement.
Par exemple, ayez une tenue et des chaussures réservées pour intervenir dans la zone infectée et désinfectez-les après chaque passage, notamment en les trempant dans une solution d’eau chaude et d’eau de javel. Changez-vous avant de travailler sur d’autres plantes avec des bottes propres.
En respectant ces gestes simples d’hygiène et en choisissant des semences ou plants résistants, vous limitez fortement le risque d’avoir la pourriture gommeuse dans vos cultures. Surveillez vos plants quotidiennement afin d’agir dès les premiers signes.
Bonne chance dans votre lutte contre cette maladie redoutable !
