Alternariose des feuilles : comment identifier et traiter la brûlure foliaire

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Alternaria : Comment reconnaître et traiter la tache foliaire

Avez-vous déjà entendu parler d’Alternaria ? Si vous pratiquez le jardinage, il y a de fortes chances que vous ayez déjà rencontré ce champignon. Il touche de très nombreuses espèces végétales et est l’une des principales causes d’échec des cultures.

Découvrons comment l’identifier et le traiter. Dès que vous savez quoi chercher, il est beaucoup plus facile d’agir rapidement pour protéger vos plantes.

Qu’est-ce que l’Alternaria ?

On l’appelle souvent « tache foliaire » ou « brûlure foliaire » car il affecte principalement les feuilles, rarement les tiges ou les racines.

Ce champignon (Alternaria spp.) est très courant sur les céréales, mais aussi sur les brassicacées, les solanacées, les cucurbitacées, les agrumes et le cannabis. On dénombre plus de 300 espèces d’Alternaria qui infectent plus de 4 000 plantes différentes.

Voici quelques espèces les plus répandues :

  • Alternaria alternata : Présent sur plusieurs centaines de plantes, il est aussi une cause fréquente d’allergies et de problèmes respiratoires chez l’humain.
  • A. brassicae : Affecte principalement les brassicacées en provoquant des taches foliaires sur les plantes adultes, mais peut aussi causer le « pourrissement » des semis en sol contaminé.
  • A. brassicola : Très agressif sur les brassicacées, il peut entraîner la mort rapide des plantes sans intervention urgente.
  • A. citri : Ne provoque pas de taches sur les feuilles, mais noircit et fait pourrir les fruits d’agrumes mûrs.
  • A. cucumerina : Attaque avec vigueur les cucurbitacées comme la courgette, la courge, la citrouille et le concombre.
  • A. dauci : Cause la brûlure foliaire de la carotte, pouvant aussi atteindre les plantes sauvages proches comme la cigüe de la reine Anne.
  • A. radicina : Responsable de la pourriture noire chez la carotte, le panais, le céleri, le céleri-rave, le persil et l’angélique.
  • A. solani : Affecte durement les solanacées, provoquant des taches en forme de cible sur les feuilles et la pourriture des racines ou tubercules chez la tomate, le poivron, la pomme de terre et l’aubergine.
  • A. triticina : Provoque la brûlure foliaire sur le blé dur et le blé tendre, mais peut aussi toucher d’autres céréales comme l’orge, l’avoine, le millet, le sorgho, le triticale et le seigle.

D’autres espèces s’attaquent aussi à des cultures ornementales, comme A. zinniae et A. dianthi.

Comment se manifeste l’Alternaria ?

Les premiers symptômes apparaissent sur les feuilles les plus proches de la base de la plante. L’Alternaria débute par de petites taches brunes entourées d’auréoles jaunes. Celles-ci se développent sur les faces supérieure et inférieure des feuilles, contrairement à d’autres champignons comme l’anthracnose qui se limitent souvent au dessous.

Ces taches brunissent, s’agrandissent, parfois en cercles concentriques qui ressemblent à des cibles. Les feuilles infectées se recroquevillent, se dessèchent et tombent peu à peu.

La maladie se propage ainsi sur les feuilles environnantes. Les taches réduisent la capacité de photosynthèse et affaiblissent la plante qui, privée de nutriments essentiels, finit par dépérir.

Les feuilles mortes emportent le champignon, disséminant les spores au sol et contaminant d’autres cultures, perpétuant ainsi le cycle infectieux.

Les conditions propices au développement

Chaque espèce d’Alternaria a ses spécificités, mais la plupart préfèrent les environnements frais et humides.

La maladie se développe généralement après des pluies prolongées, surtout au printemps et à l’automne. Elle prospère quand l’humidité tourne autour de 85 % et que la température oscille entre 12 et 29 °C. Ce climat est fréquent dans le Pacifique Nord-Ouest, en Nouvelle-Angleterre, en Angleterre, dans une grande partie du Canada et en Europe du Nord.

Alternaria aime aussi les endroits ombragés en lisière de parcelles, notamment sous de grands arbres ou des herbes hautes où il peut se refugier dans le sol. Le soleil direct détruit ses spores, d’où sa prédilection pour l’ombre profonde.

Comment lutter contre l’Alternaria

La prévention est essentielle. Puisque ce champignon adore l’humidité et la fraîcheur, un remaniement en profondeur du sol pendant une période chaude et sèche peut éliminer les spores en profondeur grâce à l’action solaire.

Évitez de planter vos semis avant que la terre ne soit suffisamment réchauffée, à partir de la date moyenne du dernier gel. Privilégiez ensuite un arrosage au goutte-à-goutte au niveau du sol afin d’éviter l’humidité sur le feuillage. En période humide, taillez les végétaux trop denses pour favoriser la circulation de l’air autour des feuilles.

Si l’infection se manifeste, ôtez sans tarder les parties infectées et brûlez-les. Traitez les plantes voisines avec un fongicide à base de bicarbonate de potassium, de soufre pulvérulent, de Bacillus subtilis, d’hydroxyde de cuivre ou de mancozèbe.

Après la saison de croissance, évitez de replanter la même espèce au même endroit pendant trois à cinq ans, ce qui limite la persistance des spores dans le sol.

La rotation régulière des cultures et le travail du sol en profondeur peuvent prévenir de nombreuses maladies transmises par la terre. Veillez toutefois à effectuer ces opérations durant des périodes sèches pour ne pas propager involontairement le champignon.

Nettoyez et enlevez systématiquement les débris végétaux au printemps et en automne, et débarrassez le pied des plantes des feuilles mortes ou des résidus qui favorisent la maladie.

Un champignon qui ne se limite pas aux plantes

Fait surprenant : Alternaria peut aussi infecter la peau humaine. C’est rare, mais il peut provoquer une infection cutanée appelée alternariose cutanée.

Seulement 71 cas ont été répertoriés à ce jour, principalement en Europe, et principalement chez des personnes immunodéprimées ou sous corticostéroïdes systémiques. L’infection survient lorsque le champignon pénètre par de petites lésions et provoque des plaques squameuses et décolorées.

Si vous avez un système immunitaire fragilisé ou suivez un traitement aux stéroïdes, portez des gants au jardinage. Ce champignon, bien que gênant à traiter, ne présente pas de risque grave pour la santé.

En outre, les personnes allergiques aux moisissures ou aux champignons peuvent être sensibles à Alternaria. En cas de symptômes, munissez-vous d’un masque et de lunettes de protection lors de l’élimination des plantes contaminées. Évitez aussi de sauter dans les tas de feuilles mortes. Si vos animaux domestiques s’amusent dans ces feuilles, lavez-les soigneusement ensuite pour ne pas propager les spores à l’intérieur de la maison.

Adoptez une hygiène rigoureuse au jardin

Une surveillance quotidienne de vos plantes est primordiale. Détecter tôt l’Alternaria vous permettra de limiter la perte à quelques feuilles au lieu de compromettre toute la récolte.

Si la maladie revient fréquemment, un traitement plus intensif du sol avec des fongicides adaptés sera nécessaire. Par ailleurs, choisissez de préférence des variétés résistantes aux champignons.

Nettoyez et stérilisez régulièrement vos outils, surtout après avoir manipulé des végétaux malades. Ne pas le faire risquerait de propager le champignon d’une plante à l’autre via bêche, râteau ou truelle. Lavez-les à l’eau chaude savonneuse et ajoutez un peu d’eau de Javel, puis laissez-les sécher au soleil.

Malgré la fatigue que peut engendrer le jardinage, quelques minutes supplémentaires pour inspecter et soigner vos cultures font souvent toute la différence entre une belle récolte et des pertes décevantes.

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