Comment multiplier vos plantes facilement et gratuitement grâce aux boutures
Multiplier ses plantes par bouturage est une technique économique et astucieuse pour devenir un jardinier plus autonome et durable. Face à la hausse des prix, savoir reproduire ses végétaux est une compétence précieuse.
Avec les boutures, vous n’avez pas à attendre la germination des graines. Elles garantissent des plantes identiques à la mère, plus vigoureuses et plus rapides à maturité grâce à un coup d’avance.
Découvrons quatre types principaux de boutures et les méthodes pour les réussir.
Les différents types de boutures
Le type de bouture et la technique de propagation dépendent de la partie de la plante utilisée, de l’espèce et de la saison.
Boutures de bois dormant
Prélevées sur des arbres et arbustes caducs ou persistants, ces boutures se réalisent en fin d’automne jusqu’au début du printemps, hors période de gel. On privilégie le bois mature plutôt que les pousses vertes.
Ces boutures conviennent à des plantes comme les pins, chênes, fuchsias rustiques, figuiers, peupliers, groseilliers, rosiers lianes, cassissiers ou jasmins.
Boutures semi-ligneuses
Appelées aussi boutures semi-matures, elles sont prélevées sur des tiges semi-vertes en milieu ou fin de saison de croissance. Ni pousses récentes ni bois durci.
Ces boutures concernent notamment : salvias, romarin, laurier, lavande, thym, sauge, hysope, lierre, rhododendron, passiflore, chèvrefeuille, hamamélis, mélèzes, ormes, lauriers cerise ou portugais, troène, buis, camélia, fuchsias rustiques, viburnums.
Boutures de bois tendre
Réalisées sur la croissance de l’année en cours, sur de jeunes tiges, généralement au printemps et début d’été. Ce type s’adapte bien à : clématites, asters, fuchsias, hortensias, verveines, magnolias, rosiers.
Boutures herbacées
Prélevées sur des plantes non lignifiées, souples, durant le printemps à l’été. Idéales pour les dahlias, impatientes, coléus, poinsettias et chrysanthèmes.
Préparer le matériel pour le bouturage
Avant de commencer, rassemblez les outils et produits essentiels :
- Sécateurs, ciseaux de cuisine ou couteau bien affûtés pour une coupe nette de la tige.
- Alcool à friction, détergent ou eau savonneuse tiède pour désinfecter les outils et éviter la propagation des maladies.
- Un récipient pour conserver les boutures à l’abri du dessèchement : un verre d’eau pour les boutures ligneuses ou un sac plastique pour les boutures tendres.
- Des pots drainants adaptés à la durée de développement des racines et aux conditions climatiques.
- Un substrat sans terre, léger et bien drainant : perlite, vermiculite, sable, substrat sans terreau, ou un mélange avec de la tourbe.
- Un stimulateur de racines en gel ou poudre, spécifique à la plante et au type de bouture.
- Un chiffon propre pour sécher les extrémités avant application de l’hormone.
- Des étiquettes et un stylo pour identifier chaque bouture.
- Une truelle, un plantoir ou simplement un doigt pour faire un trou dans le substrat et insérer la bouture sans endommager l’hormone.
- Un vaporisateur pour maintenir l’humidité du substrat si les boutures sont à l’abri.
Comment procéder au bouturage
La technique est similaire pour tous les types de boutures, avec des variations selon les plantes.
Par exemple, une bouture de figuier en bois dormant sera plus longue que celle d’un fuchsia. Les boutures de pin peuvent être faites dehors toute l’année, alors que les fuchsias demandent une culture sous abri hors gel. Les tubercules de dahlias n’ont pas besoin d’hormone de bouturage, contrairement aux arbres à bois dur.
Nettoyez toujours vos outils avant de commencer. Voici les étapes principales par type :
Boutures de bois dormant
- Prélevez vos boutures tôt le matin, en évitant les gelées, le froid intense et la neige.
- Coupez une section de tige d’environ 15 cm de long et un centimètre de diamètre, en biais sous un nœud. Gardez seulement les deux ou trois feuilles supérieures.
- Séchez les extrémités puis trempez-les dans l’hormone de bouturage.
- Plantez la bouture dans le substrat sur deux à trois centimètres de profondeur. Creusez un trou avec le plantoir ou le doigt pour ne pas enlever l’hormone.
- Placez le pot dans une serre, sur un rebord de fenêtre ou un endroit ombragé et protégé. Veillez à maintenir le substrat humide et surveillez les signes de dessèchement ou de pourriture.
- N’oubliez pas d’étiqueter vos boutures. La reprise peut prendre jusqu’à un an avant repiquage.
Boutures semi-ligneuses
- Taillez des sections de 7 à 8 cm, juste après un nœud. Si vous en prélevez plusieurs, conservez-les dans un sac plastique pour préserver leur humidité.
- Enlevez les feuilles sur le tiers inférieur pour laisser la place aux racines.
- Trempez les extrémités dans l’hormone puis insérez-les dans des pots préparés en tassant bien autour.
- Mettez les pots dans une serre froide, un châssis ou un endroit lumineux mais sans soleil direct. Protégez-les du gel s’ils sont en extérieur.
Boutures de bois tendre
- Prélevez au printemps ou début d’été des sections de 12 cm avec au moins un bourgeon et quelques feuilles, de préférence tôt le matin pour un meilleur flux de sève.
- Râpez ou écrasez légèrement la base de la bouture pour favoriser l’émission des racines.
- Trempez-la dans l’hormone et placez-la dans un substrat adapté.
- Installez les pots dans un endroit bien ventilé, à l’abri du soleil brûlant et de la sécheresse.
- Attendez que les racines se forment avant de repiquer, en assurant un durcissement progressif des plants.
Boutures herbacées
- Sélectionnez des pousses de 12 cm, coupez en biais sous un nœud. Gardez-les dans un sac plastique ou un récipient avec de l’eau pour garder l’humidité pendant la préparation, idéalement le matin avant la chaleur.
- Pincez légèrement le feuillage supérieur pour stimuler la formation racinaire. Selon la plante, l’emploi d’hormone est facultatif.
- Pour plusieurs boutures identiques, choisissez un bac à alvéoles. Alignez les boutures à la même hauteur pour faciliter la gestion.
- Pour améliorer la tenue, étalez une fine couche de sable sur le substrat, cela renforce l’hygiène et solidifie les plants.
- Maintenez les boutures humides, sans excès d’eau. L’utilisation de tapis chauffants accélère l’enracinement.
- Rempotez et pincez les jeunes plants pour les rendre plus trapus avant la plantation définitive.
- Protégez les jeunes boutures des intempéries et procédez à un durcissement progressif avant de les installer en pleine terre.
Les écueils à éviter lors du bouturage
Une bouture trop longue risque d’avoir du mal à s’enraciner car l’énergie est drainée vers la partie aérienne, au détriment du développement racinaire. Il en est de même pour une bouture trop feuillue.
Des boutures longues ou trop feuillues peuvent se dessécher ou pourrir avant l’apparition des racines, produisant des plants faibles et peu développés.
Gardez toujours le substrat humide pour éviter le dessèchement, mais attention à la saturation qui favorise la pourriture.
Les feuilles des boutures sont vulnérables à divers ravageurs comme les thrips, acariens, pucerons, aleurodes, mais aussi aux maladies foliaires telles que la flétrissure, l’oïdium, le botrytis ou la fonte des semis.
Ces problèmes doivent être traités rapidement pour ne pas compromettre le développement des jeunes plants. Assurez une bonne circulation d’air et isolez les plants malades.
Le durcissement des boutures avant la plantation en pleine terre permet aux jeunes plants d’améliorer leur résistance.
La patience est essentielle : les boutures de bois tendre et herbacées s’enracinent plus vite et facilement, mais le succès dépend du bon moment et du plan de culture annuel.
Si la plantation est retardée, repiquez lorsque les racines sont bien formées. Protégez les jeunes boutures des fortes pluies, gel, neige ou températures négatives.
Enfin, maintenez constamment l’humidité du substrat, et assurez ombrage et ventilation si vous bouturez en période chaude.
