Comment éviter le redoutable vis-à-vis des tomates

Comment éviter le redoutable catfacing sur les tomates

Une année, notre récolte de tomates a été abondante. Nous avions planté en excès, anticipant les pertes inévitables. Malgré un début de saison humide, les plants ont bien poussé. Pourtant, nos fruits, bien que gros et juteux, étaient loin d’être parfaits. Sous l’effet du temps humide, nos tomates présentaient un phénomène que l’on appelle le catfacing.

Les tomates déformées par le catfacing sont difficilement utilisables en sandwichs ou en antipasti. Leur goût est souvent médiocre et elles ont un aspect peu attrayant. Impossible de les vendre au marché, en plus d’être plus sensibles à la pourriture.

Cette année de catfacing fut une légère déception. Mais aujourd’hui, je sais comment transformer une bonne saison tomate en une récolte exceptionnelle – sans catfacing, quelles que soient les conditions météorologiques !

Qu’est-ce que le catfacing ?

Ce terme étrange prend tout son sens quand on observe une tomate catfacing à l’envers. Il s’agit d’un trouble physiologique, une altération du fruit au niveau de sa structure.

Les tomates atteintes présentent des cicatrices à l’extrémité florale et souvent sur les côtés. Elles sont déformées, avec de larges plis ou bosses cicatrisés. Plutôt que d’avoir une forme arrondie et homogène, ces fruits sont profondément creusés.

Ces tomates irrégulières ont souvent une forme de rein ou de fleur. Parfois, la cicatrice étirée à leur base ressemble à un chat bâillant ou à un gnome renfrogné. Elles présentent aussi fréquemment des trous profonds qui ne sont pas dus à des nuisibles. En y regardant de près, la chair n’est pas exposée : c’est la croissance du fruit qui a été très chaotique.

Quel que soit leur aspect, ces tomates manquent d’esthétisme et posent problème en cuisine. Toute cette chair cicatrisée est peu agréable au goût. Il faut souvent retirer une bonne partie du fruit pour pouvoir l’utiliser.

Cependant, il n’y a rien de dangereux à les consommer. Elles peuvent même avoir un goût aussi bon que les fruits parfaits. Mais elles mûrissent souvent de manière irrégulière, ce qui fait que certaines sont récoltées à moitié mûres.

Enfin, le catfacing diffère de la pourriture apicale. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur ce sujet.

Quelles sont les causes du catfacing sur les tomates ?

Dans mon cas, le catfacing est survenu après un mois de temps frais et humide. En juillet, normalement chaud et ensoleillé, la pluie et les journées fraîches ont persisté. Si nos haricots et choux ont apprécié, les tomates en ont fortement souffert.

Dans le nord de la Nouvelle-Angleterre, la saison tomate est déjà courte. L’an passé, j’ai douté de son existence jusqu’à la fin juillet, lorsque la chaleur est enfin revenue.

Voici les principales causes du catfacing :

1. Le temps

Le catfacing apparaît surtout quand les températures tombent en dessous de 10 °C (50 °F), particulièrement s’il fait humide. Si la plante fleurit durant cette période fraîche, les fruits formeront des déformations. Des températures longtemps inférieures à 15 °C (60 °F) favorisent aussi le phénomène.

Le risque est encore plus grand lorsque la météo est humide. Des plants détrempés, des fleurs constamment mouillées, associés à la fraîcheur sont le cocktail parfait pour le catfacing.

2. La composition du sol

Un sol trop riche en azote peut aussi provoquer le catfacing. Un excès d’azote stimule la croissance des feuilles au détriment des fleurs et des fruits, ce qui stresse la plante. Une plante stressée produira des fruits de moindre qualité.

Les tomates sont gourmandes en azote, mais il faut respecter un équilibre avec d’autres nutriments essentiels : phosphore, potassium, calcium et magnésium. Un apport équilibré est la clé d’une bonne production.

3. Une taille excessive

Nous avons tous tendance à tailler nos plants pour limiter les branches secondaires ou les gourmands. Pourtant, un excès de taille stresse les plants. En réaction, la plante peut précipiter sa fructification, donnant des fruits de moindre qualité.

On ignore précisément pourquoi, mais ce stress, surtout durant la floraison, semble déclencher le catfacing. Ce phénomène touche surtout les premières tomates de la saison, mais peut perdurer si les conditions restent défavorables (froid, excès d’azote).

Comment prévenir le catfacing ?

Le catfacing résultant du stress subi par la plante, la prévention passe par la réduction de ces facteurs. Le meilleur conseil : différer la plantation.

1. Planter au bon moment

Lorsque les premières belles journées printanières chaudes arrivent, il est tentant de repiquer tous les plants. Mais même si les températures diurnes dépassent 21 °C (70 °F), les nuits peuvent rester froides.

Attendez que les températures nocturnes soient aussi douces (idéalement supérieures à 15 °C). En cas de fraîcheur imprévue, protégez les plants avec des voiles ou couvertures pour conserver la chaleur du sol.

2. Équilibrer le sol

Avant de planter, testez le sol pour éviter toute carence ou excès. Corrigez ses déséquilibres en apportant un engrais complet, adapté aux tomates, pour assurer un équilibre optimal en azote, phosphore, potassium, calcium et magnésium.

3. Pratiquer une taille raisonnée

La taille est essentielle mais doit rester modérée. Encouragez la croissance verticale en installant un tuteurage robuste. Taillez légèrement pour éviter un stress excessif.

Évitez de laisser des fleurs fusionnées sur la plante, elles aboutissent presque toujours à des fruits catfacing. Si vous souhaitez éliminer le catfacing, supprimez ces fleurs avant fructification. Sinon, un peu de catfacing reste acceptable.

Variétés anciennes, hybrides et résistantes

J’affectionne particulièrement les tomates anciennes, comme les ‘Brandywines’, ‘Black Krims’ ou ‘Cosmonaut Volkovs’. Elles ont un goût incomparable et leur aspect est unique. Cependant, elles sont plus sensibles au catfacing en raison de leur forme naturellement irrégulière.

Anciennes résistantes au froid

Si le catfacing persiste dans votre jardin, évitez les variétés anciennes pendant un temps. Privilégiez les variétés développées pour les climats froids qui résistent mieux, comme ‘Cosmonaut Volkov’ d’Ukraine ou ‘Grushovka’ et ‘Sasha’ de Sibérie.

Hybrides

En général, les hybrides résistent davantage au catfacing. Toutefois, les grosses variétés comme ‘Big Boy’ ou ‘Better Boy’ restent vulnérables.

Les tomates cerises, grappes ou Roma, de plus petite taille, sont naturellement plus résistantes. Parmi les hybrides résistants, on peut citer ‘Walter’, ‘Duke’ et ‘Floradade’, qui produisent des fruits bien formés et réguliers, particulièrement adaptés aux climats chauds et humides.

Pour les régions froides, les anciennes résistantes au froid restent un bon choix : ‘Oregon Spring’, ‘San Francisco Fog’ ou ‘Northern Lights’.

Aucune variété n’est totalement immunisée, c’est pourquoi il est important de combiner choix variétal et pratiques culturales adaptées pour récolter les plus belles tomates possibles.