13 parasites et maladies courants des plantes d’Allium et comment les traiter

13 parasites et maladies communes des alliums et comment les combattre

La famille des alliums regroupe certaines des cultures alimentaires les plus populaires et appréciées, comme l’oignon, la ciboulette, l’ail, le poireau ou l’échalote. Riches en saveurs et en bienfaits, ces plantes peuvent toutefois être affectées par divers parasites et maladies.

Faciles à cultiver, simples à récolter et généralement robustes, les alliums ne sont pourtant pas à l’abri de problèmes courants : fonte des semis, vers gris, pucerons, mildiou, thrips, entre autres.

Pour protéger efficacement vos alliums, il est essentiel d’identifier ces ennemis et de savoir comment les gérer.

Les parasites courants des alliums

Que vous cultiviez des oignons verts, des oignons jaunes, de l’ail à col dur, des poireaux ou de l’ail à col souple, ces plantes partagent des besoins similaires : un sol bien drainé, fertile et une exposition ensoleillée. Un pH compris entre 6,5 et 7 est idéal, notamment pour l’ail et l’oignon.

Offrir des conditions optimales contribue grandement à la santé de vos alliums.

Comme beaucoup de plantes cultivées, les alliums sont sensibles à plusieurs parasites, dont certains peuvent affecter plusieurs espèces, même si certains nuisibles ciblent préférentiellement l’oignon ou l’ail.

La rotation des cultures est une excellente stratégie pour limiter l’implantation durable des parasites dans votre potager. Changez d’emplacement vos alliums chaque saison pour perturber leur cycle de vie.

L’ail est relativement peu attaqué par les parasites, bien qu’il partage plusieurs maladies avec l’oignon. En revanche, l’oignon, la ciboulette, les poireaux, l’échalote et certaines variétés ornementales peuvent être plus exposés.

1. Mineuse des feuilles d’allium

Introduite récemment en Amérique du Nord (depuis 2016), la mineuse des feuilles d’allium (Phytomyza gymnostoma) est un ravageur redoutable.

Ces petits insectes laissent des traces ondulées et des feuilles rétrécies en se nourrissant sous forme de larves crème. Leur cycle larvaire se déroule dans la plante avant de tomber au sol pour se métamorphoser en mouches adultes, qui pondent ensuite sur des alliums voisins.

La prévention passe par la rotation des cultures et la protection des jeunes plants avec des filets anti-insectes pour empêcher la ponte.

2. Mouches de l’oignon (larves)

Les mouches de l’oignon (Delia antiqua) sont des ennemis classiques, dont les larves blanches d’environ 6 mm s’attaquent aux racines et aux bulbes, tuant souvent les jeunes plants.

Les bulbes attaqués deviennent impropres à la consommation. Il faut éliminer les plantes infectées et éviter le compostage, car ces larves survivent dans les tas de compost.

Pour lutter efficacement, appliquez des nématodes bénéfiques au sol avant plantation et protégez les plants avec des voiles anti-insectes. La rotation culturale reste également essentielle.

3. Mouches mineuses du bulbe (petites mouches)

Les mouches mineuses du bulbe (Eumerus funeralis) causent des dégâts similaires, mais généralement moins importants. Leurs larves sont plus grosses que celles des mouches de l’oignon, de couleur gris-jaunâtre.

Les mesures préventives sont identiques : traitement avec des nématodes, protection des plants, et destruction des plants malades.

En fin de saison, il est crucial de retirer toutes les cultures d’oignon pour éviter que les ravageurs ne survivent sur des restes.

4. Vers fil de fer (larves de taupins)

Les vers fil de fer, larves d’insectes coléoptères appelés taupins, sont des vers allongés qui attaquent racines et bulbes. Ils provoquent un jaunissement et un flétrissement progressifs des parties aériennes.

Heureusement, les nématodes bénéfiques utilisés contre les mouches de l’oignon et les mouches mineuses sont également efficaces contre ces vers.

Les maladies fréquentes des alliums

Bien que les alliums possèdent des propriétés antivirales, antibactériennes et antifongiques dans l’alimentation, ils restent vulnérables à divers agents pathogènes : virus, bactéries et champignons qui ont évolué pour les attaquer spécifiquement.

Les champignons sont la cause la plus courante de maladies chez les alliums, qui peuvent toucher aussi bien les oignons que l’ail, le poireau ou l’échalote.

5. Pourriture rose

Si les racines et bulbes prennent une teinte rosée tandis que le feuillage est rabougri et jaunissant, il s’agit d’une pourriture rose, due au champignon Phoma terrestris.

Cette maladie fongique attaque les racines, provoquant leur dessèchement. Une fois installée, elle est incurable : il faut détruire les plants contaminés.

La prévention passe par un espacement suffisant des plants et un sol bien drainé. L’application préventive de cuivre peut limiter l’apparition ou la réapparition de la maladie.

Il est aussi recommandé de privilégier des variétés résistantes telles que ‘Early White Supreme’, ‘Tokyo Long White’ ou ‘Super Star’ si la pourriture rose a déjà été un problème.

6. Pourriture du bulbe par fusariose

Ce champignon (Fusarium oxysporum) affecte le bulbe et la tige, provoquant un ramollissement et une pourriture brune progressive, avec un affaiblissement du col.

Aucun cultivar n’est totalement immunisé, mais certaines variétés d’oignon semi-résistantes comme ‘Early Yellow Globe’ ou ‘Pulsar’ limitent les risques.

Les plants atteints doivent être éliminés rapidement et un traitement à base de fongicide cuivreux réduit la propagation.

7. Virus du nanisme jaune de l’oignon

Ce virus commence par des stries jaunes et un feuillage froissé. Les tiges florales sont souvent déformées et peu productives. Les bulbes touchés sont de petite taille.

Ce virus est transmis par les pucerons, qu’il faut donc surveiller et contrôler pour limiter sa diffusion.

Un traitement régulier avec du savon insecticide ou de l’huile de neem interrompt leur cycle. La protection avec des filets anti-insectes et l’utilisation de cultures pièges sont aussi recommandées.

8. Pourriture du col (ou de la base du bulbe)

Cette maladie bactérienne, provoquée par Pseudomonas viridiflava, survient souvent suite à un arrosage excessif avant la récolte.

Elle se traduit par une pourriture du col du bulbe et l’apparition d’un gris fongique à l’intérieur.

Privilégiez une irrigation modérée, surtout pour les plants matures. La destruction des bulbes contaminés est impérative pour limiter la contagion.

Un séchage rigoureux des bulbes avant stockage diminue également les risques de développement post-récolte.

9. Charbon de l’oignon (smut)

Cette maladie fongique (Urocystis colchici) provoque des tiges noircies chez les jeunes plants, remplies d’une poudre brun foncé. Elle se développe idéalement dans un sol frais.

Pour éviter cette maladie, réchauffez le sol en le couvrant d’un plastique transparent plusieurs semaines avant la plantation, ce qui permet aussi une forme de désinfection solaire.

Les variétés ‘Evergreen Hardy White’ et ‘Tokyo Long White’ sont très résistantes au charbon et sont conseillées dans les zones froides.

10. Tache d’oignon (smudge)

Les bulbes atteints présentent des taches circulaires vert foncé ou noires. Ce même champignon cause aussi l’anthracnose dans d’autres cultures potagères.

La maladie émerge souvent juste avant la récolte, voire en stockage. Il faut éliminer les bulbes contaminés.

Les oignons jaunes et rouges et la plupart des ails montrent une bonne résistance, contrairement aux oignons blancs, qui sont à protéger tout particulièrement et à stocker séparément.

11. Tavelure violette

Ce champignon (Alternaria porri) engendre des taches creusées, claires, avec un centre violet en anneau sur les feuilles, qui se nécrosent progressivement et tombent.

Comme pour d’autres pathologies fongiques, un sol réchauffé par un paillage plastique limite sa prolifération.

Au moindre signe, traitez avec un fongicide à base de soufre ou de cuivre pour stopper l’évolution.

12. Rouille

Les feuilles développent de petites pustules rouge-orangé, puis jaunissent et meurent. Les bulbes affectés sont souvent plus petits. La rouille peut aussi toucher l’asperge, il convient donc de séparer ces cultures.

En traitement, appliquez un fongicide au cuivre et maintenez une hygiène stricte en retirant tous les déchets d’allium.

Une rotation des cultures et une désinfection solaire du sol réduisent les risques pour la saison suivante.

13. Pourriture blanche

Cette maladie causée par Stromatinia cepivora fait jaunir et faner les feuilles, tandis que les racines pourrissent sous un mycélium blanc.

Le maintien d’une rotation rigoureuse est la meilleure prévention. Des applications régulières de cuivre peuvent limiter la progression, mais une fois le bulbe atteint, il est impossible de sauver la plante.