Comment éloigner les tamias de votre jardin
Les tamias sont petits et adorables, mais ils peuvent causer de sérieux dégâts dans votre jardin. Si Chip et Dale faisaient rire Donald Duck, ces petits rongeurs, eux, peuvent vite devenir source de frustration.
Les tamias fouillent principalement au sol et n’hésitent pas à dérober semis et graines dans vos cultures. Ils grimpent aussi aux arbres pour récolter fruits et noix.
De plus, ce sont des creuseurs qui habitent des terriers sous terre, ce qui peut vite devenir problématique quand ils installent leur nid dans votre jardin.
Voici comment les dissuader de venir embêter vos plantations.
Pourquoi les tamias posent-ils problème au jardin ?
Les tamias, cousins des écureuils, sont de petits rongeurs rayés. Leur alimentation est variée : graines, fruits, champignons, noix. Mais dans votre potager, ils apprécient tout particulièrement les céréales comme le blé, les tournesols, les semis frais et les jeunes plants de moins de dix centimètres.
En plus de manger vos plantes, ces petits mammifères creusent des terriers pouvant s’étendre sur 6 à 9 mètres. Contrairement aux taupes, ils n’amassent pas de monticule de terre à l’entrée mais dispersent la terre autour du trou.
Ces galeries souterraines peuvent endommager les racines de vos cultures. En revanche, sur la pelouse, leur impact est moindre tant l’herbe est résistante.
Notez que, tout comme les écureuils, les tamias jouent un rôle essentiel dans l’écosystème forestier en dispersant graines et spores, favorisant ainsi la biodiversité.
L’objectif est donc de les protéger des zones cultivées sans nuire à leur rôle naturel.
6 méthodes douces pour les repousser
Plusieurs techniques, souvent combinées, permettent d’écarter les tamias de votre jardin. Si une méthode échoue, n’hésitez pas à en essayer une autre.
1. Le grillage à poule
Les tamias ne causent pas autant de dégâts que des cerfs ou des lapins, mais ils peuvent sérieusement abîmer certaines plantes précieuses.
La solution consiste à entourer vos plantations sensibles d’une cage en grillage. Le filet peut protéger contre les oiseaux et écureuils, mais les tamias creusent et rongent les mailles.
Le grillage métal à mailles fines, comme le treillis soudé, est bien plus efficace. Enterrez-le à environ 15 cm de profondeur et formez une enceinte avec quatre murs et un toit autour de vos plantes.
Pour empêcher les tamias de grimper, la clôture doit mesurer au moins 1,80 mètre. Vous pouvez aussi installer une partie inclinée vers l’extérieur en haut, car ces petits grimpeurs sont moins agiles que les écureuils.
2. Les épices piquantes et odeurs fortes
Les tamias n’aiment pas les odeurs fortes et épicées, notamment la poudre de piment ou de cayenne. Saupoudrez ces épices autour des plantes à protéger. Attention, après chaque pluie il faudra renouveler l’application.
L’huile de ricin, très odorante et désagréable pour eux, peut aussi être utilisée en le versant au sol. Cette huile est également employée comme répulsif contre les taupes, elles aussi creuseuses.
Le spray à l’ail est recommandé par certains, même si son efficacité est variable. Un mélange d’ail et de piments forts, mixés avec de l’eau, peut augmenter l’effet. Ajoutez un peu de savon liquide et d’huile végétale pour que la solution adhère aux feuilles et pulvérisez vos plantes.
3. Le jet d’eau déclenché par mouvement
Les pistolets à eau avec détecteur de mouvement sont très efficaces pour faire fuir tamias et autres petits visiteurs indésirables. Connectés à un tuyau, ils déclenchent un jet d’eau dès qu’ils détectent un mouvement.
Certains modèles émettent aussi un bruit fort, rendant la zone désagréable pour ces rongeurs. Notez que vos animaux domestiques ou enfants peuvent aussi déclencher ces dispositifs.
4. Les faux prédateurs
Des modèles d’animaux (serpents, chouettes) posés près des terriers peuvent intimider les tamias. Les hiboux factices, placés à environ un mètre et demi de hauteur, sont particulièrement efficaces.
Attention à bouger ces décors régulièrement, sinon les tamias comprendront au bout de quelques jours qu’ils ne représentent pas une menace réelle.
Certains modèles animés et sonores offrent une meilleure illusion, mais demandent aussi d’être déplacés souvent.
5. L’urine de prédateur
L’urine de renard, principal prédateur naturel des tamias, peut être achetée en jardinerie et répandue autour des cultures. Son odeur forte déplaît aux tamias, mais aussi parfois aux jardiniers.
Assurez-vous que ce produit provient d’une collecte respectueuse des animaux, souvent réalisée dans des zoos ou centres agréés.
Certains jardiniers utilisent aussi des répulsifs à base d’odeurs comme celles des œufs pourris, souvent présents dans les produits pour cerfs, mais leur efficacité est variable.
6. Les poils de chat
Si vous avez un chat d’intérieur, brossez-le régulièrement et dispersez ses poils autour des zones fréquentées par les tamias. Cet indice olfactif les dissuadera d’approcher.
Quelques méthodes à éviter
Balles antimites
Les boules antimites, bien que fréquemment recommandées, sont peu efficaces à l’extérieur car leur odeur disparaît rapidement. Elles contiennent du naphtalène, toxique pour la santé humaine et animal, ainsi que nuisible à l’environnement. Elles sont interdites en agriculture biologique.
Pièges à ressort
Les pièges tueurs provoquent souvent une mort lente et douloureuse chez les tamias. De plus, éliminer certains individus peut accélérer leur reproduction, car les tamias compenseront la perte par une augmentation des naissances.
Ces pièges ne sont donc ni efficaces ni éthiques.
Adapter votre aménagement paysager
Les tamias préfèrent les espaces abrités. Un jardin ouvert avec peu de cachettes les découragera naturellement.
Évitez d’installer tas de bois ou murs de pierres trop proches des cultures. En automne, ramassez les feuilles mortes pour réduire leurs refuges et compostez-les ailleurs.
Cas particuliers et protections ciblées
Jardins en conteneurs et carrés potagers
Les tamias aiment particulièrement ces espaces où ils se sentent en sécurité, protégés du sol et des espaces ouverts. Ils peuvent se cacher facilement dans le feuillage.
Pour les empêcher de creuser, placez un grillage fin (type moustiquaire) tendu sur le dessus du terreau, fixé avec des agrafes de jardin. Vos plantes pousseront à travers les mailles sans risque de fouilles.
Certaines plantes sont naturellement peu appréciées des tamias :
- Fleurs : campanules, iris, monarde, rudbeckia, phlox, sédums, allium
- Herbes aromatiques : achillée, nepeta (herbe à chat), échinacée, hysope, ciboulette, lavande
Protéger les bulbes d’automne
Les tamias raffolent des tulipes, moins des jonquilles qui ont un goût désagréable pour eux. Pour sécuriser vos bulbes :
- Achetez des paniers en fil ou des conteneurs plastiques spécifiques pour bulbes, à enfouir dans la terre. Idéal pour petits espaces mais coûteux à grande échelle.
- Creusez une tranchée, tapissez le fond et les parois avec du grillage soudé, puis replantez vos bulbes et recouvrez de terre. Posez un grillage au-dessus pour empêcher le creusement. Retirez cette protection au printemps pour laisser pousser les tulipes.
- Planter tulipes et jonquilles ensemble : l’odeur et le goût des jonquilles peuvent dissuader les tamias.
Trouver l’équilibre dans votre jardin
Au final, les tamias sont de petits rongeurs qui causent moins de dégâts que les grands mammifères comme les cerfs. Souvent, quelques répulsifs odorants et un peu de bruit suffisent à les tenir à distance.
Rappelez-vous qu’ils agissent instinctivement, cherchant simplement de la nourriture pour leur famille, sans intention de nuire à votre jardin !
