Les racines des plantes : comprendre l’essentiel pour mieux jardiner
Il y a eu un temps où l’expression « aller aux racines » ne me parlait guère. Pour moi, des phrases comme « trouver la cause profonde d’un problème » ou « revenir à nos racines » semblaient de simples formules creuses, souvent utilisées en entreprise pour justifier du travail inutile.
Aujourd’hui, je cultive ma propre nourriture. Ma survie dépend de ma connaissance des racines. Ces expressions prennent alors tout leur sens.
Les racines sont à la fois, au sens propre comme au figuré, la base de toutes les réussites ou échecs au jardin. Il est donc essentiel de comprendre comment fonctionnent les racines pour mieux soigner vos plantes et résoudre les problèmes au potager.
Si vous souhaitez vraiment comprendre la croissance de votre jardin, poursuivez votre lecture.
Le rôle fondamental des racines
Tout le monde sait que les plantes absorbent l’eau et les nutriments essentiels via leurs racines. Ces dernières ont aussi un rôle d’ancrage, empêchant que la plante soit déracinée par le vent ou la pluie.
Mais saviez-vous que les racines servent également de véritables réseaux d’échanges ? Elles créent des liens symbiotiques avec des champignons microscopiques appelés mycorhizes et des bactéries bénéfiques, renforçant ainsi la santé globale des plantes. Elles captent aussi des signaux envoyés par d’autres plantes dans le sol.
Les relations mycorhiziennes
Les plantes partagent une partie des sucres produits par la photosynthèse avec les mycorhizes. En échange, ces champignons leur apportent des nutriments difficiles à trouver, comme le phosphore, souvent rare dans le sol. On peut les imaginer comme un « service de livraison » de nourriture pour les plantes.
Les relations bactériennes
De nombreux jardiniers connaissent déjà les bactéries rhizobium, qui s’associent aux légumineuses. Ces plantes émettent un signal indiquant qu’elles ont besoin d’azote. Les bactéries captent alors l’azote de l’air et le stockent dans de petites nodosités fixées aux racines de la plante, qui peut ensuite s’en nourrir, en échange de glucides issus de la photosynthèse.
Au-delà des légumineuses, la recherche révèle de nouvelles bactéries azotées bénéfiques pour d’autres plantes. Certains agriculteurs commencent même à utiliser ces bactéries comme alternative écologique aux engrais azotés.
La communication souterraine des plantes
Il était impensable dans les années 1980 que les racines de plantes puissent communiquer entre elles. Aujourd’hui, la science a prouvé que c’est bel et bien le cas.
Les plantes s’envoient des alertes contre les attaques de ravageurs, échangent des informations sur leur emplacement, et même sur la manière dont leur croissance pourrait influencer leurs voisines. Par exemple, les plants de maïs voisins se transmettent des données permettant à certains d’accélérer leur croissance pour ne pas être ombragés.
Ce que nous révèlent les racines
Les racines ne parlent peut-être pas aux humains, mais elles nous renseignent beaucoup sur la manière d’établir une collaboration fructueuse avec nos cultures.
Comme les plantes nourrissent leurs partenaires souterrains, si nous répondons à leurs besoins essentiels, nous garantissons une récolte abondante et de qualité.
Les principaux types de racines
On distingue principalement deux types de racines : les racines pivotantes (ou pivotantes) et les racines fasciculées (fibres fines en touffes).
Reconnaitre ces types vous aidera à adapter la préparation du sol et la fertilisation selon la structure racinaire de vos plantes.
1. Les racines pivotantes
Les plantes à racine pivotante développent une racine principale profonde, épaulée par des racines latérales. Certaines mauvaises herbes tenaces, comme le pissenlit ou le partage, possèdent ce type de racines, ce qui les rend difficiles à arracher.
Mais cette catégorie comprend aussi plusieurs légumes très appréciés, tels que les carottes, panais, betteraves, radis et navets. Ceux-ci possèdent des racines pivotantes modifiées, servant de réserves en nutriments et eau.
Par exemple :
- Les navets ont des racines en forme de boule (racines napiformes)
- Les carottes possèdent des racines allongées pointues (racines coniques)
- Les radis ont des racines étroites aux extrémités mais épaisses au centre (racines fusiformes)
Culture des plantes à racine pivotante
Ces plantes se débrouillent généralement bien une fois établies, car leurs racines creusent profondément pour extraire eau et minéraux. Elles sont donc adaptées aux sols plus secs et demandent moins d’entretien, ce qui en fait un excellent choix pour les jardiniers débutants.
Le persil, par exemple, est une herbe facile à cultiver grâce à ce type de racines.
Ces plantes nécessitent peu d’azote. En excès, ce dernier favorise le feuillage au détriment des racines : c’est souvent pourquoi carottes ou panais devenus trop courts sont trapus plutôt que longs.
Pour leur développement optimal, un sol profond et bien travaillé est préféré. Elles peuvent même percer des terrains compactés, comme le fait le radis de labour, utilisé en agriculture pour ameublir la terre en profondeur.
En revanche, elles ne prospèrent pas bien en pot à cause de la profondeur requise, sauf si les contenants sont très profonds.
Ces plantes ont aussi un besoin important en phosphore, surtout au début : un manque se traduit par une croissance lente.
Certaines plantes vivaces à racine pivotante se multiplient facilement par bouturage de racines, comme la consoude ou le raifort.
Il est préférable de semer directement en place plutôt que de transplanter, car elles supportent mal la perturbation de la racine principale.
2. Les racines fasciculées
Les racines fasciculées forment un réseau dense de fines racines qui s’étendent à la surface du sol. C’est le cas de nombreuses herbes et légumes comme la laitue ou les graminées.
Par exemple, l’oignon a ce type de racines, mais le bulbe que nous consommons est une partie du tige modifiée, pas de la racine.
De même, les pommes de terre et patates douces ont des racines fasciculées qui nourrissent des structures souterraines de stockage, respectivement tubercules et racines tubérisées.
De nombreuses herbes aromatiques comme le basilic ou l’origan ont d’importants réseaux de racines fasciculées, ce qui explique leur croissance rapide et leur besoin en nutriments assez important.
Culture des plantes à racines fasciculées
Ces plantes puisent la plupart de leurs nutriments dans la couche superficielle du sol. Elles sont donc plus gourmandes en fertilisation, notamment avec du compost frais ou des engrais adaptés, déposés près de la surface.
Une irrigation régulière est aussi souvent nécessaire, particulièrement pour les espèces à grandes feuilles comme la laitue, sujettes au stress hydrique.
L’usage du paillage est recommandé pour conserver l’humidité du sol.
Les plantes à racines fasciculées supportent bien la transplantation tant que la motte n’est pas trop dérangée. Elles ont aussi besoin d’un espace suffisant pour s’étendre sous terre.
Les racines hybrides : entre pivot et fasciculées
Certains végétaux, comme beaucoup d’arbres fruitiers et le chou, démarrent avec une racine pivotante, puis développent un système fasciculé secondaire.
Pour la culture, il est conseillé de les traiter au départ comme des plantes à racine pivotante puis, une fois installées, de privilégier les soins adaptés aux racines fasciculées.
Il faut éviter de perturber la racine principale lors du repiquage, utiliser des contenants profonds, et enrichir le sol jusqu’aux couches plus basses pour favoriser la croissance globale des racines.
Apprenez à connaître les racines de vos plantes
Ces informations ne constituent qu’une introduction à l’étude des racines et à tout ce qu’elles peuvent révéler pour mieux cultiver vos plantes.
J’espère néanmoins que cette lecture vous aura donné envie de « revenir à vos racines » au jardin, pour accompagner vos plantes en respectant leurs besoins profonds.
