Comment prévenir et gérer les dégâts causés par la glace sur les plantes

Comment protéger et soigner vos plantes contre les dégâts causés par la glace

Il est facile d’oublier les plantes d’extérieur en hiver, quand tout est froid et que rien ne pousse. Pourtant, au retour du printemps, les dégâts causés par la glace deviennent bien visibles dans le jardin.

Si cela peut sembler inévitable, il est pourtant possible de prévenir la plupart des dommages liés à la glace. Ceux-ci surviennent généralement lorsque les températures varient et que la glace sur les plantes fond puis gèle à nouveau, provoquant des fissures.

Dans les régions où le froid est stable, même intense, la glace n’est pas forcément un problème tant qu’elle ne s’accumule pas trop. Si vous souhaitez éviter les dégâts de la glace cette année, voici les bonnes pratiques à adopter.

Les impacts de la glace sur les plantes

Un hiver particulièrement rigoureux, je n’avais pas constaté beaucoup de glace sur mes arbres et arbustes, pourtant deux arbres ont cassé au niveau du tronc. Ce qui complique la détection des dégâts, c’est que la glace peut endommager la plante de l’intérieur.

Lorsque les températures chutent, le liquide contenu dans les cellules végétales gèle et peut faire éclater leurs parois. La plante s’effondre alors ou subit de graves blessures, parfois invisibles pendant des mois, voire des années.

Les dommages par le gel peuvent se produire même sans gelée extérieure. Ils sont plus fréquents sur les plantes orientées au nord ou à l’est, ainsi que lors de nuits calmes et dégagées. Le vent froid accentue également le phénomène.

Les jeunes plants et ceux nouvellement plantés sont les plus vulnérables. Les plantes tropicales ou semi-tropicales, mal adaptées aux gels sévères, demandent une vigilance particulière.

Comment réagir face aux dégâts de la glace

La meilleure réponse est aussi la plus simple : retirez la neige et la glace dès qu’elles s’accumulent. En effet, un excès de glace peut casser les branches des arbres et arbustes, et abîmer le feuillage des plantes persistantes.

Utilisez un balai à poils souples pour dépoussiérer délicatement les plantes. Évitez de secouer, cela risquerait de casser des branches.

Si la glace est gelée solidement sur les végétaux, laissez-la fondre naturellement afin de limiter les dégâts. C’est souvent le cas pour les persistants qui accumulent beaucoup de glace.

Certains suggèrent d’utiliser de l’eau tiède pour faire fondre la glace, mais évitez cette pratique car l’eau trop chaude peut choquer et endommager les plantes.

Si malgré vos précautions une branche casse, taillez la blessure de façon nette avec un sécateur bien affûté. Cela facilitera la cicatrisation au printemps.

Supporter les branches fragilisées

Quand les branches sont alourdies par la glace et commencent à plier, je les soutiens temporairement avec des planches pour soulager la tension.

Certains déconseillent cette méthode, mais elle ne m’a jamais causé de problème. L’objectif n’est pas de redresser complètement la branche, mais simplement de la soutenir un peu.

Prévenir les dégâts de la glace

Les vivaces rustiques peuvent parfois geler au-dessus du sol, mais leurs racines restent actives et leur permettent de repousser au printemps, vous n’avez donc pas à vous alarmer.

En revanche, il faut porter une attention particulière aux arbres et arbustes rustiques, qui peuvent subir des dégâts importants.

La taille adaptée

Avant l’hiver et les risques de tempêtes de neige ou de glace, taillez vos arbres et arbustes de manière à limiter leur vulnérabilité.

Certains arbres sont particulièrement exposés, notamment les conifères présentant deux pousses principales formant un « V », qui peuvent se fendre au centre sous le poids de la glace. Parmi les conifères sensibles :

  • Peuplier
  • Saule argenté
  • Érable
  • Bouleau

Taillez-les pour renforcer leur résistance au froid.

Les arbustes denses peuvent aussi pâtir de la glace. Un éclaircissage à la taille avant l’hiver aide à limiter l’accumulation de glace, sans pour autant affaiblir la plante.

Ne taillez pas les plantes fragiles après fin août, car une taille tardive favorise une nouvelle croissance tendre qui succombe facilement au gel.

Au printemps, attendez la fin des gelées avant de reprendre la taille des plantes délicates.

Optez pour des plantes adaptées

Le meilleur moyen de prévenir les dommages causés par la glace est de choisir les bonnes plantes, adaptées à votre zone climatique. Les plantes tropicales peuvent embellir l’été, mais elles sont souvent condamnées dès l’apparition de l’hiver.

Protégez vos plantes

Pour les plantes fragiles mais adaptées à votre climat, un minimum de protection est essentiel en hiver.

J’ai quelques grands végétaux en pots que je ne peux pas déplacer. En automne, je les enveloppe de tissus ou enterre les pots dans la terre, que je recouvre ensuite d’un paillage épais. Je reste vigilant aux chutes de neige et aux tempêtes de glace pour éviter les accumulations trop importantes.

En hiver, enveloppez les petites plantes délicates dans de la toile de jute. Veillez à ne pas la faire reposer directement sur le végétal : clouez des piquets autour de la plante et étendez la toile dessus, maintenue tendue au moyen de ficelles ou de pierres.

C’est une méthode un peu minutieuse, mais qui, pour les plantes précieuses, vaut tout le temps investi pour les protéger de la glace.

Fertilisez avec modération

Évitez les apports excessifs d’azote en fin d’été. Un excédent favorise la croissance de jeunes pousses tendres, très sensibles au froid.

Utilisez un engrais bien équilibré, modéré en azote, et cessez de nourrir vos plantes environ six semaines avant les premières gelées, pour leur permettre de durcir.

Palissez les plantes

Lorsque l’accumulation de glace n’est pas trop importante, un simple palissage peut suffire à protéger la plante jusqu’à ce que vous puissiez dégager la glace. N’oubliez pas de retirer les supports dès que possible.

Le paillage, un manteau protecteur

Un paillage épais aide à maintenir une température plus clémente du sol et protège les racines en hiver. Je préfère utiliser du paillis d’écorce, qui ne retient pas trop l’humidité et évite l’engorgement.

Le paillage ne protège pas les parties aériennes des plantes, mais il préserve les racines, garantes d’une repousse au printemps même si les parties visibles ont souffert du gel.

Conclusion

La glace sur les plantes ne signifie pas fatalité. Planter selon votre zone climatique est déjà une grande partie de la solution. Ensuite, un peu d’attention et de prévention suffisent pour limiter les dégâts et garder votre jardin en pleine santé malgré l’hiver.