Guide complet pour différencier les excroissances sur les arbres : burls et galles
Vous êtes sans doute déjà tombé sur des arbres présentant d’étranges bosses ou excroissances. Parfois lisses, parfois rugueuses, de la même couleur que l’écorce ou au contraire très voyantes, ces anomalies intriguent souvent les jardiniers. Mais savez-vous ce que sont réellement ces protubérances et ce qui les provoque ? Souvent, il s’agit soit de burls, soit de galles, et la conduite à tenir dépend de leur nature.
Découvrons ensemble les caractéristiques des burls et des galles, afin que vous puissiez les reconnaître facilement et comprendre leurs effets sur vos arbres.
Les burls : excroissances arrondies et bénignes
Les burls, également appelés bourrelets ou nœuds de bois, apparaissent comme des bosses arrondies sur différentes espèces d’arbres, principalement les feuillus et les conifères. Ils sont souvent localisés près des racines, mais peuvent aussi se former sur le tronc, à proximité des branches.
Ces excroissances résultent d’un stress subi par l’arbre : un amas de bourgeons mal formés qui deviennent une déformation, recouverte ensuite de plusieurs couches de bois. Parfois, une légère infection ou une attaque d’insectes entraîne la formation d’une petite bosse, qui se recouvre ensuite d’écorce, un peu comme une perle se forme autour d’un grain de sable dans une huître.
Un signe distinctif des burls est qu’ils sont toujours recouverts d’écorce, parfois tourbillonnante, assurant une couverture complète. Ils ne nuisent pas en temps normal à l’arbre, sauf s’ils perturbent gravement la circulation de la sève, ce qui pourrait réduire la durée de vie de l’arbre.
Cependant, certains bourrelets peuvent servir d’habitat à des insectes ou petits animaux, risquant d’entraîner une infection progressive.
Utilisations des burls
Pour les amateurs de travail du bois, les burls sont des trésors. Leur bois aux motifs tourbillonnants et uniques se prête parfaitement à la sculpture, au tournage ou à la fabrication de bols et de kuksas d’exception.
De grandes pièces peuvent être transformées en meubles ou objets décoratifs, notamment les burls de séquoias de la côte ouest, connus pour leur taille spectaculaire et leur beauté.
Il est crucial de ne récolter les burls que sur des arbres déjà tombés, afin de ne pas compromettre la santé des arbres vivants. Le prélèvement illégal endommage souvent l’arbre, voire le tue, ce qui va à l’encontre de toute éthique écologique.
Les galles : excroissances tuméfiées liées à une infection
À la différence des burls, les galles ressemblent à des tumeurs ou des masses irrégulières sur l’écorce. Elles apparaissent lorsque les tissus du cambium réagissent à une infection ou irritation causée par des insectes, champignons, bactéries ou autres agents pathogènes.
Cette réaction entraîne une division cellulaire anarchique, qui crée des excroissances bulbeuses et de formes irrégulières. La surface des galles est rugueuse, avec des bosses et nœuds marqués, souvent striés horizontalement ou verticalement.
En outre, les galles se distinguent par leur couleur, généralement décolorée ou différente de l’écorce environnante, contrairement aux burls qui sont toujours de la même teinte.
Les galles sont particulièrement fréquentes sur des feuillus comme chêne, érable, hickory, noyer, ou acajou. Elles touchent aussi beaucoup les arbres fruitiers de la famille des Rosacées, comme les pommiers, cerisiers, pruniers, pêchers, poiriers et abricotiers.
Il n’existe pas de méthode infaillible pour empêcher leur apparition, mais certaines pratiques peuvent limiter les risques.
Souvent, les galles se développent suite à une contamination bactérienne lors du greffage. Maintenir un environnement propre et choisir un point de greffe bien au-dessus du sol réduit la probabilité d’infections et d’apparition de galles.
Si une galles commence à se former, ou si vous suspectez une infection d’une blessure sur l’arbre, il est possible d’intervenir avec un produit biologique comme Gallex, une bactérie bénéfique qui freine la progression de la galles avant qu’elle ne devienne trop envahissante.
Une mention spéciale : le chaga
Le chaga est un champignon, non pas une excroissance de type burl ou galle, qui pousse exclusivement sur les bouleaux (Betula). Il est souvent confondu avec les chancres, d’où l’importance de bien l’identifier.
Le chaga se reconnaît à l’intérieur de sa masse, d’un orange doré lumineux, tandis que l’extérieur est noir ou brun foncé. Les galles, elles, sont souvent noires ou grises à l’intérieur et se retrouvent sur diverses espèces de feuillus.
Attention, contrairement au chaga, qui a des vertus médicinales reconnues lorsqu’il est infusé en tisane, les galles ne possèdent pas les mêmes bienfaits. En cas de doute, mieux vaut ne pas les manipuler.
Burls et galles : sont-ils dangereux à manipuler ?
Bien que les galles soient parfois qualifiées de « cancers végétaux », elles ne représentent aucun risque pour les humains, les animaux ou les oiseaux. Leur infection peut se transmettre aux plantes par greffe, mais pas autrement.
Le principal inconvénient est la présence possible d’insectes logeant à l’intérieur des burls ou galles. Par exemple, lors de l’ouverture d’un burl dans un chêne couché en forêt, une invasion de petites fourmis rouges agressives peut survenir, provoquant démangeaisons et piqûres.
Il est donc conseillé d’ouvrir ces excroissances à l’extérieur, en cas de contact, afin de pouvoir éviter rapidement les insectes et se protéger.
Maintenant que vous distinguez clairement burls, galles et chaga, vous pourrez épater vos proches avec ces connaissances lors de vos prochaines promenades en forêt. Pourquoi ne pas immortaliser ces formes uniques dans un objet décoratif pour votre jardin ?
